La 20ème circonscription, comme les autres, fera l’objet d’un combat féroce, mais indécis comme jamais. Eric Renaud et Nathalie Colin sont prêts pour cette campagne atypique, lancée sur le terrain depuis longtemps par l’adjoint de la ville de St-Amand-les-Eaux (Nathalie Colin et Eric Renaud).

(Eric Renaud et Nathalie Colin devant la confluence de la Scarpe et de l’Escaut sur la commune de Mortagne-du-Nord, tout un symbole)

Eric Renaud : « il faut prendre les résultats concrets des dernières élections »

La 20ème circonscription est totalement bicéphale, tiraillée entre la campagne et la ville. Ce mariage de deux environnements si distincts, Eric Renaud en fait son thème de campagne. « La confluence sur ce territoire de deux cours d’eaux, la Scarpe et l’Escaut se rapproche de ce territoire où  vous avez 50% de la population en zone rurale et 50% en milieu urbain », souligne-t-il.

Comme beaucoup, Eric Renaud a déposé un bulletin de vote Emmanuel Macron au second tour tour de la présidentielle. Pour autant « Emmanuel Macron ne pèse pas 66%, il y a eu un vote pragmatique, mais pas un vote de ralliement. Par contre, sur le terrain, on entendait l’aspiration à un dégagement du système politique en place ».

La réalité est que le paysage politique est structurellement modifié depuis dimanche soir.  Cet éclatement se traduit par une kyrielle de candidatures (12 potentiellement). Eric Renaud participe à des campagnes politiques depuis 1978, il connaît toutes les aspérités de la pratique. « Déjà aux départementales, je suis parti seul sans l’appui d’aucun parti politique ». En filigrane, Eric Renaud, homme politique de gauche, n’est plus membre du Parti communiste depuis cette élection départementale 2015. «  A l’époque, Aymeric Robin avait bénéficié de la logistique du PCF et de tous ses réseaux. J’ai gagné sur le terrain, avec ma suppléante et mes soutiens », assène-t-il.

Sur le nouvel acteur à gauche, la France Insoumise, il glisse une banderille « ils ont été beaucoup moins présents sur le Valenciennois que sur d’autres territoires comme le Lillois. J’ai fait des propositions aux autres candidats, je n’ai eu aucune réponse en retour », précise Eric Renaud.

OLYMPUS DIGITAL CAMERABien sûr, le raccourci est facile pour cette élection législative. Eric Renaud part au combat « après une consultation populaire en octobre 2016 », précise-t-il. Le résultat de cet échange citoyen l’a conforté dans sa candidature. Toutefois, il est bien conscient de la division de la gauche, assez illisible pour l’électeur. «  Les partis politiques doivent changer, même s’ils ne sont pas morts. J’espère un rassemblement. Sur cette élection, la candidature d’Alain Bocquet règlerait le problème, mais il a chois sa ville, et c’est tout à fait respectable. Sans lui, il faut prendre les résultats concrets des dernières élections », lâche-t-il.

En clair, Eric Renaud a remporté l’élection départementale en mars 2015 contre le candidat du Parti Communiste, et Fabien Roussel a échoué durant les régionales. «Et ceci malgré une liste d’un large rassemblement à gauche. Il a même perdu sur St-Amand. D’ailleurs, ce n’est pas nouveau que le Front National finisse en tête à St-Amand ! ». Enfin, il résume le sujet « Alain Bocquet et moi, nous sommes les deux seuls à avoir battu le Front National. Je suis le mieux placé pour battre l’extrême droite dans la 20ème circonscription. Evitons de marquer au fer noir la 20ème circonscription avec l’élection d’un député F.N ». Pour corroborer cette donne politique, René Pigé, élu depuis 34 ans sur la cité thermale, et responsable durant 30 ans de la section PCF de la ville, précise « 19 élus du Conseil municipal ne soutiennent pas Fabien Roussel ».

«  Mon soutien à Eric Renaud était une évidence », Nathalie Colin

Dès février 2017, après l’annonce de sa candidature, Eric Renaud a contacté Nathalie Colin, 1ère adjointe sur Rosult. « J’avais remarqué son engagement. C’est une élue active dans sa commune, avec des compétences dans la gestion publique et la cohésion sociale », ajoute le candidat à la députation.

Sa famille habitait sur Fresnes-sur-Escaut, puis sur St-Amand-les-Eaux, elle est revenue sur le Valenciennois sur Rosult où «  je me suis engagée dans la campagne municipale de 2014 à Rosult ». La plus rude élection dans la ruralité en 2014, c’était une mise en route sportive !

« Lorsque qu’il m’a contacté, mon soutien à Eric Renaud était une évidence, et je pensais que c’était juste pour cela.  Je fus très surprise », souligne Nathalie Colin.

Autre soutien de taille, Yannik Nison, élu depuis 40 ans et maire de Hasnon « une suite logique, et un choix naturel ». Pour sa part, Claudine Deroeux, conseillère départementale souligne que « les 3 cantons de la circonscription sont avec Eric Renaud et Nathalie Colin ». Sans oublier Carole Leleu, maire de Brillon, et soutien indéfectible de la première heure.

Les soutiens d'Eric Renaud et Nathalie Colin

Les soutiens d’Eric Renaud et Nathalie Colin

Pour la 20ème

Le terrain, il le revendique comme un certain pragmatisme, avec des accents Macron.. « Je suis pour plus d’efficacité. Par exemple, pour l’expérimentation sur le Valenciennois du programme « zéro chômage ». Durant deux ans, cela représente 11 000 € par an pour un chômeur. Plutôt que de donner ces indemnités à une personne. Il vaut mieux apporter cette somme à un artisan, une petite entreprise, afin qu’il embauche ce chômeur, même pour 2 ans », explique-t-il. Le mouvement d’En Marche soufflerait-il également sur la 20ème circonscription où ce besoin d’efficience était-il déjà tellement prégnant dans la vie d’un élu de proximité ?

Bien sûr, une circonscription située au sein de deux agglomérations, 3 cantons et quasi en totalité intégrée dans le Parc Naturel Scarpe Escaut, nécessite « un travail en partenariat à l’échelle de l’arrondissement ».

Député à plein temps

La loi du non cumul des mandats s’applique dès cet été. Elle va de fait renouveler les visages de la politique française. « Je serai député à plein temps, je conserverai mon mandat d’élu de la commune de St-Amand, mais j’abandonnerai celui de Conseiller départemental et de vice-président du SIMOUV », poursuit-il.

Sur son attitude «  je ne serai pas un élu candide. Pour exister, un parlementaire doit impérativement se rapprocher d’un groupe parlementaire. Je serai dans un groupe des non-inscrits« , précise Eric Renaud. Pour autant, il se défend de toute opposition systématique « je ne fais pas d’illusions sur la politique d’Emmanuel Macron, mais je voterai une loi qui va dans le bon sens », conclut-il.

En pointillé de ce reportage, on peut souligner un événement politique important, la République En Marche a investi un candidat dans la 20ème circonscription, Daniel Zielinski, et ceci dès le 11 mai. Malgré la présence de Valérie Léatrd au 1er rang du meeting d’Emmanuel Macron, sur Arras, son candidat David Bustin, très proche de la sénatrice, n’a pas bénéficié d’une absence de candidat EM… en face ou d’un label « Majorité Présidentielle ». C’est un fait politique tangible à analyser dès la connaissance globale des investitures En Marche.

 

Publié par Daniel Carlier le 12 mai 2017
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(20ème) Eric Renaud : « Le député est le délégué syndical de son territoire »
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