24 heures d’avion pour assister au Congrès des Maires de France, une délégation d’élus de Nouvelle Calédonie a profité de ce voyage pour faire un crochet et prendre langue avec les équipes du Centre Aquatique de l’Amandinois. La raison est simple. Une SPL est sur les rails dans leur commune et il recherchait un vécu sur le sujet.

(Visuel Centre Aquatique de Doumbéa)

« La Fédération Française de Natation incite les collectivités locales à s’organiser en SPL pour gérer leur piscine », Georges Naturel, maire de Dumbéa.

Force est de constater que cette inspiration juridique européenne, la Société Publique Locale, poursuit son chemin. «Il existe environ 300 SPL à ce jour en France. Par contre, vous avez moins d’une dizaine de piscines sous cette structure juridique», explique Sabine Callies, chargée de mission pour la Fédération des Entreprises Publiques Locales.

C’est pourquoi, le Centre Aquatique de l’Amandinois, ouvert depuis le 14 février 2014, fait des émules par son modus operandi. Certes, la coquille juridique est fondamentale, mais l’intérêt de ce dispositif est le sens que l’on veut lui donner. Posséder tous les atouts dans son jeu, c’est bien ! Les utiliser, c’est mieux ! Les élus de Dumbéa, ville de 36 000 habitants dans l’arrondissement de Nouméa, sont donc venus découvrir le fonctionnement au quotidien de cette SPL dans l’Amandinois.

Tout d’abord, le contexte est différent de cette réalisation dans le Hainaut. En effet, la SPL a accompagné sur les fonts baptismaux la construction de ce Centre Aquatique de l’Amandinois. « Là, notre Centre Aquatique régional existe depuis 2011. Il est exploité en régie. Nous voulons changer et améliorer le service à la population. Dans cette optique, une SPL a été crée la semaine dernière (du 06 novembre) avec comme président Alexander Oesterlin, élu à la commune en charge du handicap », explique Georges Naturel, le maire de Dumbéa. A ce titre, cette volonté n’est pas nouvelle puisque «  cela fait 3 à 4 ans que je milite pour cette création juridique en Nouvelle Calédonie », ajoute le premier magistrat.

Pour arriver à bonne fin « nous avons modifié la loi organique afin de pouvoir mettre en place une SPL en Nouvelle Calédonie », précise Sabine Callies. En effet, ce DOM aux confins de l’hexagone, proche de l’Australie et de la Nouvelle Zélande, bénéficie d’une grande autonomie dans de multiples domaines. De facto, ramener dans la norme l’exception, sur une thématique précise, n’est pas chose simple !

« Nous sommes la SPL qui offre le plus de services aux habitants », Franck Baudoux, directeur du Centre aquatique de l’Amandinois.

Face à un équipement à Dombéa existant déjà performant,  passé de 40 000 entrées en 2011 à 150 000 en 2016,  le changement est synonyme d’une remise à plat complète de l’organisation. « Ce n’est pas toujours simple d’exploiter un tel équipement avec des agents publics. D’ailleurs, la Fédération Française de Natation incite les collectivités locales à s’organiser en SPL pour gérer leur piscine », Georges Naturel maire de Dumbéa.

Cette visite à Saint-Amand-les-Eaux s’inscrivait dans cette recherche d’une performance quotidienne dans la gestion de cet équipement sportif. « Nous venons chercher ici des idées pour l’exploitation de cette piscine », précise le maire de Dumbéa.

En présence de l’adjoint aux sports, Jean Marc Mondino, de Nelly Szymanski, adjointe à la vie associative, le maire Alain Bocquet rappelle l’équation de fin de vie de l’ancien équipement aquatique de la cité thermale : «  C’était une ancienne piscine Tournesol. Enormément de gratuité, j’ai réuni les maires concernés et proposé cette SPL, innovante dans le Nord au niveau d’un équipement sportif. Maintenant, on vient de partout pour visiter ce Centre aquatique ».

Franck Bauboux a présenté le fonctionnement au quotidien.  » Nous sommes la SPL qui offre le plus de services aux habitants. C’est une exploitation comprenant des activités aquatiques, mais également la pratique de la nage. La SPL a permis une dynamique de produit, de fidélisation grâce à une prestation globale. Dans le public, on a parfois peur de vendre un service. Une piscine peut permettre de conjuguer le sportif, le loisir, l’aspect commercial avec une philosophie de service au public. Nous donnons du sens à cette démarche sportive, ludique, mais également événementielle. Chaque mois, il se passe une manifestation au Centre aquatique de l’Amandinois ».

Pour illustrer cette offre de service très large au public. « Le statut juridique de la SPL, avec nos 19 communes actionnaires, nous permet de leur faire une proposition clé en main pour les scolaires. On s’occupe de tout, d’organiser les transports, les horaires…, la commune a juste à payer une facture », explique Franck Baudoux. Un service proposé pour les 4 500 scolaires, au sein des 180 écoles de l’Amandinois, voire des communes plus éloignées comme Vieux-Condé. Si vous comparez avec la situation de Dumbéa et ses 10 000 scolaires accueillis, des idées sont à glaner dans le champ de compétences au quotidien de ce Centre aquatique de l’Amandinois.

« Nous sommes ravis d’avoir profité de ce retour d’expérience. Nous allons éviter les erreurs, et économiser des mois, voire des années au niveau de l’exploitation de la SPL effective au 01 avril 2018 à Doumbéa », conclut le président de cette SPL  de Nouvelle Calédonie.

Un partenariat est peut-être né entre Saint-Amand-les-Eaux et Doumbéa, autour d’une piscine pas comme les autres !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 17 novembre 2017
Alain Bocquet Centre aquatique de l'Amandinois Franck Baudoux Goerges Naturel SPL
Dumbéa (Nouvelle Calédonie) s’inspire de la SPL au Centre Aquatique de l’Amandinois.
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