Le sujet premier de ce Conseil municipal de Saint-Amand-les-Eaux fut le ROB (Rapport d’orientation Budgétaire). Un dossier particulièrement débattu avec des visions diamétralement opposées sur la conduite financière de la commune, et le tout dans un hémicycle revisité.

« Vous allez regretter le temps où il n’y avait qu’une opposition », Eric Castelain, élu de l’opposition

En propos liminaire, Alain Bocquet a restitué le contexte budgétaire locale de sa commune face à des mesures nationales. « L’Etat nous condamne à l’austérité pour payer cette dette, dont il est quasiment intégralement responsable, puisque les collectivités pèsent pour 9%de celle-ci contre 78% pour l’Etat »…  » on constate d’ailleurs une parfaite continuité entre l’ancien et le nouveau monde « .

Ensuite, Jean-Marc Mondino, adjoint en charge des finances, brosse les orientations de ce budget 2018. «  Le PIB est en hausse en 2017, 1,4% (projection INSEE), et des prévisions à hauteur de 1,6 en 2018, 2019, mais la diminution des dotations de l’Etat se poursuit, soit 10 millions de moins entre 2015 et 2017. Par contre, le coefficient des bases fiscales va augmenter, de 2% pour le foncier bâti, et de 1,2% pour la taxe d’habitation ».

Sur les prévisions globales 2018 des recettes et des dépenses «  il faut manipuler ces chiffres de façon très prudente », souligne Jean-Marc Mondino.

Eric Renaud en bout de table

Suite au retrait de sa délégation, sur la forme, Eric Renaud s’est placé dans l’hémicycle à l’écart des adjoints « alors que ta place est à coté de moi « , souligne Alain Bocquet. « Je t’en remercie, mais c’est un choix personnel assumé. Néanmoins, je ne m’éloigne pas de la majorité municipale ».

Sur le fond, Eric Castelain rappelle à bon entendeur « comme d’habitude, vous êtes très pessimiste sur vos recettes et très optimiste sur vos dépenses. De manière systématique, 3 mois après l’adoption du budget, on s’aperçoit que les recettes sont plus dynamiques que prévues ».

Sur le premier point Jean-Marc Mondino souligne une réalité de terrain « la taxe foncière bâtie représente 1/3 de notre fiscalité directe. Compte tenu des incertitude sur la taxe d’habitation, nous nous en félicitons ».

Pour sa part, Eric Renaud, trouve ce ROB «  bâti comme si rien ne s’était passé. Quid de certains éléments pour notre budget 2018, tout comme de la loi de programmation jusque 2020 ? ». Il ajoute «  vos prévisions ne sont pas assez prudentes au risque de revoir notre copie. De plus, il faut se projeter dans le pluriannuel, car la suppression de la taxe d’habitation à 100% aura un impact, compensé ? »

Enfin, il met en exergue le fonds de péréquation bien connu des collectivités locales, le fameux FPIC. « Il serait prudent pour la Porte du Hainaut de conserver cette manne financière avec l’arrivée de la nouvelle compétence GEMAPI (lutte contre les inondations) dont nous ne connaissons pas les coûts associés ».

Sur ces propos, Eric Castelain répond « je n’ai pas du tout la même vision qu’Eric Renaud qui souhaite d’autres sources de taxe comme sur l’eau minérale ». Dans cette optique, il suggère un geste pour la population  » avec une baisse de la fiscalité locale sur le foncier bâti, en passent le taux de 35,61% à 33,83%, sachant que la moyenne pour les villes de même strate est 26,32%. De même, pour le foncier non bâti, une baisse de 85,95% à 55, 44% car le produit est très faible pour la commune. Cela serait un geste fort pour les agriculteurs sur St-Amand-les-Eaux ».

Financement Coeur de Ville

Concernant le grand projet sur la ville centre, Alain Bocquet se félicite d’une participation du Conseil régional, mais également départemental. « Ces dotations sont remarquables même si l’Etat n’est pas au rendez-vous. Je ne désespère pas qu’en fin de course, je puisse récupérer des fonds pour d’autres travaux sur ce dossier. Quand le bébé est beau, il y a beaucoup de pères… ».

Pour rappel, financement pour l’opération de réaménagement et de repaysagement du site de l’Abbaye.

Dépenses : Parking Davaine, Parking rue de Rivoli, Parking rue de Tournai, Travaux et M.O Grand Place : 7 394 705 euros

Recettes : Conseil régional des Hauts-de-France (1,5 millions d’euros), Conseil départemental 880 000 €, CAPH 964 719 €, FCTVA 1 213 027 €, et fonds propres 2 836 958 € =  7 394 705 euros

Histoire de tablettes inutiles

Dans une délibération concernant le retrait de la Porte du Hainaut des cyber-bases, un élu de la majorité municipale déclare : «  Depuis deux ans, le Conseil régional a équipé tous les lycées de tablettes. Dans mon établissement, 270 tablettes à 750 € pièce. Le résultat est que nous ne pouvons pas nous en servir, car elles nécessitent d’êtres connectées. Un professeur ne peut donc pas préparer le cours chez lui ; puis revenir le lendemain devant les élèves et leur indiquer de naviguer à tel et tel endroit. Concrètement, elles sont dans le placard depuis deux ans ».

Eric Castelain confirme « les éditeurs de contenus son très réticents à laisser télécharger leur document. Les données ne sont donc accessibles que connectées, et elles deviennent verrouillées dès que vous êtes en dehors du lycée… ! ». Mauvais gag… !

Si l’arrivée des TBI (Tableau Blanc Interactif) dans les écoles constitue une véritable réussite partout où ils sont installés. Il est clair que le passage à l’enseignement tout numérique est complexe, la vie 2.0 et la réalité de terrain ne font pas toujours bon ménage… !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 22 décembre 2017
Conseil de Saint-Amand-les-Eaux
Interprétation du ROB aux antipodes à Saint-Amand-les-Eaux
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