L’association « Ad Vitam et Thermal » poursuit sa mission d’aiguillon pour le développement de la station thermale, et par suite du tourisme. Un projet détaillé sur le long terme a été présenté ce vendredi 27 août à la presse par le Bureau de l’association (Nouvelle entrée de la Chaîne thermale à l’opposé du premier accueil).

(Le Bureau de l’association « Ad Vitam et Thermal » Jules Descarpentries, Alain-René Leconte, Eric Renaud, Françis Lahaye, Jean Szydlowski, et Charles Bouilly devant l’espace administratif Premier Accueil).

Un virage vers l’activité thermale à plein temps ?

Le site des thermes sur la commune de Saint-Amand-les-Eaux a une histoire chargée. Propriété de l’ex Conseil général du Nord depuis plus d’un siècle, le Groupe Partouche avait remporté la DSP (Délégation de Service Public), sans toutefois s’occuper du volet thermal, mais plutôt de son activité régalienne de jeux de Casino.

En 1995, les autorités sanitaires ont sommé le dit opérateur de jeux de rénover la partie thermale. Chose faite dès 1998, mais il a fallu attendre 2012 avant qu’un professionnel de la cure thermale soit aux commandes, en l’occurence la Chaîne thermale du soleil. Autre point important de ce passé troublé, Bernard Derosier,, ancien président du CGN,  fut d’une intransigeance troublante en refusant avec force toute vente du bâti hôtelier à l’abandon…, aucun projet, nul entretien, que diable voulait-il protéger un patrimoine public en perdition ?

Dans ce laps de temps, l’association « Ad Vitam et Thermal » est née en 2010. «  Elle a de suite connu un vif succès. Les Amandinois, et au delà, ont manifesté leur attachement profond à ce site thermal. Nous avons plus de 300 membres, curistes, Amandinois, mais également d’autres communes », explique Eric Renaud, le président de l’association, et Conseiller départemental du Nord.

Vente et projet

Une histoire de personne, car rarement un changement de présidence a modifié autant l’avenir d’une activité… ! En effet, le passage de témoin entre Bernard Derosier et Patrick Kanner a bougé toutes les lignes. « Tout le monde a salué l’attitude de Patrick Kanner qui a initié le processus de vente a un prix raisonnable (4,1 millions d’euros)  en 2014  à la Chaîne Thermale du Soleil», ajoute Eric Renaud.

Devenant de fait propriétaire/exploitant, la Chaîne Thermale du Soleil a présenté un projet global pour une rénovation lourde de l’ensemble du site, le Grand Hôtel, le restaurant etc. au cours d’un Conseil municipal de Saint-Amand-les-Eaux. « C’est un patrimoine exceptionnel », ajoute Eric Renaud.

Aile Flandres du Grand Hôtel en cours de rénovation

Ce projet immobilier s’inscrit parfaitement dans le développement de l’activité thermale. « On est passé de 1 500 curistes dans les années 90 à 9 850 curistes en 2017 plus 3 800 séjours bien-être plus ludique », précise-t-il. Concrètement, la dynamique était poussive entre 2014 et 2016. Par contre, en 2017, il y a eu un coup d’accélérateur avec près de 9 millions d’euros de travaux. L’arrière du bâtiment est refaite avec l’intégration d’une nouvelle entrée, mais également un espace premier accueil. Un permis de construire a été déposé pour la réalisation de 26 chambres sur l’arrière de l’hôtel. Ensuite, viendra le temps de la rénovation intégrale de la façade du Grand Hôtel, son illustre restaurant « Le Picardie » pour devenir «  Le Bouillon ». Seul bémol, l’ancien Casino reste à l’écart pour l’heure de ce vaste projet de réhabilitation. C’est pourquoi, les membres de « Ad Vitam et Thermal » présentent un projet ambitieux pour une ville tournée vers l’activité thermale.

Contrat de station thermale et touristique pour Saint-Amand-les-Eaux

Sur le développement de l’activité thermale, nous étions restés à un projet présenté en Conseil municipal, un contrat de Station Thermale avec la région des Hauts-de-France. L’entente cordiale entre Xavier Bertrand et Alain Bocquet a joué beaucoup dans cette annonce « c’est facile pour moi,, St-Amand est la seule cité Thermale des Hauts-de-France », avait mentionné le président de la région.

Pour autant, ce décorum ne serait pas suffisant. « Il faut les signatures de l’Etat, la région, et le département pour un projet de développement de l’activité thermale. Quasi toutes les communes thermales ont un Contrat de station thermale et touristique », explique Eric Renaud.

Parking devant la nouvelle entrée des Thermes en complément d’un parking silot.

Si les relations avec la région, et l’Etat de proximité ne posent pas de problèmes, le lien entre le président du département du Nord et la commune n’est pas fabuleux. Néanmoins, quand on voit la guerre larvée ente Anne-Lise Dufour (maire de Denain) et Jean-René Lecerf pendant un temps, et le miracle d’un travail commun pour solutionner la problématique des Ruches, tout est possible en politique.

D’autres soins

Actuellement, trois soins sont prodigués sur le site de la Chaîne Thermale de Saint-Amand. « Alors que 12 infections possibles pourraient se soigner ici. D’ailleurs, nous avons la chance de pouvoir utiliser des boues naturelles. Il y a également l’explosion des MAC (Médecine Alternative et Complémentaire). Il faudrait une coopération avec le GHT (Groupement Hospitalier du Territoire) et notamment le Centre Hospitalier de la commune », explique Eric Renaud.

Seule issue pour la commune ?

D’entrée de jeu, l’élu communal  veut récupérer pour le site thermal le produit de la vente 4,1 millions d’euros du Conseil départemental du Nord. « Je vais intervenir en ce sens au sein du Conseil départemental ». Ensuite, le développement industriel ne suffit pas pour le président de l’association. « L’activité thermale et touristique est la seule issue pour la ville. Il faut que la commune se tourne vers l’activité thermale. Nous sommes le seul site (quasi) au nord de Paris », assène Eric Renaud.

Ensuite, l’objectif ambitieux de ce contrat est d’élargir le champ d’activité. « Pour l’instant, le site thermal de St-Amand-les-Eaux est essentiellement concentré sur l’activité conventionnelle, celle remboursée par la Sécurité Sociale. Si jamais les velléités de non remboursement deviennent réalité, alors que ses vertus sont prouvées médicalement, que faisons-nous ? », commente Eric Renaud.

Sur ce point, la réduction du périmètre de remboursement constitue une énigme au moment ou les consultations tous azimuts ont lieu sur l’optique et le dentaire, des surprises pourraient voir le jour si l’exécutif va jusqu’au bout de son raisonnement. De facto, des économies substantielles ne sont pas à écarter pour la santé sociale… !

La formation à la médecine thermale pourrait également être une source d’activité. « Un problème de praticiens dans les sites thermales se profile, notamment sur celui de Saint-Amand-les-Eaux », explique l’élu de la commune. C’est pourquoi, la mise en place d’une offre de formation qualifiante sur cette spécialité est également une piste de progrès, ne rien s’interdir surtout. Un exemple concret est tangible dans le Valenciennois. En effet, Le Centre Hospitalier de Valenciennes est devenu en 2018 le pôle de formation national ERAS (innovation médicale pour des anesthésies plus légère), avec Lyon, passant devant tous les autres candidats (seulement deux sites en France).

Message pour l’avenir

Le message de cette association est clair. « Nous voulons stimuler la commune, car comme pour tous les projets, il faut d’abord des volontés politiques », explique Alain-René Leconte. Cette concrétisation d’une station thermale et touristique pour Saint-Amand-les-Eaux serait un projet de développement pour l’avenir. « C’est un projet à 10, 15 ans », conclut Eric Renaud.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 27 avril 2018
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St-Amand-les-Eaux, cité des thermes à long terme ?
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