5H15…, telle fut la durée du dernier Conseil municipal de la cité thermale en 2018, les débats furent d’une extrême diversité, les échanges soutenus, avec pour ce premier volet la lutte contre la désertification médicale… en zone urbaine (visuel pour le vote du nouvel adjoint).

(Visuel du nouveau membre du Conseil municipal, Eric Pynte)

Nouvelle composition du Conseil municipal

Le décès de René Pigé a mécaniquement boulversé la composition du Conseil municipal. Voici les modifications intervenues durant ce Conseil municipal du 20 décembre 2019.

  • Eric Pynte remplace comme conseiller municipal René Pigé. De même, il prend sa place dans les fonctions représentatives dans les différents syndicats. A noter qu’avec la loi NoTRE, les compétences des syndicats d’assainissement des eaux reviennent dans le giron des collectivités territoriales.
  • Concernant son poste d’adjoint, c’est David Leclercq qui fut élu comme 8ème adjoint en remplacement de René Pigé.
  • Enfin, Jean-Michel Michalak annonce sa démission du Conseil municipal compte tenu de son nouveau lieu de résidence, Sars-et-Rosières. Ses ambitions politiques ne sont pas terminées, car il n’est plus un secret que Monique Herbommez ne briguera pas un prochain mandat. Par suite, le collaborateur direct de Valérie Létard, vice-présidente au Sénat, pourrait prendre la tête d’une liste dans une commune où le Front National a fait un score significatif aux législatives 2017, mais loin derrière LREM très critiquée, à juste titre sur la loi ELAN, par Jean-Michel Michalak durant ce dernier Conseil municipal !

Eviter le désert médical… en zone urbaine !

La santé publique se réfléchit sur le temps long. Si le numérus clausus a eu ses vertus antan, elle a également éteint une vocation, celle du médecin généraliste dans les villes et les campagnes. Enfin, un gouvernement supprime cette sélection drastique, mais il ne faut pas se leurrer, les résultats se verront à minima dans une dizaine d’années. D’ici là, les pouvoirs publics doivent gérer cette pénurie de professionnels de proximité.

Si la problématique très médiatisée dans les campagnes est une donnée parfaitement identifiée. Le même problème se pose en zone urbaine. Le Valenciennois n’échappe pas à ce constat tant à Valenciennes, que sur Marly, et en l’occurrence sur Saint-Amand-les-Eaux.

« Sur 17 généralistes sur la commune, 9 vont partir en retraite d’ici 3 ans », explique David Leclercq en charge de ce dossier pour la ville. Dans cette optique, des réunions de réflexions en amont furent organisées pour élaborer une stratégie. « La première suggestion était d’installer des Maisons de Santé, un équipement soutenu par l’ARS », précise Alain Bocquet. Le gouvernement soutient toutes les installations pluridisciplinaires de santé, comme récemment sur Marly, dans une logique d’une offre de premier soins… de retour !

Pour autant, le sujet n’est pas aussi simple. « Après des échanges avec les médecins généralistes, ces derniers n’étaient pas très favorables à intégrer une Maison de Santé. D’ailleurs, ces équipements sont composés dans la majorité de spécialistes, voire parfois elles sont inoccupées. Nous avons besoin de nouveaux de médecins de ville sur Saint-Amand-les-Eaux », poursuit David Leclercq.

C’est pourquoi, une initiative originale s’est mise en place à travers une association, la Spemed, Association de formation médicale continue des généralistes et spécialistes de l’Amandinois, regroupant le Centre Hospitalier de Saint-Amand-les-Eaux, la commune, et des jeunes médecins. « Le problème est le coût d’installation pour un jeune médecin. Il est évalué à 82 546 euros sur 3 ans. Nous proposons un mode attractif pour les jeunes médecins à travers un incubateur installé dans un espace au sein du Centre Hospitalier de Saint-Amand-les-Eaux », explique un médecin en charge du projet.

Ce cocon a une vertu évidente, il réduit drastiquement le coût d’un début de carrière de 66 460 euros. Fort de ces données, la commune a voté un soutien financier de 27 000 € environ pour cette association.

Sur ce dossier, Eric Renaud pose la question « est-ce que ce choix n’est pas contradictoire avec la volonté de l’ARS ? Et que deviennent les médecins après 3 ans ? ». La réponse est simple, le praticien doit voler ce ses propres ailes. « Nous lançons 3 médecins dans cet incubateur durant 3 ans. Dès leur sortie, 3 nouveaux rentreront dans l’incubateur, ce qui amènera sur la commune six jeunes médecins en six ans », précise David Leclercq.

Pour sa part, Jean-Michel Michalak souligne une avancée à travers un nouveau zonage de l’ARS sur les quartiers prioritaires : « Deux quartiers sont retenus sur Saint-Amand, l’Elnon et la Colinière ». Une information « qui va dans le bon sens. Visiblement, nos rendez-vous ont payé avec l’ARS », conclut le médecin.

Voilà la réponse d’une commune de 17 000 habitants contre la désertification médicale, inédite en France possiblement, mais surtout emprunt d’un pragmatisme efficace. Lointaine est l’époque où la plaque médicale posée sur une sonnette suffisait à elle-même… !

Réservez vos places pour le grand show aquatique au Centre aquatique de l’Amandimois, les 15, 16, et 17 février 2019 : https://dragondeau.fr/gala-international-de-natation-artistique/

(Dans l’édition de dimanche, les délibérations sur le logement)

Daniel Carlier

 

Publié par Daniel Carlier le 21 décembre 2018
Conseil de Saint-Amand-les-Eaux
Lutte dont la désertification médicale (1/3)
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