L’assemblée générale de l’AJAR permet de faire un focus sur cet acteur majeur du Valenciennois, ses services à la population sont nombreux, parfois à tort trop méconnus. Pourtant, cette association fait partie intégrante du paysage territorial dans de multiples domaines (Visuel ci-dessous de Patrick Beaudoin, président, et Alain Degand Trésorier).

Patrick Beaudoin : « 2018 est encore une année de consolidation »

Certes, l’AJAR dans sa première mouture a un long historique sur le Valenciennois, mais cette association a connu un passage difficile en 2015 avec l’échec du restaurant d’insertion, dit « La Boussole », sur la commune d’Anzin. Depuis cette date, l’AJAR repositionne son activité dans une « cohérence de nos actions. Comme en 2017, l’année 2018 est une année de consolidation », précise le président de l’AJAR. Face à un budget contraint, l’effort de rationalisation financière est indissociable pour la poursuite de son activité.

En effet, cette structure dispose de 127 salariés (dont 7 recrues en 2018) pour un budget de 5 256 391 euros ; outre ses missions, l’AJAR est de facto une « association-employeur » qui compte à l’échelle du Valenciennois. « Chaque mois, nous avons un besoin de trésorerie de 330 000 euros pour payer les salariés, cela représente 74 % de notre budget. Certains mois, nous sommes courts sur ce point, car les recettes ne rentrent pas assez vite »,  explique Alain Degand, le trésorier de l’AJAR.

Toutefois, le bilan financier 2018 annonce un résultat positif à hauteur de 39 000 €, soit une hausse de 0,7%. En regardant dans le rétroviseur de ces dernières années, ce chiffre est une belle réussite soulignant une gestion rigoureuse, le boulet est passé très près, mais le redressement fut spectaculaire.

Bien sûr, comme toutes les entités de ce type, le temps administratif pour le paiement des prestations, services etc. est toujours trop long. Intérêts et agios constituent le pain noir incontournable d’une gestion associative-employeurs. Le rapport financier fut approuvé à l’unanimité.

Justement, puisque nous sommes à l’heure de la comptabilité de l’évasion fiscale tous azimuts, de l’argent public utilisé à mauvais escient, etc., un audit pourrait mettre en exergue la pesée du montant des agios payés (aux banques) compte tenu d’un tempo imparfait entre les recettes et dépenses publiques. Le chiffre de ces fonds publics envolés sera mécaniquement indécent… !

Certes, le dispositif Dailly est déjà pertinent depuis 1981/1982 et très utilisé par l’AJAR, mais peut-on imaginer que le digital génère une transaction (remplissant toutes les garanties) en temps réel, fini les agios…sur l’argent public, nos impôts ! Je sais, c’est impossible comme pour toutes les inventions depuis deux siècles !

19 917 personnes aidées en 2018

« Nos missions reposent sur trois piliers, la justice, l’accueil, et la réinsertion. Dans ce cadre, nous devons pérenniser nos efforts grâce à la pertinence de nos actions », explique Patrick Beaudoin.

« Pour cette année 2018, 19 917 personnes ont franchi la porte de l’AJAR. Tout le monde n’obtient pas une réponse. Par contre, nous devons impérativement nous attacher à des coopérations plus larges. Nos problématiques sont de plus en plus complexes, il faut travailler en transversalité entre nos services et avec nos partenaires. Par exemple, nous avons 60 dossiers différents de subventions… », explique Laurent Capelle, le directeur de l’AJAR.

Les services AJAR :

Le logement d’urgence, à travers le CHRS, fait partie de la palette d’offre de services de l’AJAR. « Nous accueillons les publics, et notamment des jeunes en rupture familiale », commente un référent de l’AJAR.

On peut noter également cette date symbolique, les 15 ans du SAV (Service d’Aide aux Victimes) avec un service toujours étoffé sur la thématique des violences conjugales.  » Durant ces années, le SAV a développé de nouveaux services comme pour lutter contre les violences conjugales. Ensuite, la thématique du harcèlement scolaire, mais également celle nouvelle du cyber-harcèlement  » , explique dans une vidéo Aurélie Fartek, responsable du Pôle SAV (https://www.va-infos.fr/2019/03/14/plus-de-julie-dans-le-valenciennois/)

Chemin faisant, le pôle Justice va connaître un déménagement. « Nous passons de l’Avenue des Dentellières au Faubourg de Paris, de 100 M2 à 250 M2. Ensuite, nous portons un nouveau service avec le Parquet de Valenciennes, celui du suivi renforcé des délinquants suite à une addiction », ajoute Laurent Capelle (https://www.va-infos.fr/2019/06/07/la-reinsertion-des-auteurs-dinfractions-avec-une-addiction/)

Enfin, le service insertion est fondamental dans cette logique de main tendue, d’une seconde chance. L’IAE joue ce rôle d’insertion dans les domaines du bâtiment, espace vert, et soudure.

Parfois, certaines velléités budgétaires posent la question de l’utilité de l’AJAR ! En 2019, la question n’est plus de savoir quelle est le rôle de cette association sur ces territoires, mais de savoir comment notre système social et judiciaire territorial feraient sans l’AJAR maintenant et plus encore demain… Nous sommes résolument dans l’intérêt public… local !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 21 juin 2019
AJAR Alain Degand
L’AJAR dans une cohérence pluridisciplinaire
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