Le 21 juin n’était pas seulement la Fête de la Musique à Valenciennes, c’était également le jour d’une réponse au soutien officiel du parti présidentiel (LREM) à 19 maires en France, dont le maire de Valenciennes Laurent Degallaix, par les Parti Les Républicains et l’UDI, un retour à l’envoyeur politique très ferme.

Gerard Larcher : « Eviter le combat binaire dans chaque élection »

En matinée de ce vendredi 21 juin singulier, Gérard Larcher, le président du Sénat, s’est rendu dans les quartiers « Acacias » sur Condé-sur-l’Escaut et « Taffin » sur Vieux-Condé. En compagnie de Valérie Létard, vice-présidente au Sénat, il a entendu les doléances des édiles, Grégory Lelong sur Condé-sur-l’Escaut, soutenu dans sa compagne municipale par Valérie Létard, et Guy Bustin, ancien délégué communautaire au SITURV, proche de Valérie Létard.

Ensuite, le début de l’après-midi fut l’occasion d’honorer une fin de carrière politique, celle de Cécile Gallez. En effet, Gérard Larcher a remis la médaille du Sénat à cette élue, « un modèle », selon le président de la Haute Assemblée. Pour le coup, un hommage ne souffrant pas la moindre discussion tant Cécile Gallez a incarné la politique de proximité, sur le temps long, au sens noble du terme.

Enfin, The Place to Be, le rendez-vous de la journée était cette réunion vers 15H au sein de la salle Pierre Richard à Valenciennes, avec Xavier Bertrand, le président de la région des Hauts-de-France, Valérie Létard, sénatrice du territoire et vice-président au Sénat, Jean-René Lecerf, président du Département du Nord, des députés comme Béatrice Descamps (21ème circonscription), les référents du parti Les Républicains dans les 5 départements, du parti l’UDI évidemment, de nombreux élus du territoire et des sympathisants des LR et de l’UDI.

Directeur de Toyota Onnaing

La thématique du jour était sur « L’industrie et les territoires ». Sujet pertinent dans le Hainaut tant l’impact industriel est omniprésent. A cet effet, le directeur de Toyota Onnaing, Luciano Biondo, était un intervenant, tout comme Véronique Hiolle, pour le Groupe Hiolle Industries. « En venant à notre rencontre, dans les Hauts de France, 300 000 emplois relèvent de l’industrie. Pour la défendre, il faut évidemment entendre la voix des territoires, la voix de ses élus », explique Valérie Létard.

Gérard Larcher veut rassembler sur le terrain

Il est sorti de son Palais du Luxembourg, d’une zone de confort, car le danger politique est palpable, la suppression de plusieurs partis sur l’échiquier politique français, ce n’est pas rien.« Pas seulement des propos de tribunes, c’est à partir du terrain que nous devons rassembler et de ces 550 000 élus locaux. C’est le coeur de ma démarche », explique Gérard Larcher.

Le coup politique du parti LREM est indéniablement très habile. Obliger les élus locaux à s’engager officiellement plus enclin à profiter des voix de LREM, comme en juin 2017 dans le Valenciennois, en ne l’affichant pas. Cette situation politique est révolue, l’engagement est affiché. Par effet de ricochet, comme en 2014 le parti présidentiel n’existait pas, les majorités locales en place sont sévèrement bousculées.

Véronique Hiolle

En l’occurrence, sur la terre de l’UDI, le maire Macron/compatible affiché depuis janvier 2017 se voit lancer dans la campagne à l’insu de son plein gré, partir au dernier moment était la stratégie la plus facile. De fait, la campagne est lancée avec un simple nom sur une liste, pas banal. Dire que l’UDI locale a très peu goûté ce soutien politique du jeune parti LREM, c’est en deçà de la réalité. La réponse est cette venue de Gérard Larcher à Valenciennes pour lancer une série de réunions publiques prévues initialement.

Certains s’en amusent, mais de fait, de nombreux médias nationaux, TF1, BFMTV, Cnews etc. étaient présents, ils ne se déplacent jamais en province pour une simple réunion de terrain… ! C’est un message politique.

« Dans le combat binaire, cela bascule toujours hors du champ démocratique », Gérard Larcher

« L’objectif avec une dizaine de ces réunions, c’est écrire collectivement un référentiel pour partir armé, pour partir reconstruit.  A la rencontre des familles du Centre et de la Droite républicaine, il faut faire communauté afin d’éviter ce combat binaire dans chaque élection. Dans le combat binaire, cela bascule toujours hors du champ démocratique », explique le président du Sénat.

Pour sa part, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, fait moins dans la dentelle politique «  Il y a des personnes d’aucun parti politique ici, c’est mon cas aujourd’hui. Ce n’est pas aujourd’hui que nous allons faire un nouveau parti politique. Toutefois, au délà du choc qu’on veut nous imposer entre la majorité en place et le Rassemblement National, est-ce qu’il y aura des solutions aux problèmes des Français portées par d’autres. Le Prêt à Penser en France, on n’aime pas ça, à bon entendeur ! »…la relation assez conviviale entre le Président de Région et le maire de Valenciennes serait-elle en période de refroidissement ?

Comme celle des Gilets Jaunes, la révolte des élus de terrain face au choix binaire n’est pas à écarter d’un revers de la main, la suite politique sera intéressante. Décidément, cette élection à Valenciennes imperdable est repartie sur les chapeaux de roue, François Fillon avait ouvert le chemin de l’élection gagnée d’avance, mais perdue.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 22 juin 2019
Gérard Larcher Laurent Degallaix Valérie Létard Xavier Bertrand
Xavier Bertrand : « Le Prêt à Penser en France, on n’aime pas ça, à bon entendeur »
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