A première vue, compte tenu d’une probable fusion entre Anne-Lise Dufour (Parti Socialiste) et le Parti Communiste de Denain, cette annonce d’un chef de file pouvait paraître superfétatoire sauf que c’est tout le contraire. Le Parti Communiste de Denain veut se faire respecter et par suite être écouté sur une ligne programmatique de gauche pour rassembler à gauche. Il faut répéter le mot « gauche », le grand absent dans les stratégies sur la table à l’instant « T », populisme n’est pas de gauche, social populiste non plus !

(Irène Lelong et David Audin)

Cap à gauche, car à Denain la voix politique a (encore) un sens !

En premier lieu, battons en brèche cette pseudo dichotomie dans laquelle les principaux postulants veulent embrigader cette municipale où d’un coté le Rassemblement National voudrait faire de ce scrutin un enjeu national et de l’autre la maire sortante une élection 100% local, ni l’un, ni l’autre ne correspond à la réalité d’un scrutin d’une ville de 20 000 habitants. Le réduire à cela est prendre les Denaisiennes et Denaisiens pour des imbéciles, et par là même réduire la crédibilité de la parole politique. Si elle existe encore d’ailleurs, car quand Martine Aubry, soutien inconditionnel d’Anne-Lise Dufour, annonce cette semaine sa candidature pour un 4ème mandat, elle a menti à ses électeurs en 2014, elle a bon dos l’urgence sociale… d’intérêt personnel !

Remettons d’abord l’église au milieu du village… politique. A Denain, nous ne sommes pas du tout dans une commune de moins de 1 000 habitants où chaque habitant connaît plus ou moins directement le premier magistrat. Non, au grand maximum, 5% de la population a ou a eu un rapport direct avec le maire, 5% des électeurs potentiels lui ont serré la main, et 90% se rendront aux urnes (pour les votants) avec un nom de candidat, des étiquettes, voire des affinités politiques. En résumé, une stratégie politique assumée est pertinente sur la ville feumière. Le 100 % quoi que ce soit est une fumisterie politique bien pratique afin d’éviter de parler des administrés.

C’est dans cet esprit constructif que le Parti Communiste apprend de ses erreurs en 2014 où cette formation politique historique à Denain est arrivée en formation très dispersée, un signe d’une grande faiblesse… politique ! C’est pourquoi, la section communiste du Parti Communiste à choisi, cette fois, de respecter une ligne de conduite politique et de s’y tenir pour cette élection en mars 2020.

« Nous respecterons le protocole voté et choisi par les militants », David Audin

Sans surprise, la section locale du Parti Communiste a désigné David Audin comme « chef de file afin de porter le programme du parti communiste à Denain. Il est le porte-parole du Parti Communiste à Denain », explique Irène Lelong, représentant la section locale en l’absence (pour raisons professionnelles) du secrétaire élu.

Cette désignation est validée sur Denain, mais également par la Fédération départementale d’où la présence officielle de Simon Agnoletti, représentant de la dite fédération. « Je vais donc porter le programme du Parti Communiste et rentrer en discussion avec d’autres formations politiques. Bien sûr, notre objectif est une union (la plus large possible) de la gauche. C’est le choix politique d’une majorité des militants », explique David Audin.

Choix majoritaire, mais pas à l’unanimité puisque des voix se sont exprimées, durant cette réunion avec la presse locale et les militants, pour une accélération du temps politique face au Rassemblement National. Au moins, au sein du comité du PCF local, il existe un débat horizontal, perturbant parfois, mais rafraîchissant tout de même, une seule voix verticale tue la fibre politique aussi sûrement que le virus Ebola.

 « Nous respecterons le protocole voté et choisi par les militants. Rassembler la gauche est évident, mais il faut choisir la meilleure stratégie (politique). Pour le Parti Communiste, la priorité est ce dont ont besoin les Denaisiennes et Denaisiens et par suite d’un programme approprié », assène David Audin.

Une ligne programmatique est déjà dessinée par les militants locaux ; elle s’articule sur un volet écologique prononcé et assumé, une économie sociale et solidaire à travers le circuit-court notamment, la tranquillité publique… le choix des mots est important, et bien sûr la mise en oeuvre de l’ANRU 2, ou NPRU 1, selon la sémantique souhaitée. « Nous veillerons particulièrement aux clauses d’insertion aux bénéfices des demandeurs d’emplois denaisiens sur les chantiers de ce nouveau programme de renouvellement urbain », précise David Audin. Le chef de file évoque également, à juste titre, le port public de Denain. En effet, ce dossier sera un sujet au long cours, car il est sur la route du Canal Seine Nord Europe dont la convention financière a gravé dans le marbre (enfin) sa réalisation le vendredi 22 novembre 2019 (https://www.va-infos.fr/2019/11/24/le-canal-seine-nord-europe-signe-sa-profession-de-foi-irreversible/).

Enfin, David Audin rappelle que « le Parti Communiste est la plus grande force politique militante à Denain, nous devons plus peser dans la balance ». La phase de négociation, même si le terme est agressif, est en route et capitale pour une participation à une victoire de la gauche réunie.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 29 novembre 2019
David Audin Denain PCF Denain
David Audin, chef de file du Parti Communiste à Denain
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