A l’occasion d’une journée dédiée aux systèmes de gestion des trafics routiers, des intervenants ont partagé leur connaissance à ce stade au sein de l’IMTD (Institut des Mobilités et des Transports Durables), nouveau site de l’Université Polytechnique Hauts de France.

La mobilité intelligente devrait diminuer la mortalité routière !

Quels sont les facteurs potentiels permettant de diminuer les accidents de la route, mis à part la baisse de la vitesse autorisée ? Telle est la question centrale d’une évolution technologique galopante autour du véhicule terrestre.

L’Université Polytechnique Hauts de France veut poursuivre « son avance dans le domaine technologique. Cette journée est consacrée à la mobilité intelligente, celle devant permettre une sécurité routière plus performante », indiquait Abdelhakim Artiba, le président de l’UPHF en ouverture de cette journée.

Atika Rivenq

Atika Rivenq, de l’UPHF, est l’organisatrice de cette journée consacrée à ce nouveau rapport entre le véhicule et la route empruntée. « Nous abordons aujourd’hui la mobilité intelligente et durable. C’est une aide à la conduite », commente Atika Rivenq. Plusieurs secteurs très ciblés sont le ferment de ces études comme le transport des marchandises, la gestion des ports maritimes, la résistance des ouvrages d’arts… !

« Déclencher automatiquement par le véhicule », Eric Ollinger

Les gouvernants essayent tour à tour de réduire la mortalité routière, les aménagements routiers, la solidité des véhicules, la réduction de la vitesse même si cela ne fait pas l’unanimité, mais le moyen le plus radical ne serait-il pas un échange de données entre les véhicules, voire du transport routier avec l’infrastructure routière ? Un représentant du Ministère des Transports, Eric Ollinger, est venu porter la parole de l’Etat dans ce domaine très étudié.

Eric Ollinger.

Les projets suivis par le Ministère des Transports, baptisés C-ITS ou STI (Système de Transports Intelligents), sont au coeur de cette réflexion. « Ces projets visent à améliorer la sécurité routière. En effet, si vous avez l’information en amont, vous anticipez un obstacle, un bouchon routier, un accident, voire des agents de chantier sur les bandes d’arrêts d’urgence malheureusement encore fauchés », précise Eric Ollinger, en charge des projets sur cette thématique.

« L’idée est donc de déclencher automatiquement un événement vécu par le véhicule. En effet, un fait de transport serait signalé automatiquement par le véhicule, donc ne nécessitant pas une action humaine », précise Eric Ollinger.

Evidemment, cette ligne d’arrivée nécessite des équipements technologiques sur les voitures, mais également sur les infrastructures routières.

Le fret et la logistique

Les ports maritimes, voire fluviaux, sont des espaces très propices à des études très poussées dans le domaine. « Pour importer ou exporter un container sur un port maritime, vous avez 17 métiers différents. Grâce à une communication du véhicule avec les infrastructures portuaires, vous pourriez mieux guider le camion dans le port, mieux circuler pour moins circuler, un meilleur horaire de chargement évitant au chauffeur routier d’attendre plusieurs heures sur une aire de repos. De fait, le professionnel pourrait être averti en amont de la bonne plage horaire pour son déchargement ! », explique un intervenant. En clair, c’est une révolution logistique comme un camion « autorisé à passer sous le Tunnel de Fréjus sans attendre puisque le véhicule annonce en amont son arrivée », commente un intervenant.

André Perpey

Sur cette thématique, l’Université Polytechnique Hauts de France travaille étroitement avec les ports de Dunkerque et de Marseille. Comme souvent, fédérer des acteurs sur un secteur permet rapidement de cranter une action.

C’est pourquoi le projet Fenix a été mis en place afin d’optimiser le transport grâce à l’information accessible. « Ce programme couvre les années 2019/2022 au sein de 14 pays avec un financement de 60,6 millions d’euros. L’objectif est de coordonner les différentes plateformes logistiques en Europe grâce à une interconnexion », explique André Perpey, en charge du projet Fenix.

« Réfléchir sur les routes de demain », Atika Rivenq

Camion connecté

Cette action combinée des acteurs économiques et des chercheurs affiche un objectif clair. « Il faut réfléchir sur les routes de demain. Vous avez des applications très concrètes comme le pesage des poids lourds avant de passer sur un ouvrage d’art. Nous avons eu en France (récemment) un pont qui a cédé suite au passage d’un véhicule trop lourd. Là, avec l’information sur la charge du camion avant de passer sur un pont, nous pouvons connaître l’état de fatigue du dit ouvrage d’art », explique Atika Rivenq.

L’acteur indispensable de cette réussite est donc le véhicule « connecté, mais pas encore autonome », conclut Atika Rivenq.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 14 mars 2020
Atika Rivenq UPHF
(UPHF) La sécurité routière optimisée passe par les échanges de données
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