Rien n’était prévu dans le Livret de l’Etudiant 2019/2020, et pourtant une histoire inédite s’écrit chaque jour sous nos yeux incrédules. En effet, cette tempête sanitaire a soufflé comme partout sur l’Université Polytechnique Hauts de France avec un impact social évident sur les étudiants présents, principalement étrangers, sur les différents Campus gérés par l’UPHF. Comme pour le virus, la précarité n’a pas de passeport !

Souad Harmand, vice-présidente : « Maintenir le contact avec tous les étudiants »

Plusieurs paramètres entrent en jeu lorsque nous parlons d’une détresse sociale dans le monde étudiant. En premier lieu, il était fondamental de sourcer quels étaient les étudiants en souffrance. « Etre isolé dans 10 à 12 m2, tout seul, ce n’est pas simple ! Nous avons rencontré les associations d’étudiants afin de nous remonter leurs informations pour répondre aux besoins et à toutes les situations. Nous ne laissons pas un étudiant sur le coté ! » , explique le Président de l’UPHF.

Pour arriver à bonne fin, outre le réseau associatif, l’UPHF a pris des initiatives. « Notre choix fut, dès le début, de maintenir le contact avec tous les étudiants. Je souligne la mobilisation du corps enseignant pour rester en lien. A cet effet, un site web dédié (https://coronavirus.uphf.fr/) aux informations liées à la gestion de cette crise sanitaire est disponible à destination des salariés de l’UPHF et des étudiants », souligne la vice-présidente Souad Harmand.

Ensuite, un autre outil fut précieux en terme de communication. « Nous avons réalisé une lettre hebdomadaire avec nos actions, nos initiatives… Cette dernière est distribuée par mail, ou courrier, à chaque étudiant. Grâce à cela, nous avons eu beaucoup de retour d’informations », souligne la Directrice de la communication Sabine Chef.

Cette population estudiantine confinée est principalement « d’origine étrangère. Pour une grande majorité, les étudiants français sont retournés chez eux. Nous sommes en France, on ne peut pas d’une main se déclarer Patrie des Droits de l’Homme, et de l’autre laisser des étudiants en France dans une grande précarité face à cette crise du Covid-19 », assène Abdelhakim Artiba.

Cela concerne sur le Valenciennois 400 étudiants sur le site du campus Jules Mousseron, 55 sur le site Ansart (proche Mousseron), 150 sur les Tertiales, et 80 sur le site du Technopole.

« Une aide financière reconductible au cas par cas », Abdelhakim Artiba

Concrètement, une commission, ou cellule de crise compte tenu de cette situation, se réunit deux fois par semaine pour traiter les demandes. « Nous avons attribué une aide de 200 € par étudiant faisant une demande. Chaque cas est étudié. Bien sûr, nous demandons un minimum d’éléments, notamment vis à vis de nos autorités de tutelle, mais nous ne sommes pas sur une enquête de police. On fait confiance ! Cette aide est reconductible au cas par cas », mentionne le Président de l’UPHF.

Ensuite, outre l’aide financière pour le loyer, voire autre charge, le besoin en matériel est parfois prégnant. Sur ce point précis, l’UPHF a répondu par une aide de 200 €, par étudiant, pour l’achat d’un ordinateur si besoin était. « Parfois, nous avons même eu des demandes particulières pour un 2ème ordinateur pour un travail spécifique… Nous avons de suite, via le responsable pédagogique, répondu favorablement ! », poursuit Abdelhakim Artiba.

Bien sûr, le bien-être psychologique constitue un autre point clé de cette gestion sanitaire. « Nous avons deux personnes en charge de l’assistance sociale (une au Crous, une à l’UPHF) afin d’écouter les différentes problématiques. Ensuite, deux psychologues sont également disponibles au Centre de Santé », précise le président UPHF.

Enfin, le cas particulier des étudiants handicapés demeure un point central au sein de cette université du Grand Hainaut (Valenciennes, Cambrai, et Maubeuge). « C’est un point fort dans cette université. Nous sommes reconnus pour cette prise en charge grâce au travail des équipes de l’UPHF sous la responsabilité d’une vice-présidence. Chaque étudiant en situation de handicap fait l’objet de la plus grande attention », indique Abdelhakim Artiba.

« Ces repas équilibrés fournis aux étudiants sont uniques en France », Abdelhakim Artiba

Le quotidien confiné est à prendre sous tous ses aspects. « Il y avait un problème alimentaire. Avec une somme d’argent, la facilité est d’aller acheter des sandwichs. Là, nous voulions apporter des repas équilibrés à tous les étudiants. Depuis le 22 avril, nous distribuons deux fois par semaine 400 repas équilibrés aux étudiants du Valenciennois. Il y a trois intérêts à cette démarche. Premièrement, il fallait utiliser les stocks alimentaires du CROUS. Ensuite, cette initiative permet un retour au travail sur la base du volontariat. Enfin, il fallait répondre à l’urgence alimentaire pour certains étudiants. Ces repas sont élaborés sur le site de l’Université Polytechnique Hauts-de-France au Mont Houy. Bien sûr, les étudiants confinés aux Tertiales peuvent venir chercher un repas préparé au Mont Houy. Ces repas équilibrés fournis aux étudiants sont uniques en France (en période Covid-19) », précise Abdelhakim Artiba.

Enfin, outre le cas particulier des repas, les aides financières voire autres soutiens particuliers s’inscrivent « dans une cohérence régionale entre tous les Présidents des Universités des Hauts de France. Nous avons tous le même discours, c’est la bienveillance à l’égard des étudiants qui ne sont en rien responsables de cette situation », conclut Abdelhakim Artiba.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 29 avril 2020
Abdelhakim Artiba Sabine Chef Souad Harmand UPHF Valenciennes
(UPHF) Abdelhakim Artiba : « Nous ne laissons pas un étudiant sur le coté ! » (1/2)
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