Mal embarquées dans la rencontre (0-5), les Amandinoises ont grignoté petit à petit leur retard pour s’imposer d’une courte tête. Manuella Dos Reis a sorti le grand jeu dans les buts, la défense a fait bloc et l’attaque s’améliore de match en match. L’ex-Amandinoise Claire Vautier a eu le tir de l’égalisation pour Dijon mais la gardienne a capté le ballon. La victoire a été acquise dans la douleur grâce au mental. Au coup de sifflet final, il y a eu la joie des joueuses, le soulagement du staff et des sourires pour les spectateurs qui ont vibré pendant 60 minutes.

 Maëlle Chalmandrier précieuse à la distribution

   La salle Maurice Hugot est garnie malgré l’horaire avancé de la rencontre (18h au lieu de 20h). Toutefois les spectateurs sont comme les handballeuses amandinoises cueillis à froid. Dijon réalise une bonne entame de match (0-5). Florence Sauval a déjà edmandé un temps mort pour remettre sur les rails ses joueuses. Chloé Bellonet obtient un penalty, il est transformé par Chloé Pugliese (1-5). Le jeu amandinois se met en place : Amanda Kolczynski a enfin un premier ballon exploitable, elle marque sur l’aile (4-6). Carmen Campos poursuit son abattage (4-7) puis (7-9). Menées à la pause (10-12), les Amandinoises doivent se ressaisir. Ça reprend mal, les transmissions de balle sont approximatives, les Dijonnaises chipent deux ballons consécutifs (11-15). Le pivot Maëlys Kouaya s’impose et réduit l’écart (13-15). Elle égalise même à la 42’ (16-16). S’en suit alors un terrible mano a mano. Sur un but de Marina Zivkovic, les Amandinoises se donnent de l’air (20-18). Claire Vautier prend le jeu à son compte (21-21). Il reste trois minutes à jouer. La capitaine amandinoise tire avec un rebond mais trouve la transversale…elle se rachète sur l’attaque suivante en inscrivant son seul but de la rencontre mais vraiment au bon moment (23-22). L’entraîneur dijonnais demande un temps mort, il reste une poignée de secondes. La défense amandinoise tient bon et le dernier tir de Vautier est capté par Manuella Dos Reis. Le temps est écoulé. Dernier coup franc à tirer pour Dijon, Campos le tente mais ne cadre pas. Victoire de Saint-Amand, la deuxième à la maison.

 « C’est important de gagner des matchs difficiles », Florence Sauval

L’entraîneur amandinois Florence Sauval souligne les deux visages de son équipe, « au départ nous balbutions notre jeu, nous avons encore besoin de repère, il y avait de l’enjeu, du stress qui a amené la maladresse. Le groupe s’est ressaisi, et s’est appuyé sur un bon socle défensif. Nous avons fait preuve de combat en deuxième période, elles ont été valeureuses, et elles ont tenu jusqu’au bout de la rencontre. Elles ont aussi fait preuve de lucidité. C’est important de gagner à domicile, et c’est important de gagner des matchs difficiles. Il faut être plus exigeant à l’entraînement pour progresser mentalement afin de prendre son rythme de croisière ».

La capitaine et demi-centre Marion Malina a le sourire « nous ne pouvons pas commencer un match comme ça. Nous avons la force mentale et physique pour revenir petit à petit. C’est dans la tête et sur le terrain. Il ne faut rien lâcher, un match, c’est 60 minutes ».

L’entraîneur dijonnais Christophe Mazel n’est pas satisfait « ça va au-delà de la frustration, ça s’est joué à peu de choses. Saint-Amand en voulait plus que nous. Nous avons rendu les armes un peu vite. La défense a été correcte, mais ce n’est pas suffisant. Je ne comprends pas pourquoi nous marquons si peu de buts. Nous avons joué à l’envers. C’était bien 15 minutes, puis nous avons eu un passage à vide, nous avons baissé d’intensité offensive. Nous avons moins bien joué que l’adversaire point, nous n’avons pas d’excuse. Nous n’avons pas fait une grande performance, j’ai même vu de la fébrilité ».

Claire Vautier, l’arrière gauche de Dijon, n’a pas été loquace, « ça fait bizarre de revenir jouer ici ». Elle devait probablement ruminer ce dernier tir qui ne s’est pas transformé en but…

A l’issue de la conférence, la Présidente Sophie Palisse a répondu aux questions liées à la crise sanitaire, « il y a deux jours, nous apprenions que nous ne pouvions pas tenir de buvette ni faire de VIP. Nous avons des engagements à respecter auprès des partenaires. Nous sommes dans l’incertitude en permanence, il faut s’adapter, se réadapter. Nous n’avons pas de droits TV. Donc, si nous devons désormais jouer à huis clos, c’est une perte économique, et de visibilité. Allons-nous jouer à huis clos ? Une réunion se tient demain avec les autres clubs. Nous nous ne voulons pas jouer à huis clos. Nous dépensons de l’argent pour respecter les règles, mais nous n’avons plus de rentrée (spectateurs, buvettes). Le système est fragilisé, c’est le club, des salariés, des emplois. Il ne faudra pas que ça dure longtemps ».

Saint-Amand – Dijon : 23-22 (10-12).

– Saint-Amand : Dos Reis (11 arrêts sur 32), Kolczynski 6, Woloszyk, Zivkocic 2, Frécon-Demouge 3, Pugliese 1, Malina 1, Hurychova 3, Kouaya 4 puis Bellonet, Chalmandrier 3,  Massa.

– Dijon : Lachat (10 arrêts sur 27), Elm (1 arrêt sur 7), Vautier 4, Delorme, Lathoud 1, Campos 10, Marin 1, Weisheitel, Sivertsen 4 puis Stemmer, Di Rocco 2, Ribiero, Lasm.

Anne Seigner

Publié par Anne Seigner le 28 octobre 2020
Christophe Mazel Claire Vautier Florence Sauval Marion Malina
(Hand) Plus combatives, les Amandinoises battent Dijon (23-22)
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