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Patrick Kanner : « Il faut un plan Marshall pour la culture »

Dans la continuité d’une journée sur le Valenciennois, Patrick Kanner est parti à la rencontre du monde de la culture sur la commune de Petite-Forêt. Accueilli par l’édile de la commune, Sandrine Gombert, une table ronde s’est déroulée où différents corps de métiers ont exprimé leur situation actuelle face à la crise sanitaire.

La culture entre résignation et résilience

Nous le constatons depuis le début de cette crise sanitaire, le monde de la culture vit une période troublée, angoissante, sans lisibilité, mais plus encore le retour à la normalité sera étouffant de complexité. « A l’instant « T », c’est le supplice chinois », estime le sénateur du Nord. Pourtant, la culture « est bien essentielle. Sans spectacle en salle ou en extérieur, il n’y a pas la magie. Nous sommes en train de nous vitrifier », indique Carole Le Sone, comédienne. A ce stade, la seule activité encore possible s’inscrit dans les écoles, voire école de théâtre toujours pour les mineurs, même si tout est en perpétuel mouvement sanitaire… !

« Nous avons reporté certains spectacles pour la 3ème fois », Sébastien Malicet

En effet, tout bouge au fil des chiffres de santé… « jeudi dernier (25 février), un décret vient de passer pour supprimer nos cours de danse pour les enfants. C’est assimilé au sport en salle… ! », commente Sébastien Malicet, professeur de danse classique et jazz, et fondateur de la Compagnie Sébastien Malicet. Au niveau de sa Cie, la limite de la non diffusion de spectacle est atteinte « on peut profiter de cette période pour répéter, créer, mais à un moment donné, on ne peut le proposer sans fin aux artistes sans date de spectacle ! Nous avons reporté certains spectacles pour la 3ème fois », ajoute Sébastien Malicet.

Claire et Sébastien Malicet expliquent également que le report des dates de spectacles a une limite « nous avons 43 cachets à réaliser, dès le retour à la normalité, dans un temps très contraint… Comment allons-nous faire ? ».

Le corollaire est plus encore inquiétant, car l’embolie culturelle se profile : « Compte tenu de cet embouteillage, il sera compliqué d’acheter des nouveautés, des créations, pour une collectivité locale en 2021 », commente Sandrine Gombert. Comme chacun sait, une comptabilité publique en matière culturelle est généralement limitée à l’année du budget voté. Les communes françaises, collectivités territoriales, département, région ne devront-elles pas passer par un PPC (Plan Pluriannuel Culturel) pour sauver les acteurs culturels près de chez soi ? Comme le rappelle l’ancien Ministre, la culture n’est pas une compétence dévolue à une institution, chaque acteur public peut agir comme bon il lui semble.

« Du jour au lendemain plus un spectacle », Maureen Giers

L’effet blast des contraintes sanitaires touche toutes les professions culturelles, technicien(ne), comédien(ne), professeur(e), musicien(ne), etc., sans oublier les agents artistiques, tourneur pour les initiés. « Du jour au lendemain plus un spectacle, on doit trouver des dates de report, voire se lancer dans un temps de création en résidence, mais plus aucun revenus. Heureusement, j’ai une autre corde à mon arc, car je suis en capacité d’accompagner les artistes (en Cie ou en solo) sur leur communication, les montages de vidéos sur les réseaux sociaux, toute la palette de l’accompagnement d’un artiste », explique Maureen Giers, agent de production pour Black Kiwi Production.

« Une convention avec la commune de Petite-Forêt », Carole Le Sone

Autre soutien de taille, l’artiste peut se lier avec une collectivité locale. En l’espèce, Carole Le Sone, fondatrice de sa Compagnie « la Futaie », a signé une convention avec la commune de Petite-Forêt sous la houlette de l’adjointe à la culture Sylvia Pisano. « Ainsi, j’interviens à travers des ateliers dans les écoles comme professeur de théâtre. C’est une sécurité et une lisibilité pour la Cie », commente Carole Le Sone.

« C’est un moyen de soutenir des acteurs culturels sur la commune. Nous consacrons d’ailleurs un budget important à la culture autour de nos lieux dédiés », commente la maire de Petite-Forêt.

Soutenir la culture

Pour sortir de cette situation, Patrick Kanner interroge les participants sur l’éventualité d’un pass sanitaire. « Si nous devons en passer par là. Bien sûr, nous sommes favorables à tout dispositif permettant de retrouver le chemin du spectacle », déclare Sébastien Malicet.

A la lumière de cet échange, Patrick Kanner propose la mise en oeuvre « d’un plan Marshall pour la culture »… !

Ces témoignages illustrent parfaitement cette chaîne continue de l’éclairagiste jusqu’au comédien en passant par les responsables d’un lieu de culture, chaque acteur est dans le rouge écarlate. Vers ce lendemain espéré sans Covid, il sera de notre devoir de respirer plus encore l’air de la culture afin de conserver notre fragilité dans un pays où la liberté d’expression artistique existe encore !

Daniel Carlier

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