Charles Lemoine, rencontre d’un « 3ème type » au SIAVED
Ce jeudi 21 mai 2026 marquera une date dans l’histoire de cette collectivité publique intercommunale au service de la gestion des déchets. En effet, Charles Lemoine quitte la Présidence à l’aube de ses 75 ans. Entretien avec le Président du SIAVED à quelques jours de ce passage de témoin, mais plus que jamais maire de la collectivité locale de Roeulx dans le Denaisis !

Charles Lemoine : « C’est une page qui se tourne sans regrets ! »
Quelques chiffres sont parlants, l’intervention de la puissance publique dans la gestion collective des déchets a démarré sur le Hainaut en 1993 à travers le SIRIEOM (syndicat intercommunal) avec 2 agents. En 2026 le SIAVED comprend 220 agents… ! Charles Lemoine avait intégré cette première aventure dans la maîtrise des ordures ménagères principalement. Dès 1994, sous la houlette de Stanis Soloch, maire de Douchy-les-Mines, le SIRDHIM remplace le SIRIEOM, Charles Lemoine devient vice-président au sein de cette nouvelle entité administrative intervenant essentiellement sur le Denaisis. Puis, le 20 mars 2006, il accède à la Présence du SIAVED qu’il va quitter tout juste au bout de 20 ans et une zone d’intervention sur quasi tout le sud du département du Nord, fou !
Evidemment, les anecdotes sont multiples, les péripéties nombreuses avec quelques observations cocasses. « La rotation des collaborateurs dans les entreprises privées est bien plus forte que dans le public. On a tout juste le temps de nouer de bonnes relations de travail que les interlocuteurs changent dans les grands groupes », commente Charles Lemoine.
Bien sûr, la loi régit la transformation de l’action publique : « En 2000, la collecte sélective a été mise en place et elle a transformé la gestion des déchets. Faut être clair, en l’absence de tri, on ne parlait même pas d’enfouissement pour les déchets (non incinérés), mais d’un parking de déchets. Ensuite, plus récemment, l’extension des consignes de tri améliore encore le cycle. » C’est là que nous voyons, malgré les multiples critiques écologiques, l’évolution positive dans le traitement des déchets au fil des années.
Aujourd’hui, le SIAVED rassemble 7 intercommunalités, toutes les EPCI au sud du département sauf le Sud Avesnois et Coeur de l’Avesnois, mais le Président ne désespère pas d’une intégration prochaine. D’ailleurs, dans l’installation de cette dernière mouture du SIAVED le 01 janvier 2024 avec un passage de 3 interco à 7, deux places de vice-présidentes étaient non pourvues volontairement.
Sur le plan outil de travail, 3 CVE (Centre de Valorisation Energétique, Maubeuge 90 000 tonnes, Saint-Saulve 135 000 tonnes, et Douchy-les-Mines 90 000 tonnes), un centre de tri public inauguré en septembre 2025, 2 bâtiments dédiés à la logistique (Douchy-les-Mines et Saint-Saulve), 36 déchetteries, deux réseaux de chaleur (récupération de la chaleur fatale) sur Douchy-les-Mines et Denain, plus un nouveau sur Maubeuge, sans oublier le méga projet d’un réseau de chaleur très ambitieux sur le Valenciennois piloté par Valenciennes Métropole. Cette addition positionne le SIAVED, en taille, comme le 2ème syndicat mixte de gestion des déchets en France. « Nous avons lancé une étude, La Toile, afin de connaître exactement notre impact, en terme d’emplois directs et indirects, sur notre territoire », mentionne Charles Lemoine. En l’espèce, la taille impose aussi une certaine crédibilité « nous sommes connus partout en France chez les professionnels. »
Et demain ?
Chaque élu(e) n’est que de passage, car le train du changement et surtout des investissements est colossal dans ce type de structure. Chaque projet est à moyen ou très long terme même pour la création d’une déchetterie, le moment administratif étire le temps.
A la veille de céder le fauteuil de la présidence, quelques coûts sont partis comme une nouvelle déchetterie sur Saint-Amand-les-Eaux dont les travaux devraient démarrer de manière imminente, une sur Douchy-les-Mines dont le foncier est attenant au siège administratif, un accord entre les maires pour une déchetterie sur la Z.I d’Onnaing pour les résidents de Quiévrechain et Onnaing, et enfin une sur Aulnoye-Aymeries.

Plus dans la prospective, les travaux sur les CVE constituent également le coeur du moteur de l’investissement lourd. Déjà en cours, près de 60 millions d’euros sur le CVE de Maubeuge, celui de Saint-Saulve doit aussi se rénover, mais pour ces coûts plus raisonnables. Le Gros dossier est celui de la rénovation majuscule du CVE sur Douchy-les-Mines. « Les exécutifs des 7 EPCI et leurs clients doivent se mettre autour de la table et se poser la question : Que fait-on ? Ou nous réalisons des travaux pour les dix prochaines années ou pour plusieurs décennies, ce n’est pas le même coût d’investissement ! », déclare Charles Lemoine. En parallèle, il faut bien contextualiser que les interco adhérentes apportent leurs déchets, mais également des territoires clients comme le Cambraisis, l’Aisne et le Pévèle-Carembault… Parfois, quand on se compare, on se rassure, car le Sud du département est équipé avec 3 CVE face à d’autres territoires, ou départements, dépourvus totalement de ces infrastructures, l’addition sera lourde tôt ou tard pour ceux-ci. C’est pourquoi, le dernier centre de tri public sur Douchy-les-Mines, malgré les soubresauts pour son émergence, sera un énorme atout dans les années à venir, à méditer !
Autre arme pour améliorer la gestion des déchets, la réduction de la production de tout un chacun. « Il faut armer davantage l’aspect prévention et communication. Il y a des communes sur ces 7 EPCI où nous avons encore 45% de refus de tri (sur une poubelle). Nous travaillons beaucoup sur la sensibilisation au sein des écoles à travers notre jardin pédagogique voire la visite du centre de tri public (transport école payé par le SIAVED) », poursuit-il. Toutefois, il faut aller beaucoup plus loin sur le déploiement des Ressourceries chez les adhérents membres, le succès du site d’Anzin est révélateur d’un besoin.
L’élection 2026
Assez indécise, cette élection d’une nouvelle Présidence ce jeudi 21 mai 2026 est un tournant pour l’institution et à titre personnel. « Je ne serai pas non plus délégué communautaire au sein du SIAVED. Bien sûr, il y a un pincement au coeur, c’est une page qui se tourne sans regrets, mais je ne veux pas faire le mandat de trop. Par contre, je suis toujours maire de Roeulx ! », conclut Charles Lemoine.
Un ou une nouvelle Président(e), 13 vices-présidents (sur 15 dans les statuts), 7 conseillers délégués, au sein d’un hémicycle de 73 délégués communautaires au prorata de la densité de population, va sortir des urnes ce jeudi 21 mai un peu après 18 heures… !
Daniel Carlier




















