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Les invisibles de l’Escaut, exposition de François Bodart aux nouvelles forges

Les locaux des nouvelles forges accueillent jusqu’au 30 juin, les photographies de François Bodart. Le travail photographique présenté dans cette exposition découle d’une proposition de l’association Travail et Culture dans le cadre de son projet Le Fluvial en devenir qui participe à la mise en débat des enjeux économiques, sociaux, culturels et politiques des territoires traversés par les voies d’eau en réunissant des chercheurs, des artistes, des salariés, des chefs d’entreprises, des syndicalistes, des élus et habitants des communes traversées.

Un groupe de femmes de l’école de la 2e chance du Grand Hainaut, accompagnée de Wendy Descourriere, référente culture de l’école, était présente ce mercredi après-midi pour découvrir les images avec l’artiste. Ses personnages ont pris vie avec les paroles de François Bodart. Entre conte philosophique et documentaire renseigné sur les métiers de la sidérurgie, l’artiste, qui est également maître d’école en petite section, nous a fait voyager dans le monde du travail, tel Ulysse.

Pendant un an et demi, à l’invitation de Travail et Culture qui a organisé sa résidence, François Bodart a sillonné le territoire de l’Escaut à la rencontre des travailleurs du secteur fluvial dans un parcours artistique original. Sa démarche se situe dans l’art social, dans la rencontre, au plus près de ces hommes « invisibles » mais qui œuvrent pour que tourne le monde d’aujourd’hui, avec ses excès et ses failles.

Son regard est à la fois critique et sensible, mais il veut surtout que l’on se pose la question : « Comment tous ces biens nous parviennent ? ».

Une démarche qui vise à rendre le plus fidèlement possible ces identités de travail tout en proposant un regard singulier et au plus proche de l’activité humaine dans son rapport au fleuve.

Sukran Akinci, cheffe de projet de l’exposition, Travail et culture, Centre de Recherche, d’Innovation Artistique et Culturelle du monde du travail, accompagnée de Lucie Taverne, ont suivies le groupe et l’artiste, pour apporter leurs explications éclairées sur les métiers des voies d’eau et du travail en général, répondant aux propos de l’artiste, au regard et propos plus intimiste.

Sous la question de représenter les transformations d’un territoire industriel et ses identités de travail, l’artiste ajoute celle de la « petite » place de l’homme, dans l’univers du travail, et n’hésite pas à évoquer le voyage de Gulliver tant il lui a semblé lui-même se sentir tout petit face aux tâches très difficiles qu’effectuent certains ouvriers.

Mais également face à au gigantisme du territoire en transformation grâce aux infimes tâches répétées par les hommes.

D’ailleurs, il a rappelé la définition du mot travail : torture, tâche répétitive… mais Sukran Akinci a ajouté : « C’est par le travail qu’on transforme le monde ». Et en effet, selon François Bodart : « Ce sont les petits gestes qui changent le monde »

Cette exposition est un véritable hommage aux métiers invisibles mais aussi une réflexion sur la marche du monde, et surtout la manière de consommer des hommes. Quand on se déplace, quand on commande un article qui arrive le lendemain, il y a des hommes qui travaillent. Les images de François Bodart nous mettent à la hauteur de Rudi, Olivier, Christophe, Ibrahim, Damien… bateliers, manutentionnaires, chalumistes, peintres, soudeurs. Ces hommes qui sont passionnés par leur métier, ces hommes qui effectuent des gestes d’une précision infime dans le gigantisme du monde.

L’exposition s’adresse à tous les publics. Elle interroge nos représentations et notre imaginaire des métiers autour des voies d’eau et donne à voir ses évolutions. Elle est visible jusqu’au 30 juin 2021. LIEU : Nouvelle Forge/80 avenue Roland Moreno/59410 ANZIN

Jane Huvelle

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