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Coup de reins à la dialyse de proximité sur Saint-Amand-les-Eaux

Au fil des années, l’association ADH (Association pour le Développement de l’Hémodialyse) a tissé sa toile sur le Nord Pas-de-Calais et plus particulièrement dans le Valenciennois. Jeudi 09 septembre, un centre de dialyse sera inauguré sur la commune de Saint-Amand-les-Eaux, un site situé juste à coté du Centre Hospitalier de la cité thermale.

Jean-Paul Bouchet : « C’est un centre de dialyse pouvant accueillir 48 personnes maximum par semaine »

La maladie chronique, voilà un sujet un peu oublié dans le tumulte de cette pandémie, mais pourtant la dialyse proche de la patientèle constitue un défi incroyable pour la santé publique comme privée. En l’occurrence de quoi parle-t-on avec la dialyse ? La réponse est simple, mais le traitement terriblement lourd. En effet, lorsque vos reins ne jouent plus leur fonction vitale, vous devez subir une séance de dialyse où votre sang est purifiée des déchets et de l’eau (ou toxines) accumulés en excès dans le corps.

Jean-Paul Bouchet

Par suite, les personnes avec une obligation récurrente de soins en dialyse doivent se rendre en milieu hospitalier, recevoir ce soin à domicile ou profiter d’un Centre de dialyse de proximité comme celui ouvert à Saint-Amand-les-Eaux. Le Valenciennois est aujourd’hui bien doté en la matière.

Pour comprendre ce maillage, il faut mettre en exergue l’association ADH avec une mission de santé publique sur le Nord Pas-de-Calais. « Nous sommes en charge de la gestion des sites, mais la gestion médicale est assurée par les médecins du Centre Hospitalier de Valenciennes. C’est le corps médical qui nous a indiqué qu’il y avait un trou dans la raquette sur l’Amandinois et le Pays de Condé », explique Jean-Paul Bouchet, Directeur de l’ADH depuis 2010.

Depuis 1984, l’ADH s’est implantée dans le Hainaut à travers des centres de dialyse de proximité sur La Sentinelle, Bruay-sur-l’Escaut, Marly, Denain, et aujourd’hui Saint-Amand-les-Eaux. « Sur la localisation, Alain Bocquet, le maire, a fait part de sa volonté de positionner ce centre de dialyse à coté de l’hôpital public, et pas ailleurs. Il a raison, cela permet une offre de soins plus large pour les patients », commente le Directeur de l’ADH. Le coût de cette infrastructure médicale fut d’1,3 millions d’euros pour un temps de travaux de 10 mois environ.

Bien sûr, les patients les plus atteints avec un besoin quotidien d’une dialyse sous surveillance médicale sont affectés « au CHV. Sur les centres de dialyse de proximité, comme sur Saint-Amand-les-Eaux, nous sommes mixtes avec un accueil des patients dans notre unité de dialyse médicalisée avec la visite d’un médecin par semaine, mais également l’autodialyse avec la visite d’un médecin une fois par mois », commente Jean-Paul Bouchet.

12 lits sur le site de Saint-Amand-les-Eaux

Sur ce site, la proposition sanitaire à ce stade est de 12 lits, mais 14 générateurs en cas de défaillance. Cela concerne des patients dans l’obligation de subir 3 séances par semaine de 4H à 5H ou en unité d’autodialyse avec un patient partiellement autonome.

Pour démarrer cette nouvelle offre de soins couvrant l’Amandinois et le Pays de Condé, le site propose une ouverture « le lundi, mercredi, et vendredi. En effet,  compte tenu que le patient doit se dialyser 1 jour sur 2, le mardi, jeudi, et surtout le samedi ne sont pas très prisés. C’est un centre de dialyse pouvant accueillir 48 personnes maximum par semaine », commente Jean-Paul Bouchet.

« La dialyse à domicile est surtout destinée aux personnes âgées », Jean-Paul Bouchet

Pour l’ADH, la prise en compte de la dialyse à domicile est également un vecteur important de son développement. « Cette dialyse à domicile, dite péritonéale, est surtout destinée aux personnes âgées. Les doses sont moins fortes, mais avec une durée de douze heures. Par ailleurs, cela nécessite 600 kg de matériel, par quinzaine, pour un seul malade », commente le Directeur de l’ADH.

Depuis 2014, nous « avons eu + 20% de dialysés dont 67% de plus à domicile », poursuit Jean-Paul Bouchet. Cette hausse significative valide le choix de la proximité pour cette maladie chronique frappant durement notre département, mal nutrition, obésité, cancer, et bien sûr le vieillissement sont des causes récurrentes d’une dépendance à la dialyse.

Certains décideurs disent… compte le nombre de dialysés d’un territoire et tu sauras le niveau de précarité d’une population, d’un bassin de vie où d’évidence la proximité d’une offre de soins pour les maladies chroniques est fondamentale n’en déplaise au nouveau totem de la santé publique, le Groupement Hospitalier de Territoire.

Daniel Carlier

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