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Règlement de comptes dans l’opposition municipale sur Marly

Suite au retrait de Jérome Leman du Conseil municipal de Marly, mais également en lien étroit avec ses propos dans les médias locaux (Voix du Nord et Va-infos), les deux élues du Groupe d’opposition communiste à Marly ont souhaité répondre point par point tout en mettant sur la table un vieux contentieux concernant le compte financier de la dernière campagne municipale.

Marie-Thérèse Hourez : « Je ne suis pas dogmatique, mais très ouverte »

Concernant le retrait politique stricto sensu de Jérome Leman, Marie-Thérèse exprime sans détours sa façon de pensée. Clairement, les propos de l’ancien maire ne sont pas passés du tout. « Lorsque l’on s’engage dans une liste (et que vous siégez au Conseil municipal), on assume son rôle pour les Marlysiens, il faut travailler pour les gens. C’est ce que nous faisons chaque semaine. Ensuite, je ne suis pas dogmatique, mais très ouverte », explique l’ex première adjointe. Elle défend également l’idée que ce retrait politique vient de loin : « Depuis le premier Conseil municipal dans l’opposition, Jérome nous indiquait qu’il n’avait pas le temps, trop de travail… ».

Ensuite, pour remonter le temps, elle rappelle des moments humains douloureux, mais également politiques, très forts suite au décès de Fabien Thiémé. Très proche de l’ancien édile, Marie-Thérèse Hourez a été très marquée par le décès soudain de son compagnon de route politique. Comme 1ère adjointe, elle fut au plus près de la gouvernance en mode Fabien Thiémé, un champion de la proximité que même ses adversaires, bien au delà de Marly, reconnaissait avec envie.

Elle évoque la succession qu’elle n’a pas comprise sous le choc. « Fabien aurait signifié à sa famille que Jérome devait lui succéder. Néanmoins, je défends le principe qu’un maire n’a pas besoin d’être un grand technicien. Il impulse une politique ! ». On l’a compris, le profil plus technique de Jérome Leman avait été retenu à l’époque. Impossible de juger le bien fondé ou la mauvaise idée, mais il est clair que cette déclaration est d’une cruelle actualité nationale à l’heure où le profil technique de la Première ministre est décrié à plus d’un titre. C’est le retour de la Politique… !

Sur le commentaire soulignant le regret d’une affiche partagée « j’ai très peu apprécié cette remarque, alors qu’il est venue me dire pour cette campagne municipale, j’ai besoin de toi ! »

« Son étiquette politique pour les Départementales n’était pas claire », Virginie Melki

Chemin faisant dans l’opposition municipale de Marly, le deal initial était la présence de deux groupes d’opposition. Puis, un troisième groupe a émergé en 2022 suite à des différences de ligne politique avec Jérome Leman. « Cela n’avait rien à voir avec la concomitance des élections législatives », précise Virginie Melki.

Six mois avant, un bruissement politique avait circulé concernant une candidature éventuelle de Jérome Leman aux départementales en juin 2021. « Son étiquette politique pour les Départementales n’était d’ailleurs pas claire », commente Virginie Melki.

Dans l’opposition, mais en dehors du champs politique local existant, voilà toute la difficulté du positionnement de l’ancien maire, aujourd’hui carté auprès du Parti socialiste.

Pour autant, Marie-Thérèse Hourez est persuadée que Jérome Leman n’a pas dit son dernier mot sur la scène politique locale. « Jérome reviendra pour les prochaines municipales », conclut Marie-Thérèse Hourez.

« Je n’ai pas reçu (pour le PCF) le remboursement de l’Etat », Marie-Thérèse Hourez

En propos liminaire de ce contentieux, il faut planter un décor particulier. En effet, pour les candidats qualifiés au second tour, la campagne municipale 2020 a duré trois mois de plus, trois mois de loyers supplémentaires pour un local, des frais de campagne tous azimuts additionnels, impossible à anticiper… Ensuite, nous l’avons entendu très fort avec les échecs de Valérie Pécresse et Yannick Jadot à la Présidentielle, la tête de liste est responsable à titre personnel sur ses biens, pas le parti politique, ni les autres membres de la liste, c’est une dette personnelle très dissuasive pour se lancer dans une campagne électorale. Enfin, ce dossier sort au moment où Jérome Leman se retire du Conseil municipal inhérent à un éloignement marqué depuis quelques mois du Parti communiste local.

Sur ce sujet, les élus communistes locaux ravivent un contentieux sur un remboursement non perçu par le Parti communiste. « Pour cette élection municipale 2020, chaque partie prenante de cette liste abondait à hauteur de 5000€ le compte de campagne, le P.S 5000 €, Jerome Leman 5 000 euros, et le PCF suite à ma demande auprès du parti 5 000 euros également », commente Marie-Thérèse Hourez.

Ensuite, elle souffle sur les braises compte tenu que le « PCF n’a pas reçu sa part du remboursement de l’Etat sur les dépenses de campagne municipale (50% des frais de campagne pour les factures validées par les autorités compétentes), donc 2 500 € pour le PCF. J’ai demandé pourquoi à Jérome Leman. Sa réponse fut simple- tu n’as pas signé de convention avec moi- ». Ces accusations sont graves, c’est pourquoi Marie-Thérèse a fourni les éléments constitutifs de son courroux, mais comme tout, ils sont sujets à une interprétation sur laquelle Jérome Leman a répondu.

« Je n’ai pas fait un centime sur ce compte de campagne électoral », Jérome Leman

Interrogé sur ce litige, Jérome Leman répond sans concessions : « Comme tête de liste, j’ai payé l’intégralité des frais de campagne. Effectivement, le Parti Socialiste a avancé 5 000 euros tout comme le Parti Communiste 5 000 euros, et moi le reste. Le montant total des dépenses s’est élevé à hauteur de 24 000 €, plus des dépenses de tract de dernière minute (juin 2020) que j’ai payé de ma poche ». Factuellement, nous sommes bien au delà d’une somme de 5 000 euros engagée par la tête de liste Jérome Leman.

Le tableau des comptes de campagne est limpide sur les dépenses. « Au niveau des remboursements, l’Etat n’a crédité notre compte de campagne que de 13 000 € (environ). En clair, j’ai payé toutes les factures avec au final un déficit personnel de 1 300 € environ. Je n’ai pas fait un centime sur ce compte de campagne électoral. Personne ne me prendra en défaut sur mon honnêteté. Oui, nous avions une convention avec le P.S pour son remboursement pour la liste « Unis Pour Marly », mais pas avec le PCF dont la campagne avait commencé avec Fabien Thiémé (avec déjà des coûts engagés) », commente-t-il.

Il rajoute une pièce dans la machine « c’est très insultant pour moi. Ma (future) femme était la mandatrice, les comptes de campagne ont été présentés il y a plus de 9 mois. Personne n’a trouvé à y redire. Le compte de campagne final a été présenté au comptable (du PCF) choisi par Fabien Thiémé au tout début de la campagne municipale en 2019, pas de commentaires ».

En fin de course, le résumé est simple, toutes les factures ont été payées, avec la rallonge Covid, le PCF n’a pas obtenu un remboursement de 2 500 € en lien direct avec son avance financière, et Jérome Leman, à titre personnel, a également été en déficit par rapport aux sommes engagées (environ 1 300 €). L’ancien maire conclut « Marie-Thérèse était même à mon mariage et à la soirée le 28 août 2021… ».

Si quelqu’un en doutait, la fracture est consommée dans l’opposition Marlysienne… !

Daniel Carlier

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