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Les révolutions chez Rubika

Si d’aucuns pensaient que le monde pédagogique serait figé durant cette pandémie mondiale, Rubika démontre par les faits que les lignes bougent aussi à bas bruit. Modification du statut de Rubika, retour des noms qui ont fait la renommée mondiale de cet enseignement, reconnaissance par le Ministère de l’Enseignement supérieur, une mixité sociale porteuse d’innovation, etc., n’en jetez plus, chez Rubika cette rentrée 2022/2023 sera bouillonnante ou ne sera pas !

Supinfocom Rubika, Supinfogame Rubika, ISD Rubika, le retour aux sources

Nous avions rencontré Stéphane André, le Directeur général chez Rubika, fin avril 2020, peu avant le premier déconfinement (https://www.va-infos.fr/2020/04/24/rubika-a-lheure-du-covid-19/) avec cette image tronquée où l’incertitude sanitaire du moment paralyserait l’action sur le temps long. Que nenni, Rubika bâtit son avenir tel un compagnon taillant sa pierre avec lenteur, dextérité, et précision, c’est de l’art… numérique !

Evidemment, on ne peut zapper l’impact de plus de deux ans de contraintes sanitaires. « Pour les étudiants, le plus difficile ne fut pas le confinement. Tout le monde était à la même enseigne, comme un grand jeu collectif. Par contre, la succession des couvre-feux a porté sur le moral des étudiants. Rentrez-vous chez vous à 19H30, tous les bons cotés de la vie d’étudiant mis de coté. Néanmoins, chez Rubika, grâce à notre grand campus, nous avons pu assurer le maximum de cours en présentiel. Pour autant, sur 1 000 étudiants environ, nous avons habituellement une vingtaine d’abandon en cours d’année. Là, ce fut le double (entre 40 et 50), c’est un chiffre très significatif pour nous ».

« Nous sommes en association loi de 1901 », Stéphane André

La nouvelle fracassante est incontestablement le changement de statut de l’institution Rubika. Nous connaissions les écoles consulaires de la Chambre de Commerce du Valenciennois, puis la S.A Rubika, locataire de la Serre Numérique construite en 2014/2015 par la CCI, pour arriver au passage en « association en septembre 2021. Bien sur, la CCI Grand Hainaut assure la Présidence de cette association », indique Stéphane André.

Deux facteurs ont poussé l’actionnaire unique de la S.A Rubika (la CCI Grand Hainaut) à faire cette démarche sans retour. En effet, ce n’est un scoop pour personne, la formation initiale est de plus en plus remise en cause, pas rentable, pas assez ciblée sur les métiers, etc., avec en point de mire la vorace formation continue, souvent privatisée, pour la remplacer. « Il est très compliqué, voire presque impossible d’être rentable en formation initiale. A ce titre, nous étions approchés (dangereusement) par des fonds financiers. C’est pourquoi, afin de continuer à grandir, mais également de bien vieillir, nous avons décidé de passer sous le mode associatif. Aujourd’hui, nous sommes auto-financés. Nous n’avons pas de subventions extérieures », poursuit le Directeur de chez Rubika.

Ensuite, l’autre pan de cette révolution statutaire reposait sur la recherche d’une reconnaissance par le Ministère de l’Enseignement supérieur. « C’était aussi une condition sine qua non pour obtenir une reconnaissance par le Ministère de l’Enseignement supérieur, le volet S.A ne plaisait pas », ajoute Stéphane André.

Concrètement, il existe trois niveaux de reconnaissances diplômantes, le certificat validé par une école (sans niveau national), le RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) comme Rubika jusqu’en 2021/2022, et celui du diplôme visé (par l’Etat) reconnu par le Ministère de l’enseignement supérieur. « Nous avons obtenu cette reconnaissance du diplôme visé pour la filière Animation en décembre 2021, et nous espérons durant le cours de l’année pour les filières Game et Design. C’est une grande évolution pour Rubika avec une expertise sur site par les équipes du Ministère de l’Enseignement supérieur, c’est très très sérieux », commente le pilote de chez Rubika comprenant 250 intervenants, dont 40 permanents, 1 000 étudiants à Valenciennes et 300 à l’étranger répartis entre Pune (inde), Nairobi (Kenya), Montréal (Canada) et depuis septembre 2022 au Vietnam dans 3 villes (Ho Chi Minh-Ville, Da Nang, et Hanoï).

Chemin faisant, cette nouvelle peau statutaire permet de nourrir des projets ambitieux comme celui de répondre au dispositif national « France 2030 ». « Nous travaillons avec l’Université Polytechnique Hauts de France, Valenciennes Métropole et j’espère Arenberg Créative Mine afin de déposer avant le 31 octobre 2022 un dossier France 2030. C’est l’occasion de dialoguer avec des structures du territoire avec qui nous n’échangeons pas habituellement », conclut-il sur cet item.

« Nous revenons aux anciens noms des écoles consulaires », Stéphane André

Ensuite, l’autre changement de taille est le retour d’une identité planétaire dans l’univers de l’animation. En effet, l’école Supinfocom a trusté les prix et les podiums prestigieux sous ce nom. De Los Angeles à Vancouver en passant par l’Europe, l’Asie si avancée sur le numérique, le nom de Supinfocom a rayonné au delà des pays et des océans. « Nous revenons aux anciens noms des écoles consulaires, Supinfocom en ajoutant Rubika, donc Supinfocom Rubika, SupinfoGame Rubika, et ISD Rubika ». C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe… dit l’adage.

« Plus nous avons de diversité, plus nous avons d’innovations », Stéphane André

La crise sanitaire a clairement paupérisé les foyers français, un nivellement des ressources très concret pour Rubika. « Nous avons multiplié par 5 les boursiers concernant les familles vulnérables. C’est très important de pouvoir aider ces jeunes partant avec un handicap financier », indique-t-il. Attention, nous ne parlons pas de 5 fois plus de boursiers (environ deux fois plus in fine), mais d’une catégorie de familles bénéficiaires.

Ensuite, chemin faisant l’équipe pédagogique a noté que le brassage social était très porteuse. « Nous remarquons que plus nous avons de diversité, plus nous avons d’innovations. Au final, il y a plus de créations dans des classes avec une grande mixité sociale », explique Stéphane André.

A ce titre, il est bon de souligner l’émergence d’une Fondation Rubika dont l’objet est de couvrir les frais de scolarité des futurs étudiants in situ. « Actuellement, nous avons récolté 40 000 à 50 000 € en 2022 et chaque euro donné est fléché à la couverture des frais de scolarité. Nous ne prenons aucun frais de fonctionnement », pointe Stéphane André.

Le point par filière chez Rubika

Pour l’animation chez Supinfocom Rubika, les secteurs 3D « globalement le cinéma sont enseignés à Valenciennes et à Montréal. Par contre, la 2D, la série TV même si cela est réducteur, est proposé uniquement à Valenciennes ».

Bien sûr, la réputation de l’enseignement valenciennois passe par son adaptabilité aux besoins des professionnels en sortie de cursus. « 15 à 20% du contenu pédagogique évolue chaque année afin de répondre aux demandes. Cette année, nous lançons une pédagogie sur l’animation en temps réel ».

Comme chaque année, la filière 3D va participer à des concours planétaires pléthoriques, mais « on note une multiplicité des compétitions en la matière. On s’attache exclusivement à participer aux manifestations les plus scrutées par le secteur ».

Pour la filière jeux vidéo, elle ne s’est pas reposée non plus durant la pandémie. En effet, le Game a fait également parler de lui avec le prix « du Meilleur jeu étudiant au monde remis à San Francisco, le Game Developers Conference . Il est surnommé le GDC par les Gamers », précise Stéphane André. Supinfogame sera sans doute encore à la pointe de cette année post Covid.

Enfin, la filière Design comprend une 4ème variante, le UX (User Expérience) depuis 18 mois en sus du Design produit, Design transport, Design numérique. « Dès cette année, on teste le dispositif Path Way, les sections Design peuvent passer leur 1er semestre de deuxième année au Canada. Nous avons consulté les étudiants et 85% d’entre eux ont répondu favorablement. Les moins positifs sont ceux de la filière Transport, car le Valenciennois est plus porteur d’emplois que le Canada où le secteur est tourné vers le public uniquement », explique Stéphane André. Le retour du patronyme ISD Rubika n’est pas anodin pour les futurs récipiendaires, les anciens diplômés le savent parfaitement.

Voilà un panorama de l’atmosphère Rubika  avant la rentrée de la semaine prochaine, pas celle d’un jour sans fin, mais celle d’un jour niveau.

Daniel Carlier

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