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Pascal Détrivière : « L’accessibilité n’est pas une dépense, mais un investissement ! »

Dans la lignée de l’annonce d’une charte d’accessibilité universelle en mai dernier, l’ambition est grande pour cette feuille de route d’une accessibilité pour toutes et tous. Pour autant, ce déploiement, d’une importance cruciale pour les P.M.R, n’est pas simple ou pas prioritaire dans l’agenda politique du moment. L’association E.L.A passe donc à l’offensive, car le handicap ne peut plus être le dossier dont on s’occupe… après tous les autres ; entretien avec Karim Bennaï, le Président de l’association E.L.A, Pascal Détrivière, le secrétaire, et Laurence Pollet, secrétaire adjointe et chargée de mission accessibilité.

La solidarité territoriale…

Nous avions noté, dans l’article précédent, la mise en oeuvre de cette CAU à travers trois villes pilotes dans la région Hauts de France, Orchies, Cuincy, Saint-Saulve et bientôt une quatrième dans la région, Raismes. Pour autant, le souhait de l’association E.L.A est une déclinaison territoriale assez rapide, car le souci de la dynamique est essentiel.

Pour mémoire, rappelons que la loi de février 2005, portée par l’ancien Président Jacques Chirac, donnait 10 ans aux sites d’accueil, bâtiment public, entreprises, commerces… afin de se conformer aux critères de l’accessibilité pour tous les types de handicap. Force est de constater qu’au dernier trimestre 2014, le compte n’y était pas du tout, car tout autre dépense était plus urgente que l’accès des PMR.

20 ans plus tard, ce petit sketch va-t-il durer encore sur l’autel des urgences et des ambitions politiques ? On se pose la question ! « Nous voyons un effet territorial sur Orchies, Cuincy, nous espérons la même chose sur Raismes avec La Porte du Hainaut. Par contre, sur Valenciennes Métropole, la situation est compliquée. Nous avons écrit à Pierre Griner, en charge de la CIA (Commission Intercommunale d’Accessibilité), mais nous n’avons aucun retour ! », ajoute  Pascal Détrivière.

Avec un pas de côté, les conseillers régionaux comme départementaux vous glissent en coulisses  qu’aucun dossier « ne peut être examiné pour Valenciennes Métropole compte tenu de la situation politique (Affaire Degallaix). » Tout le monde attend, mais comme la nature a horreur du vide, outre la MEL, le Douaisis et le Dunkerquois engrangent les projets pendant que le Valenciennois est atone, une prise d’otages (légale) de l’investissement public. Si vous y ajoutez les ambitions pour les prochaines législatives, plus rien ne compte ici bas. Le prochain conseil communautaire de Valenciennes Métropole se déroulera le mardi 13 octobre, on peut toujours rêver sur la mise en place de la prochaine commission CIA… !

« L’inclusion en amont d’un projet permet d’éviter une double dépense », Laurence Pollet

Bien sûr, l’adaptabilité évolue aussi avec les changements urbains, les modes de transport, l’impact climatique et plus encore aujourd’hui sa résonance économique et sociale. C’est pourquoi, cette Charte d’Accessibilité Universelle doit être pragmatique et adaptable. Toutefois, une règle d’or devrait figurer sur la porte d’un service urbain : « L’inclusion en amont d’un projet permet d’éviter une double dépense. Quel est le coût de l’inaction ? », commente Laurence Pollet.

« Nous souhaitons une approche opérationnelle progressive en s’appuyant sur les compétences locales. L’accessibilité n’est pas une dépense, mais un investissement ! », précise Pascal Détrivière. En effet, la nouvelle génération de techniciens publics est parfaitement formée sur les obligations liées au respect des normes environnementales tout comme de l’accessibilité. De fait, les collectivités locales recrutent mécaniquement ces compétences plus sensibilisées à cette nouvelle approche globale ; la fameuse réflexion transversale de l’accessibilité partant de l’usager à son environnement urbain en passant par sa mobilité dans cet espace.

L’atout jeunesse et une BD sur l’accessibilité

Parmi les projets de communication afin de propager les bonnes pratiques vers le plus grand nombre, la jeunesse est incontestablement l’espoir d’un nouveau regard, plus inclusif, voire tout simplement sans regard différencié sur le handicap. « Nous voulons porter dans le milieu scolaire et périscolaire cette Charte d’Accessibilité Universelle. On prend conscience que la jeunesse doit s’emparer de ce sujet », précise Laurence Pollet.

Dans cette optique et afin de mieux communiquer avec les plus jeunes, un projet de Bande Dessinée (avec l’intégralité du texte de la CAU) est dans les tuyaux (visuel d’une planche d’essai ci-dessous).

Daniel Carlier

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