(CGT) Emile Vandeville : « Le bon moment grâce à une bonne équipe »
Parmi les événements sociaux de ce début d’année scolaire, un temps fort était important à travers le passage de témoin au sein de l’Union Locale des Syndicats CGT Valenciennes, regroupant 24 communes du territoire, entre le Secrétaire général depuis 10 ans et son successeur. En effet, au cours du Congrès du lundi 05 octobre 2026 sur la collectivité locale d’Aulnoy-lez-Valenciennes, un vote a eu lieu afin de désigner un nouveau Secrétaire général, en l’occurrence David Guillet, prenant la suite d’Emile Vandeville. Entretien avec ce passeur de témoin, cette figure de ce syndicat historique de la lutte sociale, car Emile.V a marqué de son empreinte un rapport social à la fois pugnace, très déterminé, et convivial dans les rapports humains.

Emile Vandeville : « On a pris cher avec dix ans de Macronie ! »
Militant de ce syndicat dès 1984, il est toujours difficile de choisir de plein gré son stop. « Le Congrès (tous les 3 ans) s’est très bien passé. C’est le bon moment grâce à une bonne équipe autour de moi. D’ailleurs, on pense aux syndicats uniquement pendant les manifestations, mais notre mission se déroule toute l’année, la formation, l’aide à l’organisation dans de nouvelles sections, l’accompagnement des salariés en souffrance. Ici, ce sont des locaux ouverts et un lieu de vie », déclare Emile Vandeville. Il rappelle au passage les ennuis sur les locaux historiques de la CGT avec la municipalité de Valenciennes. « C’était très compliqué avec Laurent Degallaix, mais nous avons trouvé un accord. »
Ensuite, il est essentiel de comprendre le fonctionnement de ce syndicat, la hiérarchie part de la base, elle est ascendante. « Chaque section CGT est indépendante, je n’avais aucun pouvoir au sein d’une section dans une entreprise, une filière… Par contre, ce sont des sections qui votent pour l’élection des responsables d’une Union Locale », commente-t-il.
Ensuite, l’arrivée, pour la première fois dans l’histoire de ce syndicat, d’une femme à la tête de la CGT a remué l’institution et certaines résistances : « Je suis plutôt en phase avec Sophie Binet ! »
Un développement de la CGT
L’image d’Epinal serait de croire que la CGT n’existe que chez les grandes signatures industrielles. Non, la capacité de ce syndicat a tendre la main à toutes les catégories de travailleuses et travailleurs est avérée : « Maintenant, nous avons beaucoup de syndiqués dans le service comme les commerces, et notamment l’aide à domicile », précise-t-il. On se souvient du soutien de la CGT Valenciennes aux salariés de l’entreprise O’Net, d’une émission télévisuelle décapante, des manifestations auprès des services d’aide à domicile, sans oublier les grands combats contre la réforme des retraites avec une masse de manifestants rarement atteinte au XXIème siècle.
Il dresse un constat sans appel de ses 10 ans, quasi en lien avec l’émergence d’Emmanuel Macron : « On a pris cher avec dix ans de Macronie ! Il faut bien prendre conscience des difficultés des travailleurs. Cela représente un coût de faire grève, nous devons nous adapter à cette réalité. » Ce syndicat évolue également avec l’accompagnement de la 1ère « Marche des Fiertés » à Valenciennes
« Le Rassemblement National est l’ennemi des travailleurs », Emile Vandeville
Durant ces 10 années à la tête de l’Union Locale CGT Valenciennes, le Secrétaire général a traversé des crises, des combats, parfois inédits, autour d’une lutte pour le maintien des acquis sociaux dont la tendance lourde est plutôt un grignotage de ces derniers. Pour autant, un dénominateur commun demeure chevillé au corps : « Le Rassemblement National est l’ennemi des travailleurs et ils s’attaqueront directement aux syndicats si ce parti arrive au pouvoir. »
Heureusement, Emile Vandeville ne quitte pas la CGT : « Je reste dans le Bureau exécutif à la demande des camarades. J’animerai des interventions sur l’Education populaire ! »
Daniel Carlier




















