A quelques encablures du 1er tour de cette échéance municipale, la 2ème commune la plus importante du Hainaut, Denain, s’apprête à voter avec la même incertitude que partout ailleurs sur le comportement des électrices et des électeurs locaux. Anne-Lise Dufour, la maire sortante, propose la poursuite de son programme majuscule de rénovation urbaine, mais également des nouveaux projets sur de nombreux items. Au global sur cette collectivité locale meurtrie par son histoire industrielle, mais en résilience avancée, on peut parler sans galvauder l’expression de mutation urbaine totale d’un centre ville déjà à vivre et de tous ses quartiers en 15 ans, la puissance publique à l’oeuvre, impressionnant… !

Anne-Lise Dufour : « Ce n’est pas plié du tout, j’invite toutes les électrices et tous les électeurs à se mobiliser dès le dimanche 15 mars ! »
Evidemment, le contexte sur cette collectivité locale est particulier. Evoqué à travers un sujet sur la candidature du Sénateur Hochart, la dimension de la politique nationale travers l’esprit lorsque « vous constatez une liste démocrate sociale et trois listes d’extrême, La France Insoumise et Lutte ouvrière (classées par la Sous-Préfecture de Valenciennes Extrême gauche) et le Rassemblement National (classée par la Sous-Préfecture de Valenciennes Extrême droite) », commente la maire/candidate.
Elle avoue que le choix pour l’électeur ne souhaitant pas voter pour les extrêmes « est assez restreint. » Elle pointe aussi avec inquiétude « le climat de violence autour de ces élections municipales en France. »
Pour répondre à ce paysage particulier, Anne-Lise Dufour (classée Parti socialiste) a construit une équipe, un bloc central à cette image : « Il y a des personnes cartées à gauche, P.S, PCF, Les Ecologistes, mas aussi des membres Les Républicains, du centre… et des non cartés aussi. » Il y 50% de renouvellement (liste 37 + 2) sur cette liste de proximité : « J’ai reçu plus de 150 candidatures spontanées et j’ai rencontré individuellement chaque personne. Je souhaitais aussi du sang neuf, un renouvellement important de 18 à 76 ans. » Une façon de montrer que le challenge d’un renouveau de l’exercice municipal n’est pas seulement réservé à l’opposition, mais le changement peut venir également de l’intérieur.
Enfin, elle insiste avec force sur un besoin de mobilisation dès le dimanche 15 mars. Surtout, elle ne préempte pas du tout cette élection de proximité. « Ce n’est pas plié du tout, j’invite toutes les électrices et tous les électeurs à se mobiliser dès le 1er tour le 15 mars prochain ! Je ne fais aucune projection, ni de politique fiction. » Elle reconnaît sans faux-fuyant que cette commune vote massivement pour le RN « à l’élection présidentielle, aux Législatives, mais j’ai gagné en mars 2020 au 1er tour contre 5 listes, dont plusieurs de la gauche modérée (Yvon Riancho, Le Docteur Hebbar) et avec plus de 50% de participation. »
Plus globalement sur les listes d’opposition à ce stade, elle observe et a pris connaissance « des 51 pages réalisées par l’IA du projet de La France Insoumise. Ensuite, le Rassemblement National n’a aucune idée locale mis à part la sécurité. Sur la propreté, je ne vois pas comment elle va permettre le télétravail et faire travailler 7jours/7 les agents pour la propreté. Pour autant, il y a des agents le week-end, mais moins que durant la semaine ! »
La concrétisation des « coups partis »
Quand on évoque Denain depuis 15 ans et l’arrivée de l’ANRU 1 sur le quartier du Faubourg du Chateau sous la houlette du regretté Patrick Roy, l’image d’une ville transformée marque les esprits. A ce stade, la création d’un centre ville qui n’existait pas tout simplement, sauf la fameuse statue du Maréchal Villars, grâce à l’ANRU 2 (ou Nouveau Plan de Rénovation Urbaine) est à disposition des habitants. La piétonnisation d’un espace urbain entre l’hôtel de ville, le nouveau site de restauration, et les autres commerces transforme ce centre-ville avec un véritable parti pris paysager. Les beaux jours vont accélérer l’appropriation par les usagers de ce nouvel espace au coeur de la ville.
Bien sûr, le job n’est pas fini du tout. En effet, le quartier du Nouveau Monde va connaître une profonde transformation urbaine, notamment les îlots Basly et Moura. « Des logements au nombre de 120, une crèche et l’école Condorcet sont programmés dans les prochaines années », explique la maire/candidate.
Plus proche du centre-ville, la fameuse Place Wilson a réservé ses surprises. La DRAC Hauts de France a révélé des vestiges en excellent état. Outre un travail sur ces derniers « visible pour les Denaisiens, nous avons choisi de reconstruire l’école Zola sur son emprise actuelle plus celle de Victor Hugo pour plus de 300 enfants. »
Dans la suite de cette transformation du coeur de ville, la Place Gambetta déjà révisitée doit aussi se transformer sur ses abords très dégradés. En effet, la rue de Villars, les habitations autour de la Place, les commerces et rue attenantes seront rénovées complètement.
Enfin, pour les coups partis, l’école Georges Sand avec 3/4 de d’extension et 1/4 de rénovation, proche Place Gambetta, sera prise en charge par la commune sur son autofinancement, mais « la crèche associée est encore incluse dans l’ANRU 2 ».
Evidemment, l’administré peut se demander si tout est financé ! « J’engage des projets lorsque tout est financé (notifié par les partenaires). Je prends beaucoup de précautions avec nos finances. » Evidemment, pour arriver à un tel résultat, il faut aller frapper aux portes et obtenir un partenariat maximal. C’est le cas pour ces coups partis de l’ANRU 2 à hauteur de 160 millions d’euros, impossible sans ces partenariats. « Tout est signé et financé », donc pas de remise en cause pour toute réduction de la dette publique. Pour le coup, c’est l’avantage de la continuité de l’Etat, voire de l’Etat profond, où lorsque la machine est lancée… !
Dans ce cadre, Anne-Lise Dufour précise « qu’il reste encore des fonds à récupérer (sur l’ANRU 2). Certaines communes n’ont pas pu présenter un projet complet même si leur dossier avait été retenu (donc virtuellement budgété). Je vais donc aller réclamer d’autres financements pour diminuer notre reste à charge. » Oui, le financement public d’une collectivité locale, c’est un peu la jungle aujourd’hui. Les survivants sont les plus malins, pas de scrupules en la matière… !
Les autres projets !
Bien sûr, toutes les listes ont repéré le futur déménagement du Centre Hospitalier de Denain. « C’est validé par le Ministère de la Santé ! Bien sûr, il faut que le Ministère de la Santé flèche 200 millions d’euros sur ce projet. J’espère pouvoir annoncer (si réélection) une bonne nouvelle dès le mois d’avril ! », commente l’édile sortante.
Dans la suite logique, l’emprise du futur ancien hôpital attire toutes les convoitises. « Notre équipe souhaite l’implantation d’une résidence pour personnes âgées autonomes. Ensuite, il y a un autre foncier disponible, l’ancienne piscine où nous travaillons sur des projets. »
La sécurité passe par une présence policière, nationale ou municipale, visible dans la cité. Tout d’abord, elle souligne « une fakenews du Rassemblement National. Nous avons actuellement 10 membres actifs au sein de la Police Municipale, plus deux partis et donc deux nouveaux en cours de recrutement, plus 8 ASVP. Comme en 2020, cela fait 20 agents au total ! »
Ensuite, elle constate la dégradation du commissariat de la Police Nationale. « Certes, un nouveau projet est validé, mais le Ministère de l’Intérieur est tellement lent que nous ne verrions pas une réalisation avant 50 ans. C’est pourquoi, nous allons imiter la ville de Valenciennes. Nous avons un foncier disponible où un promoteur pourrait construire un nouveau commissariat pour la Police Nationale et un nouveau site pour la Police Municipale et louer le tout à l’Etat. Cette idée a déjà été validée par le Ministère… ! »
Sur ce volet sécuritaire, la candidate envisage une initiative originale : « Nous proposerons un soutien financier, avec un plafond maximum de 500 euros, à l’installation d’une alarme et/ou d’une vidéo protection, pour un particulier comme un professionnel ! C’est financé au budget (si élection). »
Le sport, la culture et l’événementiel ne sont pas oubliés avec un projet d’une ARENA. « Pour assister à un grand concert, il n’existe rien sur le Valenciennois et le Cambrésis, vous devez vous rendre sur Douai ! » Dans cette optique, une salle entre 5 000 et 6 000 personnes afin d’accueillir des artistes et des grands spectacles pourrait asseoir « Denain comme ville de centralité et la faire rayonner ! »
Le Développement Economique
Evidemment, cette compétence est dévolue à l’agglo, La Porte du Hainaut, où Anne-Lise Dufour occupe la fonction de vice-présidente au Développement économique. L’entreprise Lesaffre a obtenu son autorisation de production de l’Agence Européenne du Médicament pour cette fin d’année 2026. Ensuite, au bout de la zone de la friche Usinor, l’enseigne de qualité Picard devait s’installer ; plus proche du site M.Bricolage, un bowling est prévu avec une 1ère pierre très proche, un escape game, un nouveau restaurant, mais également des terrains de Padel (6), un terrain de futsal, et un espace Caval Kid. « C’est un tout pour les parents et les enfants et plus globalement la reconquête totale de cette ancienne friche d’Usinor », conclut Anne-Lise Dufour.
Le social
L’aide sociale est concomitante à la politique locale compte tenu du profil de sa population. « Nous maintenons tous nos services avec l’ajout d’un guichet unique afin de faciliter et d’identifier les personnes seules, familles, ne sollicitant pas les aides potentielles », explique-t-elle. En effet, très spécifique à la mentalité du Nord, certains bénéficiaires s’enfoncent dans la précarité sans chercher à bénéficier d’un soutien publique, on se replie, on s’isole ! Il faut impérativement rompre cette chaîne infernale. Il n’y a pas de budget en plus, mais un service social utilisé !
Enfin, le bien être animal n’est pas oublié avec une réponse à la demande des administrés : « Nous projetons un crématorium animalier, voire un lieu de mémoire pour tous les animaux. »
Etouffer l’opposition avec un programme XXL concret, très réaliste et très local, c’est le choix de la maire sortante et candidate pour un prochain mandat afin de flécher les bulletins de vote vers une expression locale des intérêts des administrés. C’est la meilleure option face à une nationalisation de ce scrutin !
Liste portée par Anne-Lise Dufour :
Daniel Carlier





















