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François Ruffin, le facteur « X » de la gauche à Valenciennes ce mercredi 20 mai

Si la campagne présidentielle est encore à ses balbutiements, les candidatures commencent à se multiplier au sein du paysage politique français. A ce stade, elles sont si nombreuses que deux équipes de rugby sont possibles sans dégager une seule personnalité rassembleuse. Le sujet n’est pas de dire que c’était mieux avant, plus compétents, plus sages, etc., non ce discours est rempli d’obsolescence programmée. En fait, le défaut est l’incarnation à ce stade, tout simplement indigente, du jamais vu depuis le début de 5ème république. On n’a même pas envie de voter par défaut… ! Dans ce dédale politique, la gauche trace un chemin tortueux où plusieurs candidatures sont déjà sur la table. Parmi elles, François Ruffin est un ancien journaliste très engagé hier, devenu député depuis 2017. Ce dernier passera par Valenciennes, mercredi 20 mai, afin de présenter son message « République cherche candidat » comme un entretien d’embauche, Place du Commerce en fin d’après-midi à Valenciennes. Un moment singulier que l’on aime ou que l’on déteste cette figure politique.

(François Ruffin au Théâtre des 3 Chênes Le Quesnoy en 2024)

Le chemin vers la présidentielle sera d’une complexité majeure dans toutes les formations politiques. L’extrême droite attend fébrilement le délibéré pour Marine Le Pen (le 07 juillet), mais dans tous les cas de figure, deux visions politiques s’affrontent. Jordan Bardella, atout jeunesse pro business, plus dans une incarnation droite libérale et catholique, Marion Marechal compatible ; de l’autre Marine Le Pen promeut son appétence sociale ni de droite ni de gauche avec toujours cette haine du curé collant aux basques de la Présidente du Groupe parlementaire du Rassemblement National. Bien sûr, la force d’attractivité de ce parti politique, à laquelle n’a pas résisté Eric Ciotti, sera un paramètre essentielle durant cette prochaine campagne présidentielle frictionnelle comme jamais.

A droite, à chaque mois un candidat, l’automne marquera l’atterrissage de cette division des « égos ». Entre la candidature à contre temps, l’union des droites, un matelas du parti présidentiel, rien ne se dégage, rien n’est transcendant ! Les ambitions personnelles sont pléthoriques dans cette droite républicaine à un tournant de son histoire politique.

A gauche, la tentative d’une primaire pour désigner le meilleur d’entrer eux, le 11 octobre 2026, se dessine difficilement. Jean-Luc Mélenchon, 75 ans en 2027, veut incarner une France moderne tournée vers l’avenir. De la même manière, il est capable d’une géniale originalité, l’hologramme en 2017, comme d’une sénilité politique en comparant 2027 à l’échéance 2002 contre Jean-Marie Le Le Pen. Où était-il depuis 24 ans ? Raphaël Glucksmann serait déjà sur son propre agenda à la recherche d’un électorat de gauche, parfois un peu trop perché, pour fédérer 50% et une voix des français. Enfin, François Ruffin, promeut cette fameuse primaire, mais il observe qu’elle est de plus en plus bousculée. « Dans ce cas, j’y vais. Pour l’instant, il y a Jean-Luc Mélenchon et moi. »

La signature du documentaliste…

Dans cette optique, François Ruffin lance sa tournée présidentielle avec une accroche peu ordinaire. « République cherche candidat », on sent la signature de l’auteur de documentaires ; « Merci Patron »  sa création originale avec 500 000 entrées, en 2017, récompensé d’un César, puis « Au boulot » avec une projection sur Le Quesnoy à l’automne 2024. Pour initier cette campagne présidentielle, il lance également une Bande Dessinée, « Picardie Splendor », un contre-pied aux livres politiques dont les librairies sont abreuvées.

Il met en lumière son souhait de faire « France ensemble, celle de ne pas opposer la France des tours et la France des bourgs ». Il clame sans fard l’expression « je suis patriote » et qu’il sera un opposant irréductible du Rassemblement National promoteur d’un « déchirement national », selon le député picard.

Quoi qu’il en soit, une différence marque déjà sa candidature. Il n’a pas toujours été un politique. Contrairement à Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, il a déjà vu une feuille de salaire en dehors d’une rémunération 100% politique.

Pourquoi Valenciennes, François Ruffin nous l’expliquera mercredi prochain, car son mouvement politique « Debout », lancé en juin 2025, veut planter un drapeau différent d’une gauche rassembleuse, un défi pour cette homme politique de 50 ans.

Daniel Carlier

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