Plusieurs débats très intenses au sein du Conseil communautaire de Valenciennes Métropole (2/2)
81 délibérations, mais plus que ce nombre, c’est le poids des thématiques abordées avec tout d’abord un passage en revue de quasi tous les dossiers en cours, initiés durant le mandat 2020/2026, concernant l’aménagement urbain sur ce territoire. Ensuite, vous avez eu des échanges soutenus sur l’habitat, la gratuité des transports publics, le développement économique et l’écologie, en fil rouge une polémique avec la maire de la commune de Préseau, voire des question orales piquantes. On sent un souffle nouveau au sein de cette intercommunalité qui, comme les autres, doit prendre la hauteur et la gravité du moment.
Le développement économique
Sous le dernier mandat, la commune d’Onnaing a connu un développement de sa zone industrielle, le fameux PAVE 2, laissant en 2026 le foncier disponible sur Valenciennes Métropole assez réduit… ! Sur ce nouvel exercice 2026/2032, la zone des Dix Muids sur Marly connaît par vase communicant un regain d’intérêt. Dans cette optique, Valenciennes Métropole fait l’acquisition d’une parcelle de 172 473 M2 à la foncière en charge de l’immobilier pour le Groupe Auchan. L’opération financière s’élève à 3,1 millions d’euros. Une autre parcelle, sur Quiévrechain, est acquise par la CAVM de 3 318 M2 pour un montant de 115 000 euros.
Concernant ces acquisitions, Quentin Omont réagit très vivement : « Je désapprouve complètement cette démarche complètement hors sol, c’est de l’aménagement spéculatif. C’est un vieux crédo du siècle passé ! Avez-vous oublié la canicule de l’été dernier et ses conséquences ? En l’état, vous préemptez 17 hectares de terres agricoles et 2 hectares de bois. »
En charge de cette délibération, Jean-Noël Verfaillie réagit dans la foulée : « Si la création de richesse et des emplois sur notre territoire est de l’aménagement spéculatif, oui ! Aujourd’hui, nous avons très peu de foncier disponible sauf sur la zone des Dix Muids. De plus, ce projet est à caractère écologique fort avec, notamment, un parc de panneaux photovoltaïques pour l’éclairage public. »
Enfin, Régis Dufour Lefort, en charge de la transition écologique, comprend « l’émotion, mais pas la raison. Nous avons engagé une véritable réflexion écologique sur cette Z.I et particulièrement sur la mobilité. »
Le service ADS en question !
La création du service ADS (Application du Droit des Sols) est une conséquence de la loi NOTRe concernant le transfert du Plan Local d’Urbanisme transféré aux EPCI à travers un PLUI, le mode interco de l’urbanisme. Certes, la signature finale revient toujours au maire qui de fait engage sa responsabilité pénale, mais la cohérence globale revient à l’agglo qui concrètement tient le stylo. On peut être vent debout contre cette réforme. Tout à fait, mais la loi s’applique de plein droit. Par suite, les collectivités locales ne peuvent décider de tout, en matière d’urbanisme, seule et contre tous. Bref, nous sommes au XXIème siècle et le XXème s’est achevé depuis 26 ans… !
En l’espèce, sur la CAVM, ce service ADS existe depuis le 01 janvier 2015. 30 communes bénéficient de ce service payant de l’EPCI pour l’instruction des dossiers d’urbanisme. Seules les communes plus imposantes comme Valenciennes, Marly, Saint-saulve, et Vieux-Condé poursuivent leur instruction, sans obligation pour autant, grâce à une équipe dédiée.
Dans ce contexte intervient une polémique avec la collectivité locale de Préseau. En effet, la maire de Préseau, réélue en mars 2026 pour son deuxième mandat, s’agace publiquement de son éviction du service ADS pour un non respect, présumé, d’une convention cadre entre les deux parties. « Depuis quand une agglo s’érige en tribunal. Un maire n’est pas seulement un tampon encreur. Ce dernier a une connaissance plus fine du terrain et notamment sur Préseau des risques d’inondations », s’exclame Sandrine François-Lagny.
La nouvelle vice-présidente, Sandrine Gombert, en charge de l’habitat, répond tout de go : « Vous êtes la seule collectivité locale qui n’a pas voulu me recevoir. C’était peut-être le moment de s’expliquer. Ensuite, une convention engage les deux parties ! Toutefois, les portes ne sont pas fermées. »
Après quelques échanges de courriers entre les collectivités publiques et un débat assez houleux dans l’hémicycle communautaire, Pierre Michel Bernard indique qu’un rendez-vous commun avec le Sous-Préfet de Valenciennes, le 05 novembre prochain, « pourrait nous permettre de trouver des solutions. »
L’aménagement urbain
Sur le volet aménagements urbain, Karim Gana, en charge de l’aménagement urbain, a passé un nombre impressionnant de délibérations, un peu une revue de tout le mandat précédent, sur ce volet.
Toutefois, un aménagement financier important est à mettre en lumière sur le financement d’un projet, le nerf de la guerre in fine. « Afin de soutenir les communes de moins de 5 000 habitants, la CAVM prendra à sa charge, moins les subventions, 80% du montant du projet avec un reste à charge de 20% à la commune », précise le vice-président. Pour les communes de plus de 5 000 habitants, la ventilation demeure à un partage 50/50 du coût de l’opération urbaine.
Parmi la kyrielle de délibérations, le retour de la Place du Canada n’a pas manqué son effet. Concrètement, cet espace foncier était fléché, dès 2021, comme les autres d’intérêt communautaire et cette délibération raccroche les rues connexes à cette artère. Une décision logique tant ce rond point est dépassé dans l’accompagnement du flux de voitures en occultant la diversité des mobilités en 2026, bref tout est à revoir !
Néanmoins, Quentin Omont, élu de l’opposition de la ville-centre, fustige le vice-président sur la forme : « Nous avons réclamé un accès aux documents et n’avons jamais rien obtenu. C’est un véritable scandale démocratique. » Très remonté à l’endroit du maire de Valenciennes sur la gestion et le porter à connaissance des oppositions locales, Quentin Omont conclut son propos : « Sa conduite des dossiers sur ce mandat est encore pire que durant le précédent ! »
Évidemment, Karim Gana répond sans attendre : « Nous ne sommes pas prêts. Nous présenterons le projet aux usagers, pour une concertation, comme d’habitude. A ce stade, la priorité est l’engagement des travaux sur le Faubourg de Cambrai avant ceux de la Place du Canada. »
Centre-Bourg
Là également, plusieurs délibérations sont présentées dont un projet de financement d’une étude sur la requalification du centre-pour de Préseau avec un échange vif sur ce dossier. A priori, la collectivité locale n’aurait pas respecté les engagements initiaux d’un protocole existant. « Vous m’envoyez un nouveau protocole sans m’apporter les preuves que vous avez cherché des subventions pour mon dossier. Par ailleurs, vous avez bloqué le versement du dispositif FSIC et nous avons du réaliser notre projet sur nos fonds propres. C’est un moyen de pression. Où est l’éthique d’une gouvernance intercommunale ? » Sur ce point, le précédent marlysien du boulevard éponyme du regretté maire de Marly contre le projet Golf, en cale sèche depuis, laisse à jamais un sens certain à l’éthique communautaire… !
Comme précédemment, Pierre-Michel Bernard ramène ces différents, à traiter, à la prochaine réunion du 05 novembre 2026 avec le Sous-Préfet de Valenciennes… !
L’ancien commissariat de Police vers SIGH
Le 40 boulevard Saly à Valenciennes a été un sujet très étudié par les différents candidats à la nouvelle gouvernance locale. En l’espèce, le dossier serait tranché à travers la vente du bâtiment au bailleur social SIGH ; un projet de transformation bâtimentaire en 50 logements plus une réhabilitation de leur siège social est associé à cette acquisition.
Le SIMOUV et la gratuité des transports, le sujet du mandat !
Certes, l’initiative, saluée par tous les élu(e)s de l’arrondissement de Valenciennes, d’une gratuité de tout le réseau de transport public sur trois mois est incontestablement la bienvenue. Pour autant, elle amène cette thématique dans le débat public en pleine période électorale. Pour ou contre la gratuité totale, voire partielle, des transports publics… dans le Valenciennois, car chaque territoire détient ses spécificités.
Dans ce contexte, les délibérations 60 et 61 ont allumé la mèche de ce débat sociétal et politique. En effet, deux délibérations valident des subventions au SIMOUV, syndicat des transports publics, et notamment le fléchage d’1,2 minions d’euros afin de renouveler les 21 rames de la ligne de tramway T1 (Denain/Valenciennes/UPHF). Le rétrofit ou des rames neuves, le choix sera essentiellement un niveau de capacité financière ou pas du SIMOUV.
Plusieurs interventions laissent place au fameux sujet, France Agah : « La gratuité des transports est un enjeu et ces trois mois gratuits sont une mesure concrète et volontariste en faveur du pouvoir d’achat. Quel sera la comportement des usagers ? Aurons-nous les moyens financiers pour faire perdurer cette mesure ? Une évaluation (fine) du SIMOUV doit être réalisée ! »
Pour sa part, le maire d’Onnaing, porteur de cette thématique depuis plusieurs années, est satisfait de cette initiative : « C’est une politique volontaire. Je félicite cette ambition, c’est un message fort. Cette dernière représenterait 0,09% des trois budgets cumulés (CAVM, CAPH, SIMOUV). Nous avons donc les ressources pour cette gratuité. Jean-Louis Borloo a lancé le tramway, à nous de le rendre gratuit ! »
De son côté, Quentin Omont s’étonne de cette mesure, qu’il approuve évidemment, mais « sans la consultation des assemblées respectives ! »
Ensuite, Jean-Noël Verfaillie s’interroge sur « la soutenabilité sur le long terme. La gratuité pour l’usager n’est pas la gratuité pour le contribuable. »
Enfin, le Président de séance, Pierre Michel Bernard, prend la mesure du débat : « Ce sujet est très important pour les habitants. Parfois, on nous reproche d’être trop long. Là, les Présidents ont agi vite. Enfin, quelle sera la soutenabilité financière sur la durée ? Nous aurons un bilan pour le débat budgétaire au mois de décembre ! »
Questions Orales :
1) Pour le groupe d’un gauche unie, Franck Agah s’insurge contre la venue du « collectif canon français » prochainement à la Cité des Congrès. Une date a été validée par l’exploitant (CCI Grand Hainaut). » Clairement, c’est une faute grave par la nouvelle Direction de la Cité des Congrès. Durant une période pré-électorale, il est évident que l’attention doit être maximale sur ce sujet sensible et il est inexcusable, sous prétexte d’un calendrier à remplir, que cette réservation soit validée sans vérification. Une démission serait logique de la personne en charge de cette dernière. Très applaudi, Franck Agah a mis le doigt où il devait l’être. C’est quoi la prochaine réservation à la Cité des Congrès, Dieudonné ?
Sur ce point épidermique, Pierre-Michel Bernard indique qu’il n’est pas possible d’annuler la date réservée. « C’est juridiquement impossible ! Par contre, malgré les nouvelles demandes, je vous assure que toute nouvelle date sera refusée. »
2) Suite au lancement d’un référé au Tribunal administratif de Lille par l’élu communautaire, Tanneguy Adriencense, contre le vote du Règlement Intérieur de Valenciennes Métropole, Pierre Michel Bernard indique que le fameux (liberticide) R.I va se modifier au prochain conseil communautaire, et notamment son article 5 n’autorisant pas à un élu(e) communautaire de poser une question orale sans être membre d’un groupe. Quel était ce déni de démocratie, d’un mode bâillon de la parole politique, sauf le refus d’entendre une voix différente !
Daniel Carlier




















