Oyez oyez! Avis à la population les Turbulentes auront lieu les 28, 29 et 30 avril. Le temps d’un week-end, le Centre National des Arts de la Rue à Vieux-Condé sera The place to be. Organisée par l’équipe du Boulon, cette 19é édition est placée entre les deux tours des élections présidentielles, alors ne vous abstenez pas !

Il est urgent d’entrer en campagne pour défendre la présence de la culture dans l’espace public.

Virginie Foucault, la directrice nous en parle « nous aurons le bonheur de vous faire rencontrer au quotidien des artistes qui ont envie de jouer dans le « gravier », qui ne font pas de quartier aux idées sectaires, dialoguent par dessus les frontières, modèlent leur verbe pour être utiles au monde, ré-enchantent nos espaces publics, des artistes qui tracent des chemins sensibles…d’autres chemins ». Elle ajoute « se rassembler aux Turbulentes, c’est à la fois goûter ensemble le plaisir et la découverte de la création artistique en espace public, faire communauté autour d’émotions et de réflexions, fêter les idées et les choses humaines et se maintenir en éveil ! »

(Crédit Photo Vincent Vanhecke)

(Crédit Photo Vincent Vanhecke)

Dans ce cocoon qu’est le Boulon, s’ entretient une relation complice et sensible entre les artistes, les publics et la cité.

Labellisé Centre National des Arts de la Rue, par le Ministère de la Culture et de la Communication en septembre 2013, le Boulon, implanté dans le bassin minier Valenciennois, fait partie du cercle des quatorze CNAR, constituant le seul équipement de référence nationale au nord de Paris. Ce festival d’intérêt communautaire, fort de la richesse et de la diversité de sa programmation, donne la parole aux artistes. Véritable festival Humain. Une scène à ciel ouvert pour débattre, rassembler, échanger, se rencontrer, s’étonner, partager et s’émouvoir. Les arts et la culture éclairent face à l’obscurantisme et offrent une meilleure connaissance du monde.

Le public est gâté, plus de 100 représentations partout en ville, 31 compagnies artistiques françaises et internationales, Allemagne, Suisse, Espagne, Belgique, Pays-Bas, pour 32 spectacles / 6 créations qui feront leurs « premières » à Vieux-Condé, et près de 40 000 festivaliers vont fouler le pavé Vieux-Condéen.

Coup d’envoi du festival lors de la soirée d’ouverture, vendredi 28 avril à 19h01 au Boulon.

Avec comme de bien entendu Calixte de Nigremont et ses flagorneries de rue. Le maître de cérémonie des Turbulentes depuis sa création manie l’éloquence et l’humour. De vendredi 28 avril dès 19h01 jusqu’au dimanche au bout de la nuit…. vous n’aurez que l’embarras du choix, il y en aura pour tout le monde, pour tous les goûts. Du théâtre de rue, du cirque, de la voltige, des déambulations, de solo de danse en acrobaties de groupe, des bulles d’air poétique, du théâtre de masque, un couple danseur / étalon, un clown dérangeant et dérangé, des histoires d’amour… (http://lesturbulentes.com/) Si gourmand vous êtes, que vous voulez en profiter avant l’ouverture,   Nous  de Ktha Cie, théâtre de questions, sera en avant-première, jeudi 27 avril devant la Bibliothèque Universitaire du Mont-Houy.

(Crédit photo Vincent Vanhecke)

(Crédit photo Vincent Vanhecke)

Petit tour de piste du programme. Bousculades émotionnelles en vue.

La Cie Kumulus, dans Naufrage,  nous fera vivre le naufrage pas si surréaliste d’une société gagnée par les excès et la folie d’un monde consumériste. Fou rire garanti devant Chansons à risques du Duo Bonito, un duo clownesque envoûtant. On regardera le monde autrement, avec la douceur pétillante de Claire Ducreux, et son nouveau solo de danse-théâtre au pied d’un arbre de vie, Silencis. Avec la Cie Microsillon, dans Urban et Orbitch, on fera l’échappée belle aux côtés d’un vieux clown sans âge, au rythme de son beat-box. Rubik, de la Cie Arch8 et Eric Kaeil, qui rappellera le célèbre jeu Tetris. D’Ivan le terrible au CRAC de Lomme et Komplexkapharnaüm, que l’on retrouvera bien sûr en spectacle nocturne. Les arts oseurs, pour Les tondues, que l’on a suivi en sortie de fabrique ( https://www.va-infos.fr/2016/06/11/tondues-arts-oseurs-ont-ose-parler/ ). Un duo chorégraphique d’un danseur et d’un cheval sur la très belle musique d’Alain Bashung avec Ma bête noire de la Cie Eclats de Rock / Thomas Chaussebourg. Ou encore du théâtre de masque engagé, qui porte à bout de bras des questions de société avec We meet in paradise, de la Cie Théâtre Fragile. Mora Aura, de l’Association des clous/Véronique Tuaillon, où une boxeuse offre ses combats de vie. Avec ça va valser ! et lâche-moi, de Mastoc Production, on causera d’histoire d’amour, de passion, de chair, de rupture, tout en empruntant des images à Pina Bausch, à Merci la vie de Blier, au Moulin Rouge et à Roméo et Juliette. duobonito 775x425

Pour les bambins, un petit plongeon dans leur premier festival en douceur avec des tas de spectacles dont du mime et de l’improvisation dans Craie de trottoir, le CRAC de Lomme pour 3e année en piste ! Germinal, où la Cie les batteurs de pavés, met en scène la lutte des classes dans un spectacle interactif où les enfants vont jouer presque tous les rôles. Ou encore des marionnettes avec Dans l’atelier, et du théâtre d’objets, avec les 3 petits cochons.

Mais aussi des décors puisque la ville est transformée en terrain de jeu géant, Les Kaléidophones pour écouter la ville et le monde autrement, les décors participatifs tout particuliers des Turbulentes, un manège surprenant, Le contrevent, de Grandet Douglas, mettant en équilibre un piano et un tapis volant, et des installations mobiles rigolotes avec AMI6.

Et forcément dans l’entre-deux-tours, des spectacles politiquement engagés, pour notre plus grand plaisir. Morceaux choisis avec Virginie Foucault et Delphine Duong.

Les Turbulentes a toujours soutenu des artistes novateurs dans la forme, et engagés sur le fond. Armée de notre sensibilité pour le théâtre engagé, nous avons établi une petite liste avec la directrice du Boulon, Virginie Foucault et la dir’ comm, Delphine Duong.

Elles nous parlent de la Cie Escale avec  Leurre H  pour du cirque de rue : « ils sont jeunes, légers, inventifs, intrépides … Ils se posent la question de leur destinée individuelle et collective et de leur rapport à l’engagement politique et physique. Leur chance : pouvoir éprouver leur envie de se dépasser avec leurs corps, de s’engager avec leur groupe, de résister avec leurs agrès (roue de la mort, trapèze, vélo acrobatique …). Dans leur métier et dans leur vie, d’équilibres fragiles en mouvements collectifs, ils mettent en rue et en piste leur vie au présent, un présent à transformer … Le monde leur appartient ! « . La Cie Bouche à bouche avec Tentative(s) de résistance(s) : « une performance théâtrale. Artiste à l’imagination subversive et à l’idéalisme généreux, Marie-Do Fréval a décidé de porter la voix de Marianne pour parler de son désir de résister et de faire société. Dans un solo « féminin-masculin », elle nous convie à un voyage au travers de cinq courts récits de femmes résistantes et combatives. Une parole engagée, vive, insoumise et provocante, pour un spectacle en toute liberté qui ne devrait pas laisser indifférent. ». Ontroerend Goed avec Fight Night   pour du théâtre participatif : « un spectacle très en prise avec l’actualité imaginé par une équipe flamande curieuse des comportements humains. Ici, le public ne sera pas seulement invité à regarder mais aussi à prendre position. Le principe : 5 candidats sont en lice et s’affrontent afin d’obtenir le vote des spectateurs qui sont munis d’une manette. Il n’y aura qu’un gagnant. Mais attention, cela ne sera peut-être pas celui que l’on croit … Le spectacle sous l’apparence d’un jeu pourrait s’avérer dangereux tant il nous met en face de nous-même au sein du groupe et questionne notre libre arbitre en démontant les principes démocratiques. »

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Entre Marianne qui parle,  le public armé d’un petit boîtier électronique, qui est invité à élire son favori parmi cinq candidats et des acrobates prêts à prendre tous les risques pour voir se dessiner un monde meilleur…chacun pourra trouver ce qu’il cherche dans ces spectacles et surtout ce à quoi il ne s’attend pas, comme être enivrer par des émotions insoupçonnées et par la beauté spontanée de l’imprévu, ça c’est la magie des arts de la rue.

Sur l’affiche de cette 19e édition, des petites ballerines foulent les pavés, alors en ces moments où les coups violents sont portés à la paix et aux libertés, où le contrôle et la peur deviennent la norme, venez voir sur ce petit territoire du Boulon comme on vit bien tous ensemble, où comme le dit Virginie Foucault « nous rêvions que le monde du 21e siècle advienne un monde nouveau, plus solidaire, bienveillant, coopératif, équilibré, simple, joyeux… ». Venez voir pousser les fleurs entre les pavés, ce n’est pas compliqué, il suffit de…Turbuler !

Publié par Celine Druart le 15 avril 2017
festival des arts de la rue Le Boulon Les Turbulentes Vieux-Condé Virginie Foucault
Je turbule, tu turbules, … nous turbulons.
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