Mardi 05 septembre 2017, la Boucherie Dremière ouvre de nouveau son magasin toute la semaine rue de Lille à Valenciennes, une modification éclairante au sein d’une artère commerçante de la ville centre. L’occasion de faire un point sur le futur urbain de cette pénétrante nord ô combien importante pour la commune, mais également sur la situation problématique du marché de plein vent à Valenciennes.

Karine Dremière : «  Nous croyons dans le nouveau développement de la rue de Lille »

Dans les années 50/60, la rue de Lille était le phare commercial de Valenciennes. Depuis le moyen âge, la position de cette commune le long de l’Escaut lui a conféré un statut justifié de place forte du commerce. Les 30 glorieuses ont confirmé cet état de fait en lien direct avec le fameux Passage de la Paix proche de la Place de la Gare. Par contre, depuis 20 ans, la rue de Lille baisse pavillon et son aura commerciale est de plus en plus limité.

Pour le dire franchement, certains commerçants, en particulier l’ex patron de l’Incroyable, ont fait capoté le passage du tramway (ligne 1) dans le rue de Lille. Erreur phénoménale car la gare multi modale Place du Hainaut aurait apporté un flux permanent de chalands dans cette rue commerçante de Valenciennes. De plus, cet apport de clients potentiels se serait réalisé sans squatter les vitrines des commerçants comme c’est le cas rue Vielle Poissonnerie, la configuration était optimale.

Quoi qu’il en soit, la rue de Lille à l’instant « T » ne respire pas la dynamique commerciale, avec nombre de vitrines vides. Néanmoins, un ciel bleu pourrait voir le jour dans un avenir à moyen terme. « Nous croyons dans le nouveau développement de la rue de Lille », commente Karine Dremière, co-gérante avec son frère Pierrick de la Boucherie Dremière. Une enseigne depuis près d’un siècle dans le Valenciennes, d’abord sur Trith-st-Léger, puis rue de Lille sur Valenciennes durant les années 60. Avec à la tête Jean-Luc Dremière pendant quelques dizaines d’années, également président de l’association des Boutiques de Valenciennes pendant 12 ans, cette entreprise familiale est gérée depuis 2008 par ses deux enfants, Karine et Pierrick Dremière.

Laboratoire de la Boucherie Dremière basé sur Anzin

Laboratoire de la Boucherie Dremière basé sur Anzin

« Aujourd’hui, nous couvrons  plus de 15 marchés sur le Valenciennois, plus les tournées. Par contre, nous n’ouvrions que le samedi matin sur notre point de vente (fixe) rue de Lille à Valenciennes. Dès le mardi 05 septembre, nous allons ouvrir de nouveau du mardi au samedi de 8H30 à 15H, sans fermeture le midi, avec des services comme sandwich, filet américain etc. », ajoute-t-elle. C’est une véritable bonne idée avec la proximité du lycée Wallon, mais surtout des administrations avec qui plus est la fermeture dans les 12 mois d’un professionnel sur ce créneau très proche de la Boucherie Dremière. Par contre, son laboratoire ne se situe plus dans une rue adjacente à la rue de Lille, mais sur Anzin (45 rue Lecaillez), aux nouvelles normes très strictes dans la profession.

Les grands projets

Clairement, les grands projets de la ville de Valenciennes sont porteurs pour cette rue, mais pas seulement. En effet, la projet du passage de l’Arsenal conjugué au Cinéma, voire bowling, et la nouvelle vie de la Caserne Vincent, devenue de la propriété de la ville de Valenciennes, annonce un avenir plus radieux.

En effet, la première partie (coté Place du Général de Gaulle) de la rue de la Paix pourrait bénéficier de cette ouverture du passage de l’Arsenal (commerces + logements en 2020), car elle est également en souffrance. De même, l’apport de familles supplémentaires au sein de la Caserne Vincent, aux portes de la rue de Lille, serait un atout indéniable pour cette dernière. A ce titre, une incitation forte par la ville de Valenciennes a été distillée aux commerçants propriétaires foncier afin de ravaler leurs façades. C’est une obligation à terme. Si vous ajoutez le projet PNRQAD (Revitalisation des quartiers anciens en centre-ville) rénovant les rues, et impasses, dans ce secteur ; il est raisonnable d’affirmer que le futur pourrait s’écrire positivement. «  Je suis ravie de l’arrivée de nouvelles enseignes récemment dans la rue de Lille », ajoute Karine Dremière.

Toute cela sous oublier l’exigence, à Valenciennes comme ailleurs, vis à vis des professionnels de l’alimentation. « Nous assurons une parfaite traçabilité de tous nos produits. De plus, chevaux voire porcs sont sélectionnés par nos soins chez les professionnels du territoire puis abattus au sein de l’abattoir de Valenciennes. Enfin, l’information pour tous les allergènes est parfaitement affichée sur l’ensemble de notre gamme de produits », conclut Karine Dremière.

Le marché de plein vent de Valenciennes dans la tourmente !

La Boucherie Dremière est de facto un professionnel historique du Marché de Valenciennes, Karine Dremière déplore le projet avorté de retour du Marché de Valenciennes vers la Place d’Armes. «  Nous étions très favorables à cette relocalisation dans le centre-ville », souligne la co-gérante de la Boucherie Dremière.

Dans les faits, le projet ambitieux du maire de Valenciennes, Laurent Degallaix, avec un retour à minima le mercredi voire le samedi également, décliné par thématique (alimentaire, habillement, etc.) sur les 3 places du centre ville (Armes, Commerce et Marché aux Herbes), n’a pas fait long feu.. En effet, une petite petite poignée de professionnels non sédentaires, certes de poids, ont saisi le syndicat national pour s’opposer à ce déménagement. Une minorité à balayer d’un trait une volonté politique qui a (trop) vite baissé pavillon, c’est bien dommage et cela constitue une erreur historique pour l’ensemble des professionnels plutôt enclin à ce repositionnement.

Marché de Valenciennes anciennement Place d'Armes

Marché de Valenciennes anciennement Place d’Armes

Bien sûr, Dominique Riquet, et pas Laurent Degallaix, a voulu déménager ce marché de plein vent sur la Place Verte. Historiquement, il symbolisait la puissance commerciale de la ville centre avec le plus gros marché de l’arrondissement. Son leadership en la matière est déjà envolé, pour ne pas dire détrôner par d’autres marchés dynamiques des villes limitrophes. L’édition du mercredi, notamment en hiver, est carrément en soins palliatifs. Oui, un marché de plein vent en centre ville est attractif, il fait venir des professionnels de qualité, permet aux cafés/brasserie, voire autres métiers de bouche, de la Place centrale une belle journée d’activité (aussi), c’est du gagnant-gagnant ! Certes, il faut nettoyer plus après l’événement que sur la Place Verte… mais la politique du repli, de l’entre-soi, est le vecteur direct vers la récession commerciale d’un coeur de ville. Il suffit de comptabiliser les vitrines vides intra boulevards dans Valenciennes…

Ce n’est pas l’ouverture d’un Hôtel 4 étoiles, sauf à Deauville, qui changera le quotidien commerçant de Valenciennes, le coeur battant d’une ville !  La politique socio/économique de la majorité municipale a bien changé depuis que Jean-Louis Borloo n’est plus aux commandes, on n’est plus dans une dynamique du Touquet…avec une légère erreur de casting. Après la fin de la Braderie traditionnelle de Valenciennes, le devenir du marché de plein vent est en question. Pourtant, le terme populaire n’est pas un gros mot, il brasse toutes les populations consommant suivant leurs moyens financiers, c’est le sel du bien vivre ensemble.

La Boucherie Dremière sera ouverte le lundi 11 septembre pour la Fête du Commerce à Valenciennes, plus d’infos sur la Boucherie Dremière www.boutiquesdevalenciennes.fr/adherent/boucherie-chevaline-dremiere-2/

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 3 septembre 2017
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A Valenciennes, la rue de Lille se cherche un avenir
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