Les prochains travaux du PNRQAD sur le chef lieu du Pays de Condé, place Delcourt et environ, suscitent toujours de vives inquiétudes chez les commerçants de proximité. Une réunion publique de présentation des travaux d’aménagements avait lieu ce mercredi 20 septembre pour exposer, rassurer…, pas simple face à ce défi urbain, de fait un défi humain et économique pour beaucoup !

(Visuel Jean-Marcel Grandame et Grégory Lelong)

Remonter le fil du PNRQAD à Condé-sur-l’Escaut

Le 10 février 2012, Benoit Apparu, ministre à l’époque du logement, est venu signer la dite convention PNRQAD avec Valérie Létard, présidente de Valenciennes Métropole, Dominique Riquet, maire de Valenciennes, et les maires des communes concernées du Pays de Condé. En l’occurrence Daniel Bois, pour la ville de Condé-sur-l’Escaut, a signé cette convention PNRQAD avec l’Etat indiquant clairement les 5 îlots (Maternité, Imprimerie, Rombault, Quai du Petit Rempart et Place Delcourt))  concernés dans sa commune. Elle précisait également que Valenciennes Métropole était LE pilote de ce chantier, bien évidemment sous la houlette des services de la commune.

87 candidatures de communes pour bénéficier de ce fonds d’Etat PNRQAD car il finance la majeure partie de ces chantiers, d’où l’attractivité à la base. 25 villes ont été retenues dont celle de Valenciennes Métropole. La contrepartie est le délai d’intervention des chantiers, la fourchette 2012/2019 fait partie du package PNRQAD avec de fait une date butoir pour les dits travaux. Comme l’a souligné Laurent Degallaix : « Sur Condé, ce chantier global coûte environ 3 millions d’euros (CQFD avec ce choix). D’ailleurs,  ces chantiers PNRQAD sont la dentelle de la rénovation urbaine »… la déclinaison de l’ANRU de Jean-Louis Borloo.

Cette période peut-elle être allongée ? La réponse est dans les mains des autorités concernées. De manière factuelle, on sait que l’addition de ces 4 chantiers sur le centre de la ville de Condé-sur-l’Escaut constitue une perturbation majeure si tout est conduit concomitamment ou presque, et plus précisément une bombe économique pour le tissu des commerçants de proximité. Et en même temps, on ne peut oublier que la ligne de tramway vers les Pays de Condé a été mise en service en février 2014 avec déjà une perturbation conséquente pour le monde économique sur tout le tracé.

Un chantier global énorme !

Hier soir, 20 septembre, l’édile de Condé-sur-l’Escaut, Grégory Lelong, le président de Valenciennes Métropole, Laurent Degallaix, son vice-président Jean-Marcel Grandame, et les services techniques se sont présentés devant une assistance copieuse composée de nombreux commerçants, d’élus, et des riverains.

Sur le projet global, Grégory Lelong explique la dynamique de ces travaux : » Nous avons 3 objectifs, conserver l’essentiel de cette place, maximiser le parking, et de la modularité ». Il insiste sur la concertation menée en amont. «  Nous avons eu le résultat du concours d’architecte en octobre 2016. Dès cet instant, nous avons commencé à concerter ».

Des propos contestés par les élus présents « on a découvert les visuels du projet dans la presse », souligne une élue. Ces derniers ont été remontrés à l’assistance avec un calendrier. « Les travaux vont démarrer en avril 2018 jusque mars 2019 avec en amont 5 semaines de sondages archéologiques. Sur la Place Delcourt, nous passons de 80 à 56 places, mais nous allons réaliser des parkings alternatifs, sur le Quai Est (40 places), de la Haynette (18 places), et du Pureur (24 places) », explique une chargée de mission de la CAVM.

Les responsables de l’INRAP, présents, ont rassuré l’auditoire en indiquant « que nous n’allongerons en aucun cas de figure le délai des travaux, même avec des vestiges ». Roland Bouvard prend la balle au bond «  sauf bonne surprise archéologique, on a bien stoppé le chantier de l’Arsenal dans le même cas de figure ». Néanmoins, l’INRAP s’est engagé fermement à respecter ce délai de 5 semaines « voire moins si les sondages sont négatifs comme pour le tramway », ajoute le responsable de l’INRAP.

«  Aucun commerçant du centre-ville de Condé ne peut survivre à 12 mois de travaux », une commerçante

Toutefois, cette présentation n’est pas ce qu’attendait le public précisément. « Nous voulons voir les phases de travaux, les dates de fermetures des rues. Il faut que les personnes présentes voient leur quotidien pendant 12 mois », demande avec clarté Valérie Candeago, la présidente de l’union du commerce de Condé.

Chose faite avec une présentation sur une grille de lecture minuscule. Le maire et les services insistent « la Place Delcourt et la rue Gambetta seront accessibles durant tout le chantier ». La présidente intervient à la sortie de la réunion « oui, mais à pied. J’ai peur de cette notion d’accessibilité dans le processus d’indemnisation finale », précise Valérie Candeago.

Rappelons qu’au printemps 2017, Valenciennes Métropole a voté la création d’une commission d’indemnisation (amiable). « Un périmètre a été tracé dans lequel les commerçants seront indemnisés », précise Grégory Lelong. Pour référence, la ville de Valenciennes a connu un cataclysme de travaux d’une ampleur phénoménale. A l’époque, la dite commission n’a indemnisé que les commerçants avec 3 bilans d’exploitation, et a exclu les rues adjacentes. « 5 commerces ne seront pas indemnisés, 1 Quai du Petit Rempart, un à la frontière de la Place Delcourt, et 3 Place Rombault », indique une ancienne élue de la commune. « Nous avons proposé des réunions pour évoquer le périmètre d’indemnisation. On n’a jamais été reçu. C’est pourtant de l’opposition constructive », ajoute Alexandre Raszka. « Le conseil municipal a été très peu associé à cette concertation », poursuit Joel Bois.

Car voilà, la Place Delcourt n’est qu’une partie du puzzle PNRQAD. En effet, le site de l’Imprimerie , en bout de Place Delcourt et proche du Beffroi, sera réhabilité en habitats sociaux. «22 logements pour lesquels aucune place de parking n’est prévue. Sans compter la résidence sénior où des agents de santé vont venir etc. », précise la présidente de l’association des commerçants. Donc, le passage de 80 à 54 places sur la Place Delcourt s’accompagne d’un besoin supérieur en stationnement… ! Ensuite, le Quai du Petit Rempart va s’agréger, tout comme le chantier du Rombault. Tout ces travaux seront condensés dans une phase 2017/2020 sauf glissement jamais à écarter.

L’impression finale est qu’un condensé colossal de travaux est à venir dans le centre-ville de Condé-sur-l’Escaut. Certes, il va réhabiliter, embellir un cadre de vie, mais le format choisi inquiète au plus haut point le monde économique. Son impact ira bien au delà du strict centre-ville, l’ouragan économique est prévisible même si les commerces seront toujours accessibles. Il est fort à parier que les clients de l’extérieur n’iront plus dans ce centre-ville. « Notre clientèle est constituée à 80% de clients hors de Condé », précise Valérie Candeago. Pour conserver le langage commerce proximité, cela pourrait être une boucherie… économique !

Enfin, pour conclure sur une pointe d’humour, la communication locale pendant cette phase de travaux débute de façon surprenante. « On nous a prévenu vendredi afin d’avertir pour mardi que le parking de la Haynette serait en travaux sauf que le flyer (ci-dessous) indiquait… un autre parking », souligne une commerçante… la marge de progrès est palpable !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 21 septembre 2017
commerce Condé-sur-l'Escaut PNRQAD
Condé-sur-l’Escaut s’ANRUme en réunion publique
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