Depuis la campagne présidentielle et le dégagisme ambiant, Condé-sur-l’Escaut ne manque pas à l’appel. Par contre, la méthode et la réponse sont surprenantes à plus d’un titre.

L’alliance LREM/UDI, c’est pas gagné localement !

Depuis l’avènement du candidat Macron, toutes les grandes communes du Valenciennois voient exploser leur majorité, officiellement pour certaines, officieusement pour d’autres, et c’est parfois pire !

Sous la bannière UDI, Gregory Lelong a conquis de haute lutte la municipalité de Condé-sur-l’Escaut en 2014 face à la majorité sortante, celle de Joel Bois, fils de l’ancien maire Daniel Bois.. Sur la liste CAP 2014, Paolino Manganaro fut élu en mars 2014. Il récupéra une fonction de choix, celle d’adjoint à la sécurité et au personnel. Pas une mince affaire sachant que la masse salariale pèse 63 à 65 % sur cette commune, une côte d’alerte atteinte depuis longtemps par la précédente majorité. Ensuite, la sécurité demeure évidemment un pilier pour tous les premiers magistrats, toutes obédiences politiques confondues. En clair, cette fonction fut une grande marque de confiance de Grégory Lelong envers Paolino Manganaro.

A ce titre, Paolino Manganaro rappelle «  que j’ai mené une campagne municipale au sein de CAP 2014, durant deux ans avec Grégory Lelong sans jamais un différent. Aujourd’hui (après 3 ans de mandat), on met en doute ma probité d’élu ».

Sans équivoque, l’émergence du mouvement, puis parti politique, La République en Marche a rebattu les cartes. Un comité LREM sur Condé-sur-l’Escaut a pris corps dans lequel Paolino Manganaro s’est reconnu. Il réitère fachourement «  mon appartenance au parti LREM ».

Paolino Manganaro : «  Je vais reverser 500 € de mon indemnité à une association différente chaque mois »

Depuis les législatives 2017, la tension est palpable au sein du Conseil municipal avec en point d’orgue une absence de quorum…, une humiliation ! La droite sous la houlette de Roland Bouvart ne lâche rien, la gauche de la liste TEPAC (ex majorité) compte les coups et attend son heure, mais pas trop tôt tant les dossiers sont complexes, et notamment celui des travaux en cours. Par voie de conséquence, la rentrée en opposition presque frontale durant certains conseils municipaux entre Paolino Manganaro et  Grégory Lelong serait très mal vécu par ce dernier ! Sinon, pourquoi cette suite « je ne bénéficie plus d’agents de la commune pour mes permanences. En effet, je fais un compte rendu écrit de chaque rendez-vous au maire et à l’intéressé. Le maire ne m’a pas prévenu. J’ai constaté cet état depuis deux mois environ », explique l’adjoint à la ville de Condé-sur-l’Escaut qui n’a « aucune intention de démissionner », précise-t-il.

Bien sûr, la petite musique politique fait son oeuvre.. « J’entends et je lis des attaques sur le fait que je touche une indemnité sans rien faire. C’est faux, je continue d’assurer mes commissions de sécurité dans la commune. J’assiste aux réunions et j’assure toutes mes permanences. Je propose d’ailleurs à ceux qui ne peuvent se déplacer de les rencontrer à domicile », déclare Paolino Manganaro.

Ensuite, il veut passer son message « je veux faire de la politique autrement »… message du candidat Macron par excellence. Pour cristalliser ce propos par des faits, il explique :  « Je vais reverser 500 € de mon indemnité à une association différente chaque mois ».

Evidemment, le soupçon de clientélisme politique plane, alors il répond. « Je vais proposer à une association différente chaque mois 500 € (sur 679 € d’indemnité). Peu importe la sensibilité de l’association, le volley club de Joel Bois, comme une autre recevra cette somme. Je commence pour ce premier mois par un versement à l’association Soul Rire », explique-t-il. « Elle fait avec des très peu de moyens des animations culturelles, des matchs d’improvisation, des dictées », poursuit Nicolas Wieczorek.

« Je ne veux attaquer personne. Je ne suis pas à l’origine du problème. Je n’oublie pas le bien être des agents de la commune », conclut-il !

Grégory Lelong était injoignable pour répondre à ces allégations.

Et la suite…

D’un point de vue plus global, la potion de la défaite pour les prochaines élections municipales est d’appliquer les recettes du passé, celles des petits coups bas, des arrangements entre amis politiques. Pourtant, le candidat Macron est monté au zénith pour sa façon de faire de la politique, décalée, faisant taire le moindre éclat dans ses meetings contre un concurrent, à l’écoute des citoyens, en tout au moins plus que des sirènes des autres poids lourds politiques.

En local, les ingrédients seront les mêmes, le dégagisme peut s’avérer une recette nationale ce qui ne veut pas dire contre la majorité en place, mais en toute état de cause plus la même majorité. Visiblement, à Condé-sur-l’Escaut, on oublie cette règle de base…. si tu veux une alliance, évite les motifs de fâcheries.

Ceci vaut également pour les alliances sans écoute du terrain, déjà actée, dans certaines communes du Valenciennois pour quelques postes. Partir si tôt en faisant fi des administrés, voilà de la bonne vieille politique à l’ancienne, la même décriée en 2017, cocasse ! La recette gagnante, pas sûr !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 8 février 2018
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Paolino Manganaro « on met en doute ma probité d’élu »
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