De passage à Valenciennes Lew Bogdan, ancien directeur de la scène nationale pendant 10 ans, revient sur la sortie de son nouveau livre. Son regard sur le monde artistique est emprunt d’histoire. Dans son 1er roman, son héroïne traverse la naissance des enseignements contemporains du théâtre. Entretien avec un passionné du talent artistique quel qu’il soit, où qu’il soit !

1er roman de Lew Bogdan, ancien directeur du Phénix de Valenciennes

Directeur du Phénix de 1999 à 2009, Lew Bogdan a fait un passage remarqué par l’Athènes du Nord venant conclure une carrière éclectique à plus d’un titre. Ce natif de Carmaux, dans le Tarn, a étudié le théâtre, la sociologie et l’ethnologie à Paris, tout en étant élève de l’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, et en étudiant le piano, le violon… ! Après une étape riche en Afrique, il prend la direction du Festival Mondial du Théâtre de Nancy, fondé par Jack Lang pendant 10 ans où il a parcouru le monde pour trouver des talents méconnus, inconnus, improbables. Un parcours où il a eu également des responsabilités majeures comme la direction artistique du Schauspielhaus de Bochum, mais également comme Intendant général des Théâtres de Nuremberg « où je dirigeais 800 personnes avec 4 plateaux, on faisait les 3X8, le théâtre ne s’arrêtait jamais. A 30 ans, j’étais le plus jeune directeur d’un théâtre en Allemagne ». Enfin sur Valenciennes où il a laissé une empreinte indélébile dans la conduite artistique de cette scène nationale.

Aujourd’hui, Lew Bogdan vit à Berlin dont il ne se lasse pas de parler. « C’est un peu le New-York des années 70-80. Compte tenu de son histoire, Berlin a un formidable désir de liberté, un esprit de résistance dans une ville cosmopolite, un lieu artistique différent de Paris faisant plus de place à la création, aux auteurs, aux jeunes talents », explique-t-il.

Fénia n’est pas son 1er ouvrage. Dans les années 80, il a écrit la saga d’Airbus « L’épopée du ciel clair de Lindberg à Airbus (édité en 1991) « comme une saga européenne. Ensuite, mon deuxième livre concernait « Stanislavski – le roman théâtral du siècle », un 3ème tiré du vécu du Festival mondial du Théâtre, et enfin son premier roman dont le personnage Fénia parcourt une vérité historique.

Toutefois, une tranche de vie est à mettre en exergue avant d’évoquer son 1er roman. Lew Bogdan a initié et codirigé en 1988 le Symposium international « Le Siècle Stanislavski » au Centre Georges Pompidou. Cette manifestation a rassemblé pour la 1ère fois les adeptes de la méthode d’interprétation théâtrale de Lee Strasberg, américain, consommé au célèbre Actor’s Studio, et celle de Constantin Sergueïevitch Stanislavski, homme de théâtre russe. « C’est la première fois que les courants de pensée, américain et russe, se rencontraient. Paris fut l’objet d’une grande réunion de famille, l’occasion de renouer les liens de la mémoire », souligne Lew Bogdan. Faut-il le rappeler, l’Allemagne Nazi a poussé des artistes, intellectuels, acteurs etc. vers les Etats-Unis. Quant à la guerre froide, elle a clivé deux blocs « où un intellectuel parti de l’URSS ne pouvait même pas être cité dans un propos en Rissie. La culture juive a été éradiquée par les Nazis avec la complicité de certains peuples européens. Cette période a amputé la culture européenne. Le départ de ces artistes fut une véritable saignée intellectuelle », souligne Lew Bogdan.

Lew Bogdan : « Ce roman est un hymne aux acteurs de théâtre et de cinéma »

Aujourd’hui, son 4ème livre vient de sortir officiellement le week-end dernier au Salon du Livre de Bruxelles. Dès la fin du XIXème, l’exil de nombreux artistes russes vers les Etats-Unis va bouleverser les codes et surtout mettre sur les rails au XXème le théâtre de Broadway et le non moins célèbre Actor’s Studio, la naissance d’un  art théâtral nouveau. « Cet ouvrage est un assemblage de faits réels. Fénia Koralnik parcourt des vérités historiques avec une liberté fictionnelle », explique l’auteur.

Elle rencontre d’Odessa à Broadway en passant par Hollywood des figures du théâtre et du cinéma, des légendes telles que Jacob Adler, Maxime Gorki, Louis Jouvet, Max Reinhardt, Lee Strasberg, Bobby Lewis, Elia Kazan, Yul Brynner, Marlon Brando, Marilyn Monroe… !

Lew Bogdan résume son premier roman, cet incroyable éventail d’artistes :  » Le théâtre raconte le monde. C’est un hymne aux acteurs de théâtre et de cinéma « .

Ecrivain fécond, Lew Bogdan ne compte pas s’arrêter sur ce chemin de l’écriture. « Je voudrais écrire un livre sur les métiers du théâtre. Tous les décorateurs, techniciens etc. sont des artistes également ».

Pour conclure, l’auteur souhaite remercier son éditeur belge, M.E.O éditions à Bruxelles : « Gérard Adam est un mec assez fou, un type exceptionnel avec lequel j’ai réalisé un travail important pour sortir ce roman ». Cet ouvrage « Fénia ou l’acteur errant dans un siècle égaré » est disponible sur Amazon, et dans certaines librairies dans le Valenciennois.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 27 février 2018
Lew Bogdan Phénix de Valenciennes
Lew Bogdan, le théâtre passionnément
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