Manifestation locale, régionale, et nationale, le croisement des luttes étaient au rendez-vous sous les fenêtres de l’Hôtel de Ville de Valenciennes. Bien sûr, sur le Valenciennois, l’avenir de la sidérurgie est plus que préoccupant. La présence du député du Front National, Sébastien Chenu, ne fut pas du tout du goût des manifestants.

Philippe Verbeke, coordinateur national de la sidérurgie pour la CGT : « Il y a un problème de souveraineté nationale concernant la métallurgie »

Ce rassemblement portait à la fois sur le fonctionnement en sous-effectif des EPHAD, la CSG impactant même les petites retraites avec une perte de pouvoir d’achat concrète, et bien sûr l’activité de la sidérurgie en souffrance, voire en état de mort annoncée sur le Valenciennois. Emile Vendeville, pour l’union locale de la CGT Valenciennes, était l’organisateur de cette manifestation importante (environ 550 personnes source RG).

Philippe Verbeke

La dernière saignée avec la suppression de 164 emplois de la chaîne chaudière au sein de la Tuberie de Saint-Saulve ne fait que confirmer un sentiment général. « Nous assistons à une série de fusion/acquisition de Dunkerque à Maubeuge dans la métallurgie avec une perte de capacité de production. Une enquête parlementaire a révélé en 2013 un problème de souveraineté nationale concernant la métallurgie », explique Philippe Verbeke.

Ascoval, la Tuberie…, et peut-être Val ‘Dunes prochainement si les chinois décident un transfert,  on assiste presque impuissant au démantèlement d’une activité historique dans le Valenciennois. « L’objectif des grands groupes est de délocaliser toute la sidérurgie en Chine, voire dans les Amériques. L’Allemagne n’est qu’une étape. C’est catastrophique pour la région sachant qu’un emploi direct impacte 3 emplois indirects », ajoute Philippe Verbeke.

Pour Pascale Montel, de la CGT, elle lance un appel « c’est maintenant qu’il faut agir, il faut réagir de suite. Et surtout, ne pas récupérer des fonds financiers d’un site pour les rediriger vers un autre. ».

Philippe Verbecke ajoute « Bruno Le Maire est aujourd’hui sur Dunkerque. Il n’a pas eu le courage de venir sur le Valenciennois nous expliquer la stratégie industrielle de la France ».

La politique du sparadrap, voilà le sentiment qui ressort de tous les propos des manifestants, ils espèrent, mais ne comprennent pas l’abandon d’une certaine indépendance industrielle sur un produit nécessaire à l’automobile, le ferroviaire etc. Seul point d’accord global au sein des manifestants, ce gouvernement comme les précédents n’ont pas fait grand chose pour sauver la sidérurgie en France.

Et la politique s’en mêle

Logiquement, des élus arborant la cocarde tricolore sont venus comme Fabien Thiémé, maire de Marly, Isabelle Choain, maire de Prouvy, Michelle Greaume, sénatrice, Jean-Claude Dulieu, élu d’opposition de la ville de Valenciennes… mais également le député Front National de la 19ème circonscription Sébastien Chenu.

Sebastien Chenu à sa sortie de CAP 5 (autres photos dans le diaporama ci-dessous)

Très rapidement après son apparition sur la Place d’Armes, des manifestants lui ont demandé de partir assez vigoureusement. Le député a dû se réfugier dans l’agence de voyages CAP 5 à coté de la galerie du Centre Place d’Armes. Après son assistant parlementaire cette semaine, ces derniers jours sont très perturbants pour la carrière politique de Sébastien Chenu.

La manifestation est donc partie avec un message clair « le FN n’est pas pas convié dans cette manifestation », mais tout cela n’est que l’écume. Le plus important est de sauver une industrie de l’acier dans le Valenciennois. Pour cela, il faudrait un changement radical de stratégie du Groupe Vallourec, entre autres… !

La fin de cette manifestation a été ponctuée par un affrontement entre les forces de l’ordre (jets de gaz lacrymogène) et les manifestants au niveau de la Place du Canada.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 15 mars 2018
Sébastien Chenu Vallourec
Vallourec manifeste, Chenu (FN) refoulé
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