Ça va turbuler ! Pendant trois jours, du 4 au 6 mai, et même cinq, car le Boulon a concocté une programmation aux petits oignons avec en guise d’entrée une balade urbaine les 2 et 3 mai. Le festival se déploie dans les rues et les places de Vieux-Condé, avec du théâtre de rue, du théâtre forain, du cirque, de la voltige, des danses, des déambulations, des spectacles Humains ! Le tout saupoudré de rire, de plaisir, de rencontres…des moments de rêves ! Ouverture officielle de ce week-end culturel gratuit, le vendredi 4 mai à 19h01 avec le fidèle et incontournable maître ès flagorneries de rue, Calixte de Nigremont.

(Crédit Photo Vincent Vanhecke)

«Il est interdit de s’interdire de rêver, d’imaginer, de se projeter, de s’émanciper…»  Ici on vit des spectacles en déambulant avec la tête et les jambes et ça fait 20 ans que ça dure ! «  On fait de la cité une ville ardente et libératrice où l’on partage, on s’émerveille, on s’émeut, on s’interroge, on aspire à plus de paix, plus d’égalité, plus d’humanité. »

« Voilà vingt ans que les Turbulentes rythment la vie du Valenciennois et insufflent un courant d’art puissant sur le territoire avec l’ambition de rassembler toute personne, petite ou grande, chaque année dans l’espace public. Au fil des rituels de printemps a fait naître une culture commune, fait grandir des utopies, fait revivre le territoire et éclore le Boulon», note Virginie Foucault, la directrice du Boulon, Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public. Cette année, quelques nouveautés, avec des formes de spectacles un peu particulières, des chemins inhabituels, la découverte de lieux nouveaux, « pour partager encore du plaisir avec le public».

 

Trois jours, 33 spectacles, environ 200 artistes, 90 représentations gratuites pour cette structure et ce festival d’intérêt communautaire, qui voit fouler les pavés par près de 35 000 personnes.

Et oui « l’art et la culture sont bel et bien vivants. Ce sont des biens communs à protéger, des biens fragiles… », souligne la directrice du Boulon où « on les défend sur ce territoire depuis plus de 25 ans dans un outil extraordinaire. » On vous l’assure l’équipe, pleine d’énergie turbulente, est gonflée à bloc, pour faire vivre cet événement. A l’image de ce cadeau d’anniversaire explosif, temps fort de clôture, avec la compagnie Artonik qui met la main  à la poudre colorée, avec une explosion de joie et de couleur à l’image de l’embrasement polychrome programmée le dimanche soir à la tombée du jour avec  The color of time, une déambulation dansée, musicale et multicolore le dimanche 6 mai à 19h.

(Crédit photo Modica)

Ouvrez l’œil ! Quelques jours avant avec la Cie XY et La Cie sous X.

La virevoltante Compagnie XY qui avait fait, l’ouverture de la saison du Phénix 2016 / 2017, avec Il n’est pas encore minuit, sur la place d’Armes, revient avec Les voyages Exp.1, ses impromptus acrobatiques en espace public. Ces maîtres des portés acrobatiques offriront leur spectacle au regard des spectateurs des Turbulentes, avec un temps fort le dimanche à 18h, mais aussi, en s’installant dans le Valenciennois dès le 26 avril, où ils créeront des surprises aux habitants du Pays de Condé, en partenariat avec Le Phénix, pôle européen de création, Valenciennes Métropole, la Société Immobilière Grand Hainaut. Les habitants seront ainsi invités à être acteurs de cette aventure circassienne et sensorielle. Alors ouvrez l’œil à la sortie d’une école, à l’arrêt du tramway, sur la place publique… En préambule au festival les mercredi 2 et jeudi 3 mai, No visa for this country, par la Compagnie Sous X, offrira un travelling fictionnel en paysage urbain, une balade urbaine, sonore et insolite à Condé-sur-l’Escaut.

(Crédit photo CDB)

Des créations bien sûr et des premières !

Ce qui prouve, s’il en était encore besoin, la très belle notoriété qu’a acquis au fil du temps le festival. Les Turbulentes sont le terrain de jeu de quelques compagnies artistiques dont les spectacles sont fraichement sortis d’usine ou de fabrique…Parmi les créations accueillies, on retrouvera avec grand plaisir la Cie Carabosse avec Par les temps qui courent…, un carnet de voyages photographique, pictural, musical et enflammé. Venue fabriquer son spectacle au Boulon, et toujours accompagnée par cette petite flamme, chère et précieuse, vacillante et fragile, qui donne à voir les ombres du monde. La Cie Sens Ascensionnels avec Demandons l’impossible, livre une chronique familiale de Mai 68, racontée par Mélina, une mère de famille. Le Collectif de la Meute & Le Groupe-Zur avec Le révélateur, installation théâtrale et poétique sous bulle, qui telle une goutte de rosée géante offrir un agrandisseur de notre quotidien qui nous invite à regarder le monde autrement. Les Délices DADA avec Les 4 Saisons, une revue musicale et imaginée dans laquelle la Cie a décidé de chahuter Vivaldi à la nuit tombée.

Alors on va voir quoi aux Turbulentes? Petit tour des compagnies et des spectacles.

Des propositions théâtrales avec La Cie des Ô avec FRACASSE ou les enfants des Vermiraux, une épopée imaginaire guidée par trois orphelins courageux et révoltés contre l’autorité des adultes dans l’œuvre de Théophile Gautier Le Capitaine Fracasse. Puis un second opus sera présenté [SH] Sherlock Holmes, son dernier coup d’archet, du théâtre forain burlesque et musical qui porte sur les tribulations du détective anglais. Garniouze Inc., Je m’appelle, une déclamation poétique de rue qui dresse des portraits d ‘hommes et de femmes du monde du travail qui viennent mettre en lumière la condition des êtres humains dans un siècle de guerre économique. Le Grand Colossal Théâtre, Jean-Claude dans le ventre de son fils, d’Alexandre Markoff , une fable rocambolesque et survoltée. Délit de Façade avec En apnée, une déambulation théâtrale en adolescence. Portée par une urgence à vivre leur amour jusqu’à la fin, tirée du film Nos étoiles contraires, cette pièce place les spectateurs comme témoins d’une histoire d’ amour. Un spectacle d’une grande humanité sans jamais tomber dans le pathos.

De la danse avec la Cie Furinkaï , avec Origami, un duo à ciel ouvert pour une danseuse acrobate et un imposant container, à la croisée de la danse, de la musique et de la poésie et Bruissement de Pelles, un pas de deux espiègle et insolite entre lutte martiale et joute amoureuse. La Cie Didier Théron, La Grande Phrase, une performance dansée sacrément gonflée où quatre danseurs investissent les rues de la ville, les corps enveloppés de latex aux couleurs chatoyantes, gonflés et déformés.  Solsikke,  avec Rejoindre le papillon, une fable dansée sur la fragilité qui soulève la question du handicap tout en poésie et en douceur.

(Crédit photo Hiroshi Fujii)

Du théâtre de rue, avec le retour de la CIA-Compagnie Internationale Alligator avec Dessous d’Histoire. Après 1789 secondes et Jean- Jaurès, ils reviennent avec une fresque théâtrale itinérante embrassant 2400 ans d’histoire ! Un rythme effréné où philosophes croisent des personnages historiques. Le Collectif Communerevolte avec Commune révolte, une pièce pour 9 comédiens, 180 spectateurs et 120 barrières. Du théâtre de rue politique et humaniste où il est question de révolte, de cri du peuple, d’universalité et de liberté. AIAA ! Compagnie avec Argent, pudeurs et décadences, une comédie financière et corrosive qui plonge le spectateur dans le royaume délirant de la monnaie. Drôle et sans complaisance. La Cie À Petit Pas, Le genou de Marilyn, un seule-en-scène drôle et décapant, un spectacle humain à l’optimisme rageur. La Collectif Plateforme, TRAFIC, du théâtre de rue « coup de poing » qui s’attaque avec force à ce que l’on appelle pudiquement « le plus vieux métier du monde » ( A partir de 15 ans. Attention certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.) La Cie Bougrelas avec Ils étaient plusieurs fois, du théâtre de rue déambulatoire.

Des déambulations avec Les Sans Compagnie Fixe avec une déambulation allumée avec des Têtes d’ampoule qui illumineront de leur filament incandescent les rues à la nuit tombée. Les Cubiténistes avec Paroles d’habitants, paroles de rue, manifestation artistico-décalée et La Cubipostale – Bons Baisers des Turbulentes, une performance mobile photographique qui invite, à l’heure des textos et autre Snapchat instantanés, à créer des cartes postales colorées sur Mai 68 « avec vous en vrai dedans. » Une batucada haute en couleurs avec la Cie Zebatuca et son Viens chercher bonheur…

Les arts de la piste aussi, avec Les Frères Troubouch, Le spectacle des Frères Troubouch, du cirque acrobatique et burlesque pour un moment « 100% plaisir de pure rigolade » Robin et Valentin vous muscleront les zygomatiques avec du cirque acrobatique et burlesque complètement déjanté. Le grand duduche Lolo Cousins et la Cie Emergente pour un Déséquilibre passager, dans un solo désopilant d’un jongleur pas banal.

C’est une habitude, les inconditionnels du Centre régional des arts du cirque de Lomme et les élèves de sa formation professionnelle seront présents avec CRAC de Lomme 3e année en piste, et le CRAC & Compagnie Escale pour Graffs de cirque, un laboratoire de cirque en rue. Sans oublier Slowpark, avec une fête foraine pour escargots et La Cie Titanos avec Carrousel Titanos, une agitation foraine.

On va voir aussi la belle exposition photo de Vincent Vanhecke, photographe associé au Boulon durant quelques années, arpentant au fil des saisons culturelles, les espaces du Boulon et les rues du festival, à la recherche d’instants de grâce artistique et de complicité humaine. Puis The color of time clôturera en couleurs, ces Turbulentes XXè édition, une ode à l’amitié, au vivre ensemble, des couleurs pour rassembler, non pas pour diviser ! Alors « rêve ta vie en couleur c’est le secret du bonheur. »

Céline Druart Beaufort

 

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Publié par Celine Druart le 25 avril 2018
Le Boulon Les Turbulentes Vieux-Condé
(Les Turbulentes) Le Boulon en allumeur de rêves !
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