Direct du producteur dans le panier du consommateur. L’AMAP de Fresnes / Pays de Condé est une des plus importantes de la région. La consommation de proximité ça s’organise. On a testé pour vous.

Sur Fresnes-sur-Escaut, une AMAP à dimension régionale fait vivre l’agriculture locale

Vendredi denier à Fresnes, les petites dames avaient les bras chargés de panier. Elles sont venues chercher leurs légumes bio et des petits extras, bio eux aussi : œufs, fruits, jus de fruit et produits laitiers. Et tout ça issu de l’agriculture locale et biologique. Mais l’AMAP, késako ? Une Association qui contribue au Maintien d’une Agriculture Paysanne. Comment ? En mettant en relation des consommateurs et des agriculteurs du territoire.

A Fresnes / Pays de Condé, on équilibre sur le territoire l’offre et la demande

La proximité est devenue un critère de choix pour les consommateurs. L’ objectif est simple : proposer des produits bio et locaux sur le secteur. Ici les distributions ont débuté en 2009 après 2 ans de réflexion. Travaillent avec l’AMAP, la ferme de la Boucaulde à Flines-les-Mortagne qui fournit des produits laitiers, ainsi que la EARL La Couturelle à Rumegies de Matthieu Lubret pour les pommes, poires et jus de fruits.

Pascal Echevin, le président de l’AMAP, détaille «ce qui implique une volonté de contribuer à faire vivre l’agriculture locale. La plus grande difficulté fût de trouver un maraîcher, Vincent notre maraîcher travaillait chez Biocoop à l’époque, il s’est installé avec l’AMAP en 2011, il a débuté avec nous». Il ajoute «si nous constatons qu’un paysan ne gagne rien ou pas grand chose au vu du travail fourni, nous en discutons ensemble et essayons de fixer un juste prix. Nous essayons à notre échelle de faire en sorte que les agriculteurs puissent vivre dignement».

Petit b.a.-ba de l’AMAP

AMAP

«Les consommacteurs » peuvent acheter directement les légumes bio à un producteur local, via un panier de 10 ou 15 € hebdomadaire, qui correspond à l’adhésion annuelle à l’association. Seul engagement : venir chercher son petit panier tous les vendredis, rue Edgar Loubry à Fresnes, ou en cas d’absence en faire profiter quelqu’un, il existe même un réseau des Amapiens pour pratiquer le « copaniérage ».

Primo ce n’est pas plus cher que dans le commerce, secondo cela permet à un agriculteur local de vivre dignement, «ce qui est tout de même plus noble que de continuer à enrichir les hypermarchés qui écrasent les producteurs en tirant les prix vers le bas», explique t-on à l’AMAP.

Alors il y a quoi dans ce panier ? Tout naturellement le contenu du panier, équilibré, varie en fonction des saisons. Bah oui on ne mange pas des fraises en plein hiver! Même si dans cette société de consommation-tout tout de suite-, certains ont tendance à oublier qu’il y a des saisons !Donc des produits locaux, de saison, frais et peu d’emballage! «Même des surprises de temps en temps avec des légumes oubliés, rutabagas, chou rave, topinambours, panais, chou pointu, chou kale, arroche….plus de 40 sortes de légumes», détaille Pascal Echevin qui œuvre avec Daniel Ansart, ancien agriculteur et fondateur, ainsi qu’avec Cécile Forsanari et Vincent le maraîcher. «Les deux distributions ont lieu à Fresnes et à Marly, et de temps en temps, le maraîcher peut demander de l’aide pour enlever les pommes de terre et monter les tunnels, alors ici on met la main à la pâte», ajoute le président. Presque 80 adhérents mis en relation avec les producteurs locaux

«les gens mettent souvent un peu plus que le prix mini du panier, par solidarité avec le paysan»

AMAPÉvelyne vient toutes les semaines depuis 2 ans, elle fait partie de la soixantaine d’adhérents, «tellement je suis contente, c’est du bio, proche de l’agriculture. Dès que j’ai su que c’étaient des produits naturels et des produits de saison. Je ne vais jamais au supermarché, je viens chercher mes légumes ici à l’AMAP, en plus c’est bien plus convivial», confie t-elle avant d’ajouter «et oui il y a un petit goût d ‘autrefois». Et on y revient avec plaisir. Pour Pascal Echevin, le président, devenu adhérent il y a un an, tout a commencé avec un panier à 10€… «ma voisine prenait des paniers ici et je me suis laissé entraîner dans l’aventure».

Sylvie vient d’Anzin «chercher des produits frais, des œufs, des produits laitiers, je viens toutes les semaines. Sinon je vais aussi au Biocoop mais surtout je vais chez les petits commerçants, il faut les faire vivre. Je ne fais que l’appoint en grande surface».

Daniel Ansart, ancien agriculteur tient sa place dans le petit local, il veille au grains, souriant, il explique «nous sommes une des plus grosses AMAP de la région. L’avantage c’est aussi le prix du panier mini, les gens mettent un peu par solidarité avec le paysan car ils trouvent que le paysan ne touche pas assez. L’objectif est que cela soit intéressant pour nous mais aussi pour les paysans. En fonction de ce que Vincent récolte le prix du panier varie».

L’AMAP se développe avec un coup de main de la municipalité

Un projet qui ne pourrait exister sans le soutien de la mairie de Fresnes qui met à disposition la terre et qui fera évoluer le projet de base avec « une proposition de terres supplémentaires et même un futur local», pour l’AMAP qui a signé un bail environnemental  avec la mairie et le Parc naturel. La saison 2016 a repris depuis fin mars mais il est bien-sûr possible de prendre le train en marche. Sur le temps que l’on est restée, ce vendredi soir, on en a vu défiler des petits paniers. Un vrai retour vers la nature, peut être même qu’un jour, on fera la cueillette de fraises avec les bambins.

AMAP Fresnes – Contact : amapfresnes@gmail.com ou 06.72.92.74.36

http://www.amapfresnes.lautre.net/

Celine Druart Beaufort

 

Publié par Celine Druart le 24 juillet 2018
AMAP Fresnes-sur-Escaut Pascal Echevin
(Rediff) L’AMAP favorise les circuits courts
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