Plus de 14 mois après les législatives 2017, l’ambiance politique au sein des collectivités locales permet de fixer un premier état des lieux dans les principales villes de l’arrondissement. Particularité, le tremblement de terre politique en 2017 impose un regard très neuf sur les futures joutes municipales, normalement en mars 2020 (visuel de la Maison des Associations de Marly).

(Visuel de la Caserne Vincent, achetée au Ministère de la Défense, revendue à La Financière Vauban)

Tout d’abord, il faut planter le décor. L’arrivée en trombe sur l’échiquier politique de LREM, mais également de la France Insoumise, pour ces prochaines élections municipales 2020 est à prendre en ligne de compte, et bien sûr sans occulter également les mouvements tectoniques entre le parti LR et le Rassemblement National (ex FN).

Ensuite, par quelle fatalité serait-il interdit de faire de la politique durant un mandat comme si la chose était incompatible avec la défense des intérêts de ses administrés. La Politique n’est pas une injure pendant 5 ans et demi redevenant miraculeusement consommable pendant 6 mois avant une échéance locale.

Voilà un panorama 2018 de l’état de lieux de quelques villes principales du Valenciennois, basé sur des observations de terrain, toujours du terrain ! Pour commencer, deux communes au microscope, Valenciennes et Marly.

Du coté de Valenciennes

Honneur à la ville centre (43 500 habitants environ), Laurent Degallaix est le maire de Valenciennes depuis juillet 2012 suite à la démission de son mandat de Dominique Riquet. Ensuite, il fut élu, pour la 1ère fois au suffrage universel, au second tour en mars 2014.

Les premières rencontres, en début de campagne d’Emmanuel Macron, ne furent pas d’un enthousiasme partagé entre Jean-Louis Borloo et le Président de la République actuel. La petite histoire explique (parfois) la grande histoire, comme celle d’un rapport mis aux oubliettes et d’une réflexion culinaire, très indigeste pour l’exécutif, par l’ancien ministre d’Etat.

Concernant Laurent Degallaix, il s’est affiché Macron compatible depuis janvier 2017. Lors de la sortie remarquée de Jean-Louis Borloo au cours de la manifestation nationale sur la rénovation urbaine, le premier magistrat a essayé plus ou moins bien de réduire la portée des propos de son mentor sur une chaîne d’information en continu bien connue, mais son agacement était visible à l’écran. Tout le monde est sur les dents, mais également dans l’attente d’une fin d’année 2018 scabreuse pour le pouvoir exécutif, et par ricochet pour le Parti politique LREM. Il est urgent d’attendre… politiquement !

Le revers de la médaille d’une Macron compatibilité est que nombre d’adjoints, et autres élus, de la majorité actuelle pensent que leur tête est déjà dans le panier. Marion Peretti a déjà quitté le bateau, d’autres n’en pensent pas moins avec de véritables velléités pour ces municipales. Le danger principal du maire sortant pourrait venir de l’intérieur sauf si une pointure civil(e) débarquait comme un Jean-Louis Borloo en 1989, et rafle tout. Ce scénario n’est pas impossible compte tenu de la notoriété de cette commune, modeste en population, mais emblématique politiquement parlant !

Atout du sortant : Valenciennes est une ville avec de nombreux projets de taille dont la sortie est programmée (Centre aquatique, Passage de l’Arsenal, Eglise Notre Dame-du-Saint- Cordon etc.) fin 2019/ début 2020, un classique du genre, mais orchestré jusqu’à l’extrême par le maire en responsabilité. Certes, une ville centre attire toutes les convoitises, mais paradoxalement le paysage politique local ne change pas, ou très très peu. Certaines figures comme Jean-Claude Dulieu ne repartiront sans doute pas au combat, toujours rude, d’une élection locale. Pour le reste, sauf si les ambitions individuelles, et les égos, s’agglomèrent, l’émiettement des forces politiques sera très très profitable au maire sortant, voire carrément un boulevard pour cette élection locale en l’absence d’une nouvelle pointure politique évoquée ci-dessus, mais inconnu(e) à ce jour.

Point faible du sortant : La différence est tangible et palpable entre le programme de campagne 2014, et les réalisations durant le mandat. Si certaines décisions s’expliquent compte tenu de la contraction budgétaire, d’autres nécessiteront une communication appropriée et pertinente, les très belles et les très mauvaises surprises, voire les virages à 180°, méritent une explication. tant l’incompréhension et l’impopularité ont gagné du terrain. Les dossiers du Mont Piété et plus directement la politique de stationnement pourraient coûter beaucoup de voix à l’heure du bilan.

En filigrane, croire que balancer sur Facebook constitue l’alpha et l’omega de la communication est une lourde erreur. Ne pas se confronter à la critique est une preuve de faiblesse politique, ce qui ne fut jamais le cas de Dominique Riquet au pire moment des Grands Travaux de Valenciennes, et Dieu sait s’il fut exposé aux vents contraires !

Du coté de Marly

La situation larvée de la majorité municipale s’est décantée depuis le 20 juin dernier, c’est plus sain compte tenu d’un vote majoritaire du comité local du P.S afin de présenter une liste indépendante du PCF aux municipales 2020. La Fédération du Nord laissera-t-elle faire ? Martine Filleul, patronne du P.S dans le Nord, pourrait être mise sous pression et pas seulement par les membres du P.S.

De l’autre coté, Jean-Noël Verfaillie compte tenu des alliances probables entre le Parti Radical et LREM pour les européennes, pourrait partir sous une étiquette large, UDI, LR, Parti Radical, LREM. Une liste Rassemblement National est annoncée pour cette joute locale 2020, à suivre !

Par contre, une liste de La France Insoumise a peu de chance de chances de voir le jour face à un candidat historique du PCF comme Fabien Thiémé.

Au crédit de la majorité vient en premier lieu le cadeau de Valenciennes Métropole avec notamment la prise en charge d’un nouveau boulevard urbain devant le stade du Hainaut (ancienne voie ferrée), projet hyper structurant. Bien sûr, le travail conséquent sur les écoles communales, dans un état assez délabré avant sa prise de fonction, constitue un plus indéniable. Toutefois, le travail de la majorité, ô combien salutaire, sur la réduction de la dette locale ne pèse rien dans l’urne, on le constate au niveau national chaque jour. Ce message n’aura aucun crédit en 2020 surtout pour un candidat de gauche…

Pour sa part, l’ANRU 2 sera encore au stade des dossiers en cours en 2020, donc difficilement utilisable politiquement car ce projet fait l’unanimité. La rengaine « on a raté le train de l’ANRU » fonctionne un temps, mais elle perd tout crédit plus de 20 après, l’inefficacité d’un argumentaire existe clairement. D’ailleurs, c’est exactement le type d’opposition qu’il faut éviter face au Rassemblement National, des arguments version anti-fascistes qui ont une portée (encore) au niveau national, voire européenne, mais sans aucun crédit en 2018 au niveau local. Regardez les scores du Front National aux législatives en 2017 sur le Valenciennois, plus de langue de bois !

Ensuite,  indéniablement, même à l’heure du numérique, Fabien Thiémé est un bateleur performant sur le terrain, il bat le pavé avec ses compères du parti, chaque porte, chaque sortie d’usine, c’est une machine de communication politique remarquablement rodée, impressionnante !

Point faible du sortant : Chaque candidat a des anciennes prises de position, des casseroles plus ou moins encombrantes. Celle du premier magistrat est sa campagne 2008 contre l’implantation d’Auchan Marly afin d’obtenir les faveurs du commerce de proximité. Puis, sa volte face après son élection soutenant mordicus cette installation d’Auchan Marly, et par ce biais validant la position et la stratégie publique de Francis Decourrière pour entériner cette ZACOM invalidée en février 2014 à l’occasion du vote formel du SIPES. Rien n’est oublié du coté de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (et du commerce de proximité) qui va inaugurer son nouveau CFA le 10 septembre prochain à Saint-Saulve… Ensuite, on reste sans voix sur la réflexion du maire fustigeant le temps passé par un tuteur d’une collectivité locale en faveur d’un apprenti…, une concession non partagée aux élus du P.S de la majorité en 2014.

Enfin, l’élection municipale sur Marly ne sera pas comme celle de 2014, encore moins la partielle de 2016, elle pourrait être multi-listes et surtout le maintien au second tour, comme Jerome Leman en 2008, d’une troisième voire quatrième liste éligible au second tour tient la corde. Il y a un vent de campagne 2008 dans l’air au détriment de Philippe Duee à l’époque, les ingrédients sur la forme sont identiques, c’est manifeste !

Plus globalement, sur l’ensemble des communes, voilà ce qui resort du terrain, le vieil adage cher à certains élus : « Au 1er tour, on se compte, au second tour, on se rassemble », est éculé, fini, suranné, explosé façon puzzle, un phrase aussi vieille que l’âge du Président de la République… !

En 2018, nous sommes plutôt sur- « on essaye de rallier les 2 premières places au 1er tour (quel que soit les alliances), puis, au second tour, on torpille le sortant« … la défaite n’a plus d’importance ! Une atmosphère pesante de dégagisme se constate sur le pavé, dans les gouvernances locales, dans l’approche de sa communication avec l’administré, mais surtout dans les coulisses bien plus révélatrices que n’importe quel discours d’affichage.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 3 septembre 2018
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