Beuvrages poursuit sa rénovation avec le développement d’un nouveau tissu commercial en centre-ville. Après plusieurs installations, une nouvelle cellule est disponible. Pour rechercher un exploitant, EPARECA a sollicité le dispositif « Ma Boutique à l’Essai », et ses nombreux partenaires comme la CCI Grand Hainaut, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat…, et bien sûr la commune !

Ali Ben Yahia, 1er adjoint ville de Beuvrages : « C’est un vrai pari ! »

Pour les autochtones, la mutation urbaine de Beuvrages en moins de 15 ans est presque inconcevable. Et pourtant, elle existe sous l’impulsion d’un programme ANRU 1 à travers lequel Jean-Louis Borloo a testé le « produit ». Dans cette continuité, le commerce de proximité devait nécessairement réinvestir un centre ville transformé, mais aussi déserté. De facto, la Place de la Paix revisité fait l’objet de toutes les attentions.

Cette rénovation lourde de cette place centrale, proche de l’Hôtel de Ville et d’un espace vert, imposait le retour du commerce de proximité. Avec le soutien d’EPARECA, un promoteur public du commerce depuis 20 ans, plusieurs cellules sont déjà reprises en 2017 (coiffeur, boucherie, point chaud, vêtement). « Les bâtiments sont sortis de terre en 2012, puis 2016, pour un montant financier de 2,2 millions d’euros partagé entre EPARECA (50%), la Région, l’ANRU, Valenciennes Métropole, et la commune de Beuvrages », précise Christelle Breem, directrice d’étude stratégie et communication chez EPARECA.

Pour autant, une verrue urbaine encombrante demeurait au coeur du centre-ville, une plaie béante pour les yeux. En effet, la pharmacie historique dont les exploitants ont fait de la résistance « n’a pas souhaité se maintenir à cet emplacement. Ce départ d’une grande cellule a mis en difficulté la commune. Cela fait plus de 3 ans que cette dernière était inoccupée », entame le 1er adjoint pour planter le décor.

Cet espace commercial est tout à fait imposant avec pas moins de 245 M2, configuré en deux volumes quasi distincts, et un linéaire de vitrine impressionnant. L’oeil du chaland ne peut pas le rater ce qui constitue déjà un atout commercial, une activité de passage est envisageable.

EPARECA fait appel à la Fédération des « Boutiques à l’Essai »

Pour trouver une issue commerciale, l’organisme public EPARECA s’est rapproché de la  Fédération des « Boutiques à l’essai ». Cette jeune association (loi 1901) a vu le jour en 2013 « sur Noyon où nous avons testé une idée, celle de permettre un essai de 6 à 12 mois pour un exploitant. Le poids d’un bail 3,6,9 est très dissuasif pour un porteur de projet. Nous permettons à ce dernier de tester son projet pendant 6 mois, voire 12 mois maximum. Puis, il peut signer un bail commercial classique après cette année de lancement », explique Olivier Bourdon, le directeur de cette association.

A la lumière du taux des locaux commerciaux vides en France…, cette structure a parfaitement ciblé un marché de niche. « Aujourd’hui, après 5 ans, nous sommes intervenus dans une soixantaine de villes en France. Nous avons déjà été contacté par plus de 800 villes. Chaque mois, 3 à 4 nouvelles communes adhèrent (ce qui obligatoire pour une suite) à notre association. Avec EPARECA, nous collaborons également sur un dossier dans la région parisienne », ajoute Olivier Bourdon.

En l’occurrence, le site de Beuvrages « est atypique par sa surface (245 M2). C’est la 1ère fois que nous intervenons sur un local aussi grand. A ce titre, nous lançons aujourd’hui un appel à projets durant 3 mois. Notre mission s’inscrit dans le suivi du dossier, un loyer adapté, et bien sûr un accompagnement du professionnel », ajoute-t-il.

Les porteurs de projets seront bien accueillis. « Tout est très ouvert, 90% de la réussite d’une exploitation, c’est le commerçant lui même », souligne le directeur. Est-ce une lapalissade ? Pas tant que cela compte tenu d’une nécessaire remise en question comportementale du commerçant de proximité, l’emplacement, l’accueil, le sourire, la qualité des produits, la réussite passe par ce cocktail bien dosé.

L’expérience acquise depuis 2013 permet au responsable de la Fédération « Boutiques à l’essai » de dresser un profil du candidat. « Cela concerne souvent des personnes de la commune, un primo/créateur le plus souvent », conclut-il.

« Nous soutiendrons cette installation », Ali Ben Yahia

Bien sûr, les différents dossiers arrivés durant les 3 mois seront analysés dans les meilleurs délais. « Nous n’allons pas faire attendre trois mois un bon projet. Un comité de sélection est en place avec nos partenaires comme la CCI Grand Hainaut, et la Chambre des Métiers et de l’Artisanat  », poursuit Olivier Bourdon.

Pour sa part, la commune confirme son engagement « c’est un vrai pari, mais nous avons une volonté politique forte afin de faire revivre cette Place de la Paix. La commune sera donc très attentive à ce projet. D’ailleurs, nous soutiendrons cette installation à travers le fonds FISAC (Fonds d’intervention pour la sauvegarde de l’artisanat et du commerce) que nous venons de signer la semaine dernière, et porté par la commune. On espère une inauguration en février 2019 », conclut Ali Ben Yahia.

Entrepreneur, qu’attendez-vous ? Envoyez votre projet à la commune de Beuvrages !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 10 octobre 2018
Ali Ben Yahia Boutique à l'essai Christelle Breem EPARECA Olivier Bourdon
« Ma Boutique à l’Essai » à Beuvrages
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