Le soutien aux salariés d’ASCOVAL fut appuyé à travers une belle unanimité des élus du Conseil municipal de Marly. L’intervention d’Olivier Burgnies pour l’intersyndicale fut particulièrement édifiante concernant les blocages du moment. La suite de ce conseil municipal fut nettement plus tendue, c’est le moins que l’on puisse dire… !

Tous derrière ASCOVAL !

En toute légitimité, ce conseil municipal de Marly s’est ouvert par un échange sur la situation préoccupante de l’aciérie ASCOVAL, en présence d’olivier Burgnies, porte-parole de l’intersyndicale de l’entreprise.

Deux jours après une table ronde à haute tension avec tous les acteurs en lien avec le dossier ASCOVAL, Fabien Thiémé a déroulé les événements de ces derniers jours avec force de détails,  un propos très incisif avec une note d’espoir : « Aujourd’hui, il s’avère que la décision de justice est finalement repoussée au 07 novembre prochain, à la veille de la venue du Président de la République dans notre région. Ces deux semaines doivent permettre de finaliser le projet de reprise d’Altifort, et aux parties intéressées de définir la portée de leur engagement ».

Le premier magistrat a déposé une motion en soutien aux salariés d’ASCOVAL au nom de la majorité municipale. « Nous sommes allés ce matin à l’entrée de l’entreprise ASCOVAL voir les salariés grévistes, où nous avons d’ailleurs été très bien accueillis », ajoute Fabien Thiémé.

Pour sa part, Jean-Noel Verfaillie, a déposé également une motion au titre de l’opposition municipale. « Cette inquiétude (pour les 281 salariés) s’étend à l’ensemble des sous-traitants, et donc des entreprises et des salariés qui seront aussi impactés par la fermeture de l’aciérie, potentiellement plus de 1 000 personnes ».  L’effet domino ne fait pas mystère, la fermeture d’ASCOVAL aboutirait à une cascade de fermeture de sites industriels dans ce département.

Jérome Leman, pour la majorité, a mis en exergue l’attitude des salariés d’ASCOVAL. « Je suis touché par la persévérance des salariés d’ASCOVAL, c’est leur force. Je suis content de constater cette union allant bien au delà de tous les clivages politiques ».

La 1ère adjointe place au niveau où ce combat doit être « nous parlons ici de l’avenir de la sidérurgie en France ».

Enfin, Alain Mamolo rappelle la réalité de la situation « l’Etat est assujetti à une obligation de résultat ».

« L’Etat cautionne l’attitude de Vallourec », Olivier Burgnies

En premier lieu, le porte parole syndical souligne une fraternité entre les salariés « c’est une famille. C’est pourquoi, nous ne tolérons pas que l’on puisse fermer cette usine (très moderne). je tiens ici à féliciter les salariés pour leur dignité, et leur professionnalisme durant cette période d’incertitude ». Ensuite, il refait le film de cette histoire industrielle pas comme les autres, ballotée au gré des intérêts financiers.

«  Depuis le début, le Groupe Vallourec fait tout pour démolir le projet de reprise d’Altifort, c’est une honte accompagnée du silence de l’Etat. L’Etat cautionne donc l’attitude de Vallourec. On entend au plus niveau, c’est la fin des aciers spéciaux en France. C’est faux. Il existe un avenir pour cette filière dans l’automobile notamment », commente Olivier Burgnies en mimant le geste d’Hubert Paris, représentant Vallourec mardi dernier, balayant d’un revers de la main cette reprise industrielle par Altifort.

Il enfonce le clou sur la stratégie industrielle de Vallourec : « Ils veulent quitter la France, l’Allemagne, et l’Europe afin de produire en Chine, au Brésil, et maintenant en Ukraine. La fin d’ASCOVAL permettrait à Vallourec d’accélérer le processus de retrait en Europe de la production d’acier. Pour cela, Vallourec veut nous acheter avec un chèque. Non, nous voulons travailler », s’exclame Olivier Burgnies.

Enfin, Olivier Burgnies recadre certains chiffres. « J’entends toujours le chiffre de 51 millions d’euros, nombre que Vallourec aime mettre en avant. Non, le besoin réel pour valider cette reprise industrielle est de 35 millions d’euros environ, pas 51 millions d’euros ».

Et le Conseil municipal reprend son cours. L’’erreur eut été de croire que derrière cette belle unanimité, via un ordre du jour rikiki, tout allait glisser sans encombre. Que nenni, dès la 2ème délibération, les hostilités se sont ravivées, et pas qu’un peu !

Travaux sur les carrières souterraines

Le contenu de cette délibération est assez simple à la base. Elle fait référence à un emprunt contracté, à hauteur de 1 500 000 €, dans le cadre des travaux de carrières souterraines. Gros dossier pour la municipalité, car elle est confrontée comme Valenciennes à l’existence de multiples carrières à la fois sur le domaine privé, et sur le domaine public. Cette délibération suggère un glissement d’une somme de 25 000 €, de l’enveloppe prévue pour les travaux sur les écoles, vers le remboursement des intérêts de l’emprunt.

Tout commence assez sobrement par une question de Rita Cannas sur un point précis : « Pourquoi  est-il proposé de retirer cette somme de 25 000 € concernant des travaux dans les écoles ? Je propose de retirer cette somme sur la ligne budgétaire « Fêtes et Cérémonies ».

L’adjoint aux finances répond tout de go. « Compte tenu de la défaillance d’une entreprise choisie pour les travaux du restaurant scolaire du Groupe Marie Curie, ces derniers sont décalés. Nous pouvons donc faire glisser cette somme sur le remboursement des intérêts de cet emprunt ». Sur cette ligne, l’élue en charges des « Fêtes et Cérémonies » précise « et la culture. Ensuite, les coûts de sécurité pour encadrer toutes les manifestations sont multipliés par 3, obligation à la demande du Sous-Préfet de Valenciennes ».

Néanmoins, cette sortie de Didier Cayet enclenche la polémique avec Jean-Noel Verfaillie. « Cela donne tout le sens de votre politique réservée à l’école, vous auriez pu flécher des travaux dans un autre établissement scolaire de la commune. Nous le dénonçons depuis longtemps ». Ensuite, l’élu de l’opposition embraye sur le volet financier. « Pourquoi avez-vous contracté un emprunt en juillet 2018, alors qu’il n’est pas mobilisé, car les travaux n’ont pas réellement commencé à ce jour. L’expert n’a d’ailleurs pas rendu son rapport définitif ! ».

« En juillet 2018, nous avons signé avec la Banque Postale un prêt de 1,5 millions d’euros à un taux fixe de 1,35% sur 15 ans. C’était pressé afin de bénéficier de ce taux avantageux. Je précise que l’intégralité de ce prêt est dédié à ces travaux sur les carrières souterraines », explique Didier Cayet, adjoint aux finances. Il ne précise pas si ce taux a fait l’objet d’une négociation, détail qui a toute son importance par la suite. « Je vous informe qu’aujourd’hui le taux (à 15 ans) est monté 1,55% ce qui génère déjà une économie de 25 000 euros pour la commune », explique l’adjoint aux finances en brandissant une grille très récente de la Banque Postale

Jean-Noël Verfaillie répond sèchement. « J’ai contacté la Banque Postale, et un DGS en discussion avec cette banque ayant réussi à obtenir un taux inférieur au votre avec sans doute un plus mauvais dossier. Vous parlez de 1,55 %, mais avez-vous négocié ce taux ? C’est 1,55% avant négociation, c’est comme cela que cela fonctionne. Enfin, quel est l’intérêt de conserver 1 500 000 euros de trésorerie sans y toucher ? »

Marie Thérèse Ledrole s’empresse de souligner habilement « que des travaux sont déjà engagés pour ces carrières souterraines ! » Sauf que si l’expert n’a pas encore rendu son rapport dans son intégralité (?) les travaux, s’ils existent, sont l’objet d’un chantier préparatoire pouvant s’inclure dans une enveloppe souple d’un PPI de travaux de voirie comme c’est le cas sur Marly. Donc, sauf si un emprunt est contracté pour une étude, mais cela serait inquiétant, le juge de paix entre ces deux positions politiques sera le déclenchement réel des travaux dédiés au comblement des carrières souterraines sur Marly. Le delta entre le moment où le prêt a été contracté, et le début des travaux va générer un chiffre précis à l’instant « T », et simple à déterminer. Si ce chantier traîne en route, le montant pourrait être lourd pour les finances de la commune, et le tout sans utilité opérationnelle. A suivre de très près.

Sur le volet travaux dans les écoles, la 1ère adjointe rappelle les chantiers déjà entrepris depuis 2008. « Nous avons déjà réalisé 3,5 millions d’euros de travaux dans les écoles. Bien sûr, il reste beaucoup à faire, mais nous ne pouvons pas tout faire en même temps ». Ensuite, il est exact de souligner le gros chantier de désamiantage sur toutes les écoles de Marly, c’est peu spectaculaire, mais terriblement coûteux. La problématique de l’amiante est apparue assez récemment compte tenu de son utilisation sans vergogne pendant des décennies. Ensuite, la commune de Marly n’a pas contracté d’emprunt durant le mandat 2008/2014 compte tenu de l’état très difficile des finances de la commune à la fin du précédent mandat.

Dans la foulée, Christian Hanquet apostrophe Rita Cannas lui reprochant «  de ne pas être présente à la commission des finances. Nous aurions pu évoquer ce dossier durant cette dernière. J’en ai marre de ces jeux politiciens… ».

La réponse ne se fait pas attendre sauf que Fabien Thiémé ne laisse pas la parole à Rita Cannas essayant à plusieurs reprises de reprendre la parole. Le maire fait voter la délibération sans accorder un nouveau temps de parole à l’élue socialiste. Partie remise, elle attend la délibération suivante pour s’exprimer. « Les commissions des finances se déroulent à 17H30, ce qui rend difficile pour un(e) salarié(e) de venir surtout en travaillant sur Lille. J’ai appris en même temps que pour des élus (communistes), la commission jeunesse est retardée à 18H30. j’ai essayé de vous interpeller sur ce sujet », dit Rita Cannas en parlant au DGS de Marly (qui ne fait qu’appliquer des ordres politiques, c’est le principe).

Le premier magistrat monte le son « vous bénéficiez d’une indemnité afin de mettre en oeuvre votre mandat. Vous pouvez récupérer des heures de délégation au sein de votre travail ».

Jean-Noël Verfaillie prend la défense de Rita Cannas « sur le respect de la prise de parole à chaque fois qu’un élu est mis en cause ».. L’édile de la commune réplique « un règlement intérieur a été voté au début du mandat, et il est valable jusqu’à sa fin ».. ambiance, ambiance !

Subvention à l’association Gym Marly-Aulnoy ?

En fin de Conseil municipal, on assiste à une passe d’armes peu commune dans un hémicycle. En effet, la joute verbale porte sur une subvention… trop conséquente ! « M. Le maire, je vous lis différents courriers (ci-joint ici (Gym:aulnoy:Marly) de l’association sportive Gym Aulnoy-Marly ». Cette dernière nous demande une subvention pour changer son praticable, trop vétuste. Sur un coût total de 38 000 euros « nous avons réussi l’exploit de pouvoir prendre en charge 23 000 euros. Nous sollicitons donc une aide financière de la commune de Marly, afin de ne pas terminer l’année en déficit ». En clair, elle demande la différence soit 15 000 €.

Et la question d’Ain Mamolo est : « Pourquoi avez-vous financé 32 000 €, alors que 15 000 €, voire 10 000 €, eut été suffisant ! ».

Le maire ne répond pas à cette question directement. Il évoque le choix du matériel (négocié à 32 000 € ), le même que l’adjoint aux sports dan son propos, et sa responsabilité en cas d’accident. Assurément, elle est engagée à titre pénal au moindre accident, car au final, c’est toujours le premier magistrat qui est à la fête. Certes, mais cette réponse n’a rien à voir avec la question posée, étrange au plus haut point. Logiquement, Alain Mamolo souligne que cette réponse ne correspond pas à la question ! Le maire met fin au Conseil municipal, circulez !

Dire que ce Conseil municipal était monté, à juste titre, de toute pièce pour soutenir ASCOVAL, avec un ordre du jour d’habillage pour la forme. Que va-t-il se passer pour le ROB, et le budget ? Espérons que le syndrome Mélenchon ne gagne pas le Nord de la France… ! Heureusement, il y aura toujours un(e) ABRUTI(e) pour informer le citoyen.

En bref :

En février 2019, un Forum de l’emploi et du développement économique se déroulera au sein de la salle Schumann.

Enfin, entre la rue Jacques Brel et la rue Jean Ferrat, il faut mentionner l’excellente initiative d’une dénomination de rue «  France Gall » dans le lotissement ( tranche 4) entrepris par la SIGH. Ce qui permet de conclure sur un trait d’humour (noir) ce conseil municipal :

Soutien à ASCOVAL « Evidemment »

Tension politique au Conseil municipal de Marly « Evidemment »

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 26 octobre 2018
Conseil municipal de Marly
Soutien unanime à Ascoval et nouvelle tension politique à Marly
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