Au cœur du Grand débat national, les comités locaux du parti politique LREM s’activent afin de faire vivre cet échange citoyen et inédit. Un entretien avec Delphine Alexandre, responsable du comité LREM de Valenciennes depuis son origine en novembre 2016, est éclairant sur la volonté d’une parole politique locale tout sauf moribonde (visuel Delphine Alexandre et Pascal Marcy).

La République en Marche prête pour l’acte II ?

Porter aux nues hier, avec trop d’attente sans doute, LREM est à travers le Président de la République soumis aux tirs fournis des Gilets Jaunes, et de l’opposition politique démocratique, comme si la situation sociétale fin 2018 était la résultante de 18 mois de gouvernance, une vaste plaisanterie. Quand le bébé est beau, il y a beaucoup de papas, et visiblement face à une situation d’urgence sociale et démocratique, personne ne veut endosser pleinement cette paternité. Chaque Président de la République a apporté sa pierre à cet édifice en péril, un peu comme la Sagrada Familia à Barcelone, on dirait que la dernière pierre n’existe pas. Pourtant, comme le disait Winston Churchill  » La Démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres ». Toutefois, ce Grand débat national est aussi enthousiasmant, car notre démocratie n’est pas ronflante, comme une dormeuse, elle peut se réveiller pacifiquement via des réformes répondant aux aspirations du peuple. Pour Emmanuel Macron, le challenge est absolu, ne pas tordre le coup à son programme d’un président élu, et répondre à cette respiration démocratique. Le défaut tant reproché à Emmanuel Macron sur sa distance avec le peuple pourrait se transformer en qualité première, ne pas avoir la main qui tremble en frappant fort dès le printemps 2019, car la critique des Grands Diseux , mais petits Faiseux, gauche et droite voire extrême, serait coupée à la racine.

Sur Valenciennes, le comité LREM local se porte bien. « Nous sommes 333 membres à ce jour », souligne Delphine Alexandre. Chaque comité politique local appréciera ce chiffre militant avec envie, cette donnée peut surprendre par son importance, compte tenu que les comités LREM se sont multipliés depuis 18 mois dans le Valenciennois avec ses divergences, ses aspirations propres.

« La colère des Gilets Jaunes est légitime », Delphine Alexandre

Pour autant, le mouvement des Gilets Jaunes a ébranlé un exécutif  jusqu’au plus haut niveau dans ses certitudes sur un timing de réformes bétonné dans un calendrier sur 5 ans, mais 5 ans et la fin du mois, c’est un gouffre !

Malgré les vents contraires, la base militante demeure très mobilisée surtout depuis un regain de popularité du Président de la République exposant de nouveau au grand jour son talent de rhéteur, indéniable que l’on soit pour ou contre le fond du discours. « La colère des Gilets jaunes est légitime, on l’entend. Il y a eu des éléments de réponses. Il faut continuer à avancer », souligne la responsable du comité locale de Valenciennes.

Sur l’opportunité du Grand débat national, pas de faux fuyant, Delphine Alexandre répond tout de go : « Il a le mérite de replacer le citoyen au coeur de la politique. Il faut transformer ces colères en solutions », ajoute-t-elle. L’emploi, le pouvoir d’achat, l’expression démocratique au sein de la 5ème République datant de 1958 avec un lifting attendu… Clairement, les militants espèrent une sortie par le haut pour redynamiser un acte II du quinquennat. Sur ce chemin scabreux se dresse une élection européenne dont l’intérêt national va dépasser tous les enjeux habituels. Cantonné à la ligue 2 de la vie démocratique française, cette consultation démocratique du 26 mais prochain pourrait devenir un tournant de la 5ème République tout simplement.

« Il ne faut pas plus d’Europe, mais mieux d’Europe », Delphine Alexandre

La distance, les reproches sur le poids de l’Europe dans notre quotidien pleuvent sur cette institution. Pourtant, sur le Valenciennois, compte tenu du déluge de subventions de l’Europe sur ce territoire, le tramway par exemple, un nombre d’équipements faramineux existe grâce aux deniers de Bruxelles. Cet état de fait serait un plus juste baromètre d’une organisation européenne sur un arrondissement en urgence sociale. Le parti politique de la majorité présidentielle est conscient de cet enjeu électoral. « L’Europe reste à construire sur l’écologie, la défense, etc. au sein d’un monde en pleine mutation. Il ne faut pas plus d’Europe, mais mieux d’Europe », poursuit Delphine Alexandre.

Les Européennes seront-elles un tremplin ou un toboggan électoral pour Emmanuel Macron ?

L’organisation LREM pour les municipales

Né en mai 2016, ce mouvement politique devenu un Parti politique dès juillet 2017, une obligation démocratique pour bénéficier des recettes publiques inhérentes aux élections législatives 2017, s’est structuré comme un vieux routier de la Vème République. Néanmoins, afin de conserver une spontanéité issue de la base, succès indéniable du mouvement En Marche, ce parti se décline à travers plusieurs niveaux organisationnels. La stratégie pour les municipales est éclairante sur le sujet.

« Nous avons un comité politique par département, celui du Nord est composé des parlementaires (du cru), des représentants du JAM (Jeunesse avec Macron), Delphine Garnier (référent Nord), Clémentine Dupuy, le Haut Commissaire etc. Christophe Itier, Gérald Darmanin, et Gilles Pargneaux. Ensuite, il y a un Pôle politique par département, celui du 59 comprend Frédéric Marchand, Karim Chigri, et moi-même. Puis, le Nord est divisé en 10 territoires avec un référent politique, celui du Valenciennois est Sébastien Verschueren. Ces comités locaux vont remonter les réflexions d’un territoire au Pôle politique départementale, et ce dernier au Comité national », explique Delphine Alexandre.

Toutefois, le comité national a fait une distinction majeure. « Stratégiquement, il y a un choix entre les villes de plus de 9 000 habitants et moins », explique-t-elle.« Au final, après l’avis du Comité départemental, c’est le Comité National d’Investiture qui va décider pour les villes de plus de 9 000 habitants, cela concerne 63 villes dans le Nord », indique Delphine Alexandre. En clair, sur le Valenciennois, douze commune sont concernées : Valenciennes, Marly, Anzin, Denain, Saint-Amand-les-Eaux, Condé-sur-L’Escaut, Vieux-Condé, Raismes, Bruay-sur-l’Escaut, Saint-Saulve, Douchy-les-Mines, et Escaudain.

Ensuite, pour les villes de moins de 9 000 habitants, c’est le comité départemental qui fera le dernier choix. « L’objectif ultime est d’intégrer des élus LREM dans le maximum du Conseils municipaux, il faut s’ancrer localement », conclut Delphine Alexandre.

Calendrier du Grand débat national :

Pour cet échange citoyen, la ville de Valenciennes a planifié 4 dates, les 4,5,6, et 7 février au sein de la mairie de Valenciennes à 18H dans le Grand salon de l’Hôtel de Ville. De son côté, LREM organise une 1ère rencontre le vendredi 01 février une première réunion d’écoute à 18H30 au sein de la salle Pierre Richard à Valenciennes, puis le vendredi 8 février sur Artres. Au sein du comité LREM de Valenciennes, Delphine Alexandre est accompagnée dans la coanimation de Pascal Marcy et Geoffrey Pouchin

Daniel Carlier

  

Publié par Daniel Carlier le 27 janvier 2019
Delphine Alexandre LREM
Delphine Alexandre « transformer ces colères en solutions »
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