Au coeur de cette sensibilisation à l’entreprenariat, vous avez les établissements scolaires avec en figure de proue les établissements du secondaire. Au sein du lycée Wateau à Valenciennes, Delphine Alexandre, professeure de sciences économiques et sociales, a pris l’initiative d’organiser une journée de rencontres avec des acteurs de l’entreprise sous la tutelle enthousiaste du proviseur de l’établissement Régis Dufour-Lefort.

Changer l’approche de l’entreprenariat

Tout d’abord, la réforme des lycées est basée sur un constat clair, celui d’un échec patent « avec 40 % d’échec des jeunes en études supérieures », souligne le Proviseur. Cette donnée chiffrée s’accompagnait d’une habitude très française « tous les jeunes devaient absolument faire « S » pour espérer la meilleure orientation ouvrant toutes les portes », poursuit-il.

Ce taux d’échec n’est même pas inquiétant, mais tout simplement insupportable tant les conséquences, sociales parfois, professionnelles surtout, peuvent devenir catastrophiques suite à une mauvaise orientation. Il fallait donc trouver une autre voie pour amener l’élève du secondaire a faire les bons choix. Concernant la réforme en cours « nous sentons une inquiétude dans le choix des spécialités, l’esprit a changé. Aujourd’hui, les orientations se baseront sur les compétences acquises et plus sur un BAC devenu très généreux », explique le proviseur.

Assurément, cette année scolaire est singulière, car elle marque la dernière année de l’ancien BAC, et la première année de la Réforme des Lycées. « Dans les salons, les élèves de terminale rencontrent un double langage. Ils ont des conseils par rapport à cette année du BAC (traditionnel) tout en sachant que la réforme est en cours. C’est compliqué », souligne Régis Dufour-Lefort.

Néanmoins, chaque responsable d’établissement met tout en oeuvre pour sensibiliser les jeunes pour l’après BAC. C’est pourquoi, depuis « 3 ans, nous organisons la journée des métiers. Nous avons la chance que des parents prennent une journée afin de venir ici sur un stand pour faire connaître leur métier », précise le proviseur.

Ensuite, depuis 2 ans, Delphine Alexandre est la référente « Insertion professionnelle et relation école/entreprise » pour le rectorat de Lille. C’était donc la personne idoine pour une nouvelle initiative au sein du Lycée Watteau à Valenciennes.

« L’idée est de sensibiliser les élèves de terminale à travers une rencontre avec le monde de l’entreprise », Delphine Alexandre

A travers une demi-journée de rencontres avec des acteurs ou accompagnants de l’entreprise, l’idée est de fournir des clés de lecture pour les jeunes à la veille de passer dans le sas des études supérieures ou tout simplement de rentrer dans le grand bain de l’entreprise. « L’idée est de sensibiliser les élèves de terminale à travers une rencontre avec le monde de l’entreprise. Le jeune ne doit pas se sentir isolé avant de se lancer. Cette initiative voire d’autres pourraient créer un esprit entrepreneurial pour certains lycéens. Aujourd’hui, il faut admettre que notre société est très rétive à l’échec, la peur d’échouer… », explique Delphine Alexandre.

« Notre système scolaire n’est pas celui qui favorise les initiatives », Régis Dufour-Lefort.

Concernant notre rapport à l’échec, notre système de pensée est (encore) un boulet en France. Très imparfaite sur bien des points comme la notre, la culture anglo-saxonne sur cet item promeut tout simplement l’initiative d’entreprise, c’est le parcours naturel, échec ou pas, peu importe dans le cycle professionnel du moment que l’on continue d’avancer.  Le très charismatique Winston Churchill disait : « Le succès, c’est d’aller d’échec en échec avec enthousiasme »…, une phrase résumant tous les discours en la matière.

En clair, il faut combattre cette idée simple où subir un échec est étroitement lié au simple fait d’entreprendre. Non, l’important est de ne pas s’arrêter et de s’orienter initialement vers le secteur vous correspondant le plus. « Nous n’avons pas cette culture du droit à l’échec. Notre système scolaire n’est pas celui qui favorise les initiatives », Régis Dufour-Lefort.

Le 14 mars 2020

« J’ai présenté ce projet dans toutes les classes de terminale (350 élèves environ) avec un accueil très favorable à cette initiative. En fait, c’est juste une question d’approche, car j’observe une évolution d’esprit positive chez les jeunes sur ce sujet. C’est pourquoi, j’ai contacté 8 intervenants : la BGE Valenciennes, l’UPHF afin de nous parler du statut (nouveau) de l’étudiant entrepreneur, l’entreprise dans le numérique AKAO, le Pôle Emploi pour leur soutien au jeune entrepreneur, Innovons Développons l’Esprit d’Entreprendre Académie de Lille, Entrepreneures avec Voyages autour de nous et l’association Planète0259, MAIF pour l’Economie Sociale et Solidaire, Pour toi l’entrepreneur, association lilloise pour accompagner des porteurs de projets dans les quartiers ! Ainsi, huit ateliers seront organisés et chaque élève de terminale pourra choisir en amont 4 ateliers pour y participer. Cette manifestation se déroulera le samedi 14 mars de 9h à 12H au sein du lycée Watteau », explique Delphine Alexandre.

C’est une première en 2020 et un 1er succès pourrait ouvrir cette demi-journée vers un public plus large dans les établissements de Valenciennes ces prochaines années.

Enfin, afin de coller à cette journée d’une Conférence nationale sur le handicap, un jeune en situation de handicap n’est pas non plus exclu de l’entreprenariat !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 11 février 2020
Delphine Alexandre Lycée Watteau Régis Dufour Lefort Valenciennes
Devenir chef d’entreprise n’est pas une tare !
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