Durant cette période de guerre sanitaire, évoquons la ville de Valenciennes à travers les deux conflits mondiaux, et notamment la seconde guerre mondiale où la ville-centre a particulièrement souffert. En effet, le centre-ville détruit a fait l’objet d’une lente reconstruction très éprouvante pour la population, le tissu économique, une ville touchée dans son âme prenant presque 20 ans pour retrouver un nouveau visage… (visuel de la Place d’Armes avant les travaux).

(visuel de la Place d’Armes en travaux dès 1946 avec les stands commerçants, l’Hôtel de Ville, et l’excavation gigantesque rempli d’eau… logiquement)

Une reconstruction sur 20 ans

La bijouterie Houlné installée sur un stand de la Foire commerciale de Valenciennes en 1935.

Dans la nuit du 21 au 22 mai 1940, des pillards ont mis le feu à la Bijouterie Houlné, au 25 Place d’Armes, le feu s’étend bientôt aux maisons voisines, puis à la rue des Moulineaux, à la rue des Anges, à la Place du Commerce, etc., un sinistre durant jusqu’au 31 mai. Quatorze jours d’un carnage ravageant le centre-ville, l’hôtel de ville, le théâtre également Place d’Armes, derrière la Tour, le rue de la Halle, la rue de la Nouvelle Hollande, la rue des Tripiers, la rue Delsaux, le rue du Quesnoy jusqu’à la rue de Hesques, la rue de Mons jusqu’à la rue des Chartreux, la rue de la Viénade jusqu’à la Place Verte, la rue de Lille jusqu’à la caserne Vincent, la rue Saint-Géry jusqu’à l’ancienne piscine Avenue d’Amsterdam. Au total, 967 immeubles sont détruits sur Valenciennes dont le plus célèbre, l’Hôtel de Ville dont seule la façade a résisté en partie !

En 1941, jugé dangereux, le théâtre est rasé. Ce lieu de culture ne reviendra plus jamais sur la place centrale. Le premier plan de reconstruction est établi par l’architecte Albert Laprade, en 1942. Très ambitieux sur le papier, cette reconstruction reprend au final un plan élaboré par le service de la voirie, un fil rouge ressort… l’hygiène avec des espaces dégagés, très ordonnancé en ligne verticales comme pour tous les immeubles de la Place d’Armes et de la rue de la Paix. Le fameux Ilot 1 a démarré en premier avant l’hôtel de ville dont l’achèvement sera seulement réalisé en 1956, puis son occupation complète en 1957.

Pour autant, l’activité économique même au sein d’une ville occupée devait reprendre ses droits. En 1942, un groupe de commerçants demande à la municipalité d’installer des lieux de vente en attendant la reconstruction. C’est pourquoi (voir visuel d’accueil) des baraquements ou petits stands, 54 au total, sont installés sur la Place d’Armes, mais également Place du Commerce. Très insuffisant, l’association des sinistrés fait construire rue de Lille et Place du Hainaut 35 nouveaux commerces.

Enorme excavation Place d’Armes

A la Libération en septembre 1944, le remembrement est déjà très avancé. Pour ce chantier hors norme, une excavation hors norme fut nécessaire dès 1946 sur 150 mètres long et 50 mètres de large (visuel d’accueil). Ce visuel date de 1947/1948 avec une seule grue sur la gauche. Ce « lac » artificiel, d’un mètre de profondeur environ, était particulièrement dangereux avec une légère barrière, un câble simple tendu à un mètre du sol, et mal éclairé la nuit d’où quelques ennuis de circulation… piétonne et routière.

Les derniers travaux furent achevés en 1959. D’ailleurs, le Général de Gaulle est venu saluer la renaissance de Valenciennes le 29 septembre 1959… durant un périple dans les villes du Nord de la France, il y a tout juste plus de 60 ans !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 27 mars 2020
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Valenciennes et sa reconstruction… !
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