En pleine pandémie mondiale, la France a choisi d’appliquer à ses ressortissants un confinement du mardi 17 mars à 12H jusqu’au lundi 11 mai. Les modalités de ce dernier, en comparaison avec les autres pays européens, furent jugées comme le plus strict du Vieux-Continent. Dont acte ! Néanmoins, l’épisode des élections municipales apparaît comme un trou dans la raquette sanitaire plus nous avançons…. vers un dénouement !

Le choix politique économique ?

Le confinement a démontré par les chiffres son efficacité sanitaire à un moment où la propagation du virus était galopante dans certaines régions françaises. Voilà au moins une donnée tangible durant cette période incertaine, mais tout un chacun peut le comprendre face à un virus que l’on connaissait pas il y a quelques mois… !

Pour autant, quelques jours avant le 15 mars, la tendance impulsée par le Président de la République était au report de ce 1er tour. Consulté, le Président du Sénat, les partis politiques ont mis la pression et convaincu un 1er Ministre, lui même candidat dans sa chère ville du Havre, qui l’attend après le remaniement gouvernemental.

Il est évident que personne ne peut imputer aux élus locaux cette participation famélique rendant compliqué l’exercice sur le long court d’un mandat local. Dont acte, sauf recours au Tribunal administratif (22 sur le Valenciennois), ce 1er tour est validé pour environ 30 000 communes alors que le volet de sécurité sanitaire fut mis à mal notamment dans les soirées de liesse des listes gagnantes. Toutefois, une étude comparative est venue préciser cette semaine que la propagation du Covid-19 n’avait pas été plus forte malgré l’effectivité de ce Coronavirus.

Aujourd’hui, l’autre défi est l’organisation du second tour pour 5 000 communes. Depuis une semaine, la tendance penche à l’organisation courant juin de ce second tour des municipales. La date du 28 juin tiendrait la Pôle, les services de la Préfecture de la région des Hauts-de-France doivent se tenir à disposition le week-end du 28 juin…, c’est un élément tangible et concret !

« Une évaluation sanitaire… 15 jours avant le second tour », Conseil scientifique

Cette préférence du 28 juin afin de boucler les dernières communes, et surtout la mise en place des intercommunalités, est l’option de l’exécutif. D’aucuns pourraient croire que le volet sanitaire n’est plus la priorité… ! Le coût pour l’Etat d’une organisation de deux tours en septembre et octobre, et de facto de rembourser les candidats dans 5 000 communes, pèserait sur le budget national déjà mis à mal durant cette crise sanitaire inédite. 

Comment peut-on organiser un 1er tour, le 15 mars, dans un temps sanitaire risqué, et en même temps imposé un confinement aussi strict. Par contre, ce 1er tour a eu l’immense mérite de se réaliser au cours d’une campagne municipale classique sans crainte massive sanitaire tout au moins dans son déroulement sur le terrain.

Pour ce second tour, l’option du 28 juin constitue clairement un choix politique pour le Président de la République. Remanier son gouvernement au plus tôt, et ainsi tourner cette page pour écrire un nouvel opus de ce quinquennat atypique pourrait expliquer ce choix tout sauf sanitaire.

Cette option, envisagée par l’exécutif, a reçu le feu vert, ou plutôt orange, du conseil scientifique un peu plus tôt dans la matinée, sous réserve d’une «nouvelle évaluation» sanitaire «quinze jours avant le second tour». Le Conseil scientifique précise également «les risques sanitaires importants liés à la campagne électorale».

En pratique, les listes devraient être déposées le 02 juin, une campagne débuterait le 08 juin, et un nouveau verdict sanitaire pourrait stopper tout le processus vers le 13 juin… ! De qui se moque-t-on ?

« On ne peut pas faire du porte-à-porte masqué », Richard Ferrand

Le Président de l’Assemblée nationale, un Marcheur qui a contribué à l’élection d’Emmanuel Macron, s’est même ouvertement opposé à cette date du 28 juin. Son argumentation transpire le bon sens, qui a tant manqué pour le 1er tour.. : « La démocratie, ce n’est pas que le vote. Ce sont des campagnes qui permettent des débats, les campagnes ne (pourraient) pas se dérouler, parce qu’on ne peut guère réunir plus de 10 personnes, on ne peut pas faire du porte-à-porte masqué», commente Richard Ferrand sur France 2.

De l’autre, de nombreux maires en place montent au créneau pour maintenir cette date du 28 juin comme Anne Hidalgo, la maire de Paris, voire Christian Estrosi, le maire de Nice. L’intérêt stratégique de la prime habituelle du sortant conjuguée à la gestion locale du Covid-19, tout rentre en ligne de compte.

Diable, pourquoi ne pas avoir tout simplement début mars prolongé d’un an tous les mandats des maires afin de s’occuper de tous les autres sujets sanitaires et économiques, un poil chronophage.  Organiser un scrutin des élections départementales conjugué à celui des municipales, en mars 2021, était-il plus compliqué que tout ce que nous vivons en direct au quotidien ? Tout est reporté, des Jeux Olympiques à la moindre manifestation culturelle, c’est un futur scandale d’Etat qui s’écrit sous nos yeux écarquillés.

Que la démocratie s’exprime est une chose, qu’elle coûte des vies en est une autre. Il y a eu beaucoup trop de vies sacrifiées dans notre histoire pour ne pas prendre en compte la valeur d’un bulletin de vote dépouillé de tout autre considération que l’exercice d’un droit de vote plein et entier, sans peur et sans crainte ! On voit parfaitement le poids énorme de notre prison politique, l’ancien monde est plus en forme que jamais. Jamais il n’y a eu un nouveau monde différent des pratiques de l’ancien, le monde d’après Covid-19 à l’analyse des comportements, tous partis confondus, laisse très songeur sur la suite !

La réponse définitivement provisoire devrait tomber ce 22 ou 23 mai… !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 19 mai 2020
Elections municipales
Le Second tour des municipales en pleine polémique sanitaire… !
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