La rentrée de septembre avec le duo sanitaire/économique est complexe pour tous les édiles de France. Pour autant, les majorités municipales ne s’arrêtent pas de travailler et s’attèlent aux projets en cours et à venir. A Trith-st-Léger, tel est le destin de cette proposition urbanistique de l’équipe majoritaire municipale pour la réalisation d’un ensemble bâtimentaire dédié aux aînés, et implanté sur un espace vert historique dit le Bois Trinquet !

(Visuel pris de l’escalier menant à l’école maternelle dans le Bois Trinquet)

Un consensus et des divergences sur l’implantation d’un béguinage pour les personnes âgées

Comme beaucoup de communes du Valenciennois avec un passé industriel très marqué, il n’existe pas véritablement de centre-ville. L’hôtel de ville ou l’église faisait office de marqueur. Au fil des mandats, les maires tentent de corriger cette erreur criante dont ils ne sont pas responsables à l’origine.

Ce postulat sur Trith-st-Léger se conjugue avec une altimétrie surprenante sur cette commune de plus de 6 000 habitants. En effet, la déclivité entre la Maison du Peuple et la piscine, avec une ouverture incessamment sous peu, est problématique. Cette particularité amène les élus en responsabilité à une « réflexion globale sur le centre-ville de Trith-St-Léger. Nous travaillons sur l’accessibilité, un réaménagement du parvis de la mairie, de l’église, une coulée verte jusqu’au parking de la piscine », souligne Jean-Paul Dubois, le 1er adjoint en charge des travaux. Assurément, le besoin criant d’une meilleure accessibilité des espaces publics en extérieur et intérieur s’avère majeur dans le Valenciennois, voire toute France, car l’accès aux personnes en situation de handicap ne fut jamais une priorité budgétaire sur les territoires, on rame aujourd’hui pour rattraper un retard endémique, bref !  Toutefois, la volonté de faire est là à Trith-St-Léger, dont acte !

« L’étude de faisabilité révèlera si celui-ci (Le Bois Trinquet) est le meilleur !  », Dominique Savary

Dans ce registre, l’évolution sociologique de notre corpus citoyen amène les autorités à repenser les conditions de logement de nos aînés. En 2020, il n’est plus question d’isoler des aînés le long d’un canal (de l’Escaut), de les excentrer tout simplement, voire de les regrouper dans un collectif sans âme…, ça c’était hier. En 2020, les aînés réclament un complexe urbain à taille humaine, proche du centre-ville avec des services associés, commerces, médicaux etc. Le béguinage constitue la tendance actuelle indéniablement, un sentiment renforcé durant cette période de crise sanitaire où l’isolement des anciens fut problématique. Justement, cet aménagement d’un béguinage en escalier, en partie sur le site du Bois Trinquet (AN n°68 : 5 662m² et  AN n°641 : 724m²), arrivant sur la Médiathèque pourrait être, selon la majorité municipale, une opportunité au coeur de la ville pour les anciens.

Sur ce registre, le maire, élu au 1er tour, enfonce le clou d’un projet déjà évoqué dans le magazine de la municipalité en mars 2019. « Nous ne pouvons pas isoler nos aînés sur un site hors du centre-ville. Pour moi, le site du « Bois Trinquet » est un emplacement, l’étude de faisabilité révèlera si celui-ci est le meilleur ! Cette étude est partie pour au moins 8 mois, le débat est lancé ». Le maire insiste sur le temporalité du projet en  question… « nous sommes très en amont d’un éventuel projet sur cet emplacement. C’est pourquoi, je ne comprends pas bien cette sortie médiatique », ajoute-t-il.

Sur ce point, l’opposition répond « que ce dossier existe depuis 15 ans. Non, ce n’est pas une découverte, des plans sont déjà sortis, il est déjà très avancé ».

« L’écologie n’est pas du saupoudrage vert », Christophe Vanhersecker

Christophe Vanhersecker, liste d’opposition avec 30% d’électeurs le 15 mars dernier, fustige : « Bien sûr, il n’y a pas de débat sur l’opportunité de réaliser un béguinage pour nos ainés. Par contre, on ne détruit pas 1,2 hectares de biodiversité, un site où la nature est ensauvagée, c’est un poumon vert qui ne peut pas être remplacé en centre-ville par des plantations, des bacs à fleurs. L’écologie n’est pas du saupoudrage vert. Le Bois Trinquet est un réservoir d’oxygène pour notre commune ! ».

Du coté de l’édile, il réfute l’idée d’un manque de sensibilité écologique. « Je ne peux pas laisser dire que nous ne pensons pas à l’environnement. D’ailleurs, nous avons racheté le site sur les HAUTS TORDOIRS (Côté Chemin du Halage, écluse de TRITH SAINT LEGER) : AM n°367: 2 732m²; AM n°510: 43m²; AM n°511: 32 997m²). Ce sera un nouveau poumon vert avec un parcours pédagogique, voire santé, sur un périmètre important. De plus, il figure bien dans mon programme un aménagement du chemin du halage, le long de l’Escaut, où nous pouvons également proposer à la population un espace de promenade aménagé et très agréable », indique Dominique Savary.

Le leader de l’opposition de gauche répond tout de go : « Il y a clairement un manque de cohérence écologique de la municipalité. D’un côté, elle veut créer un nouveau poumon vert sur les HAUTS TORDOIRS, et en même temps supprimer un autre en centre-ville, celui du Bois Trinquet », assène Christophe Vanhersecker.

Consultation des ainés ou référendum d’initiative locale ?

Si nous avons compris que l’inclusion des personnes âgées dans la cité ne fait pas débat. Le lieu d’implantation est controversé. Dans cette optique, le premier magistrat veut « consulter la population concernée, nos aînés ! Nous organiserons des réunions pour recueillir leur avis », indique Dominique Savary.

De son coté, Christophe Vanhersecker y voit une méthode très corsetée : « Je préfère un référendum d’initiative locale. La municipalité doit consulter tous les administrés sur ce sujet, les plus jeunes ont également un avis sur l’emplacement d’un site pour leurs aînés ».

Autre emplacement ou pas ?

Pour Christophe Vanhersecker « du coté de la Place Mendela, vous avez trois maisons abandonnées. Il serait possible de construire sur cet emplacement, un quartier calme, mais très vivant à certaines périodes de l’année ; il existe une autre possibilité proche de l’EHPAD les « Godenettes » où une grande pelouse est disponible ; et enfin près de PSA Valenciennes (ex SMAN). On peut réfléchir à d’autre scénarios afin d’éviter un biocide. Le solde de cette opération serait obligatoirement négatif. Par contre, il serait possible de réaménager ce Bois Trinquet avec l’escalier remontant vers l’école maternelle, un espace de récréations, un parcours pédagogique, une source de fraîcheur ! », conclut Christophe Vanhersecker.

Enfin, le maire de Trith-st-Léger, élu sur un programme « et pour s’inscrire dans la continuité des mandats précédents » souligne l’importance de ce temps d’étude « où des experts vont nous aider dans notre réflexion urbanistique sur ce projet. Nous avons besoin d’eux ». Bien souvent, ces spécialistes indépendants permettent aux collectivités d’économiser des fonds publics et de choisir le site le plus pertinent possible, dossier à suivre de près ! A n’en point douter, ce projet refera également surface au moment des prochaines élections départementales, c’est une évidence politique !

Cartographie non contractuelle de l’emprise (en rouge) du projet sur le Bois Trinquet

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 23 septembre 2020
Bois Trinquet Christophe Vanhersecker Dominique Savary Trith-St-Léger
Le « Bois Trinquet », la rupture politique « d’écologie durable » à Trith-st-Léger
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