« La vie est belle », mais pas tous les jours durant cette période anxiogène ! Pour Thomas Lefebvre, il n’était pour autant pas question de céder au climat ambiant, ils ont ouvert leur boulangerie ce lundi 02 novembre, Place du 8 mai, sur Saint-Saulve en plein confinement, chapeau (visuel Thomas et Maurinne).

Thomas Lefebvre : « Impossible de ne pas ouvrir ! »

D’aucuns diraient qu’il est tombé dans la marmite ou plutôt dans un laboratoire de fabrication artisanale de pain. « Dès l’âge de 5/6 ans, on m’a montré des photos où j’essaye de faire du pain. Ensuite, je suis un gros consommateur de pain à la base, et enfin j’aime travailler ce produit à des heures décalées. Je me suis fait très rapidement à ce rythme dans cette profession », indique Thomas Lefebvre.

Sans surprise, Thomas après un cursus classique jusque la 3ème a fait son fameux stage obligatoire de 3ème, en option cette année, au sein de la boulangerie de M. et Mme Broquet « Les Blés d’Or ». « On m’a proposé un contrat en apprentissage durant 3 ans, 2 ans en CAP et un en mention boulangerie à la fois au CFA de Prouvy (aujourd’hui Saint-Saulve), et chez la boulangerie les Blés d’or », explique ce jeune chef d’entreprise de 24 ans.

« Aucune aide bancaire », Thomas Lefebvre

Dans son parcours, il a poursuivi son expérience « par un emploi chez le pain Harrys, mais cela ne m’a pas plu du tout. Toutefois, j’ai vu ce qu’était du pain industriel. Ensuite, j’ai travaillé pendant 5 ans chez la boulangerie Paul, proche de la Pyramide Dampierre, où nous fabriquons le pain au quotidien », ajoute-t-il.

Comme très souvent, cette aventure s’écrit à travers une histoire commune. « Maurine (Stievenard) a perdu son travail durant le 1er confinement (chez Picard), et j’ai démissionné de mon emploi chez Paul. Il était donc pour nous impossible de ne pas ouvrir », ajoute Thomas.

Le nerf de la guerre à travers le financement d’un matériel demeure un écueil majeur pour tout artisan alimentaire à l’installation. « Je n’ai obtenu que des refus de prêt bancaire, un jeune de 24 ans au minimum de salaire, et une femme sans emploi,  n’intéressent pas les banques ! J’ai donc bénéficié d’un soutien familial, et un prêt consommation, là pas de problème ! », ajoute-t-il un soupçon ironique !

Son grand-père Bernard Lefebvre, de passage dans la boulangerie, est pétri de fierté en parlant de son petit-fils : « Il s’est battu comme un lion pour ouvrir ce 02 novembre ! »

« Les riverains sont au rendez-vous  », Thomas Lefebvre

On connaît la musique du client non bankable, mais ce discours où chacun devrait faire son chemin pour soutenir une économie de proximité devient très difficile à entendre. Pourtant, l’adage du commerce réside en 3 points, l’emplacement, l’emplacement, et encore l’emplacement, partant du postulat que les produits vendus, fabriqués sur place, sont d’une belle facture.

Ce jeune couple d’entrepreneur a récupéré un local vide « inoccupé depuis plus d’un an. On a tout aménagé nous-mêmes. J’ai acheté le matériel nécessaire pour 15 000 €, on me disait que c’était impossible, mais j’ai tout trouvé sur le Bon Coin », ajoute-t-il. Bien sûr, le matériel n’est pas de première jeunesse dans un espace de fabrication étroit, mais il suffit à cette heure pour fabriquer un bon produit.

En l’occurrence, sur la Place du 8 mai, cette boulangerie se situe face au renommé collège Notre-Dame de Saint-Saulve, près de l’école Saint-Joseph « où nos eux enfants sont à l’école. Ce quartier s’imposait ! », déclare Thomas. De plus, une maison de retraite est proche « avec des achats pour les visiteurs, sans parler de la MJC (hors Covid-19) où l’affluence sera très importante, notamment le mercredi ». En résumé, l’emplacement est canon pour la vie de quartier !

« Ouvert le dimanche après-midi », Thomas

D’ailleurs, le quartier s’est agité dès l’ouverture ce lundi 02 novembre. « Les riverains sont au rendez-vous. Ils nous remercient, car c’est le commerce qu’il manquait en plus d’une boucherie, d’un magasin de primeur, et d’un café. C’est également la première fois que je me retrouve en face des clients, avec Maurine, je n’avais pas l’habitude. J’était plutôt dans les laboratoires », souligne-t-il.

La « Boulangerie du 8 mai » va également proposer une originalité sur le Valenciennois. En effet, elle sera ouverte le dimanche après-midi (très très rare mis à part sur Le Quesnoy). « J’ai remarqué au sein de la boulangerie Paul que nous faisions un chiffre d’affaires le dimanche après-midi en pâtisserie plus important que durant le reste de la semaine. C’est pourquoi, nous serons ouverts le dimanche après-midi », conclut-il.

Maurine Stievenard et Thomas Lefebvre vous accueillent au sein de la « Boulangerie du 8 mai » (Place du 8 mai) : du mardi au samedi 7h-14H, 15H-20H, et le dimanche de 7h-13h, et 15h-18H.

A force d’entendre que les jeunes ne sont pas motivés, peu enclin à accepter des horaires contraignants, qu’ils ne s’adaptent plus à la vie d’entreprise, et voir qu’un couple de moins de 25 ans s’investit autant pour ouvrir LEUR outil de travail, on relativise beaucoup de propos. Néanmoins, j’ai raté quelque chose dans le Plan de Relance. A quel niveau cela coince-t-il ? Expliquez-moi cela comme à un enfant de six ans… !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 3 novembre 2020
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(Saint-Saulve) Une nouvelle boulangerie ouvre en plein confinement
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