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Keolis, 50 nuances de mobilité au service de l’individu !

Pour son entrée en matière comme nouveau délégataire de la DSP (Délégation de Service Public), KEOLIS, pointure mondiale sur le transport partagé, présente son analyse de la mobilité sur le Valenciennois dépouillée des glossaires surannés sur cette thématique où la masse fait le chiffre, le flux le maintien ou pas d’un service de transport collectif. Cette étude se nomme KEOSCOPIE.

Franck Duval : « Nous prendrons en compte les résultats de notre étude Keoscopie »

L’hypothèse de départ présentée par Franck Duval, le Directeur de Keolis Hainaut-Valenciennois, est une « co-construction avec l’AOM (Autorité Organisatrice de Mobilité), les élus communautaires du SIMOUV, de la mobilité de demain ». Derrière cette présentation se cache un programme de mobilité ambitieux et surtout innovant pour lequel KEOLIS a remporté ce marché public du transport collectif sur le Valenciennois.

Pour arriver à bonne fin, une étude emmenée par Eric Chareyron and co sera présentée aux élus du SIMOUV. Déjà, elle prend le postulat de balayer les vieux standards plantés dans le décor urbain « depuis le 1er choc pétrolier en 1974. Certains outils n’ont pas changé depuis cette date », commente Eric Chareyron. En effet, durant plus d’une heure de données, graphique, chiffre, analyse comportementale affinée, pousse l’auditeur à penser que « le déplacement régulier en mode pendulaire » est une image d’Epinal n’ayant plus de racines concrètes dans les modes de déplacements du XXIème siècle.

« Nous travaillons sur les flux et les individus », Eric Chareyron

La pratique courante dans les grandes enquêtes statistiques repose sur l’étude des flux. « Cela ne prend pas en compte le nombre de personnes individuelles bénéficiant au final d’un service. Par exemple, entre les communes d’Anzin et Saint-Amand-les-Eaux, on peut dire qu’en moyenne, moins de 10 personnes par jour utilisent le bus de 19H36 durant une semaine, mais une analyse plus approfondie révèle d’autres données. En effet, on peut dire avec certitude que 83 individus ont bénéficié durant la semaine de cette offre de service à 19H36. Voilà un exemple concret, nous travaillons sur les flux et les individus », explique Eric Chareyron.

Premier principe, l’observation du comportement des usages et de l’usager

Avec un temps d’observation, certaines évidences ancrées dans notre inconscient collectif sont battues en brèches. « On a étudié la sortie d’un centre commercial et on s’aperçoit que 75% des personnes partent sans un caddie de courses, surprenant ! », commente Franck Duval pour mieux illustrer les idées reçues.

Deux axes de mobilité sont décortiqués, les usages très différents selon la fragilité du public, l’environnement urbain où il habite, le fameux télétravail, le déplacement domicile/travail où là également « ne constituant pas du tout la majorité des déplacements au quotidien (environ 20%) », précise  Eric Chareyron.

« Une mise en oeuvre dès l’été 2024 », Franck Duval

Evidemment, l’usage d’un véhicule individuel impacte l’utilisation d’un transport en commun ou non, bus ou/et tramway comme sur le Valenciennois. En l’espèce, sur la ville de Valenciennes, 32% des habitants n’ont pas de véhicule, et 42% dans le centre de Valenciennes, 30% sur Anzin, 26% sur Condé-sur-l’Escaut, etc., ces chiffres s’expliquent à travers de multiples critères, personnes âgées en centre-ville, précarité, insécurité sur le prix du carburant… Un seul schéma de mobilité apparaît de fait très réducteur, mais une adaptabilité chirurgicale est plus requise sur l’ensemble du spectre « Nous avons des solutions de mobilité sur tous les modes de déplacement », poursuit Franck Duval.

Cette étude très complète présentée ce mardi 13 juin aux élus communautaires va déboucher vers un programme de mobilité dont l’effectivité opérationnelle est très attendue. « Sa mise en oeuvre est prévue pour l’été 2024, mais nous prendrons en compte les résultats de KEOSCOPIE », indique Franck Duval dont l’expérience dans les épisodes précédents de mobilité l’amène à penser autrement sur ce territoire « très particulier avec 4 pôles (Valenciennes, Condé, Saint-Amand, et Denain) pour 350 000 habitants et pas comme le plus souvent une grande ville centre et son agglomération », conclut Eric Chareyron.

Bref, le Valenciennois, unique, souvent cobaye ou laboratoire des bonnes, ou mauvaises, idées sur tous les sujets tant la densité est forte, tant son territoire est éclaté en terme de centre névralgique, dispersée géographiquement, une sociologie à la fois globalement jeune au regard d’autres urbanités, précaire, dynamique à bien des égards, complexe à appréhender, voire à capturer sa quintessence. L’enjeu est donc de taille pour KEOLIS, le nouveau transporteur… collectif du Valenciennois.

Daniel Carlier

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