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Le projet du mandat à Saint-Saulve (2026/2033), ne pas passer sous la barre des 10 000 habitants !

C’est la dernière ligne droite (avant le 30 avril) pour les votes du Budget Primitif 2026 au sein des collectivités publiques françaises. Sur le Valenciennois, avec l’enchaînement des votes dans les collectivités locales, on s’habitue à quelques données socles plus ou moins bonnes, toujours un peu pareil avec quelques variantes, mais toutes vilipendent la réduction du soutien financier du pouvoir central comme si les communes étaient responsables de tous les maux budgétaires de l’Etat. Néanmoins, l’exercice de gestion locale de Saint-Saulve demeure atypique et unique dans le Hainaut dans sa construction financière. Bref, il devrait presque figurer dans les formations pour les élu(e)s à la comptabilité publique partout en France ; un cas d’école complexe à résoudre « vous avez 4 heures… ». D’ailleurs, dès l’affectation des résultats de l’année précédente (pour les initiés), on comprend que ce BP est différent des autres !

Jean-Marie Dubois : « Nous ne pourrions pas voter un budget équilibré sans la reprise anticipée des résultats de l’année précédente »

En propos liminaire, le maire met en lumière une belle initiative saluée par l’ensemble de l’hémicycle local avec l’installation d’un « mur des élu(e)s », des photos depuis 1953, dans le hall de l’hôtel de ville. Ces photos de la représentation publique locale à Saint-Saulve, à travers les décennies, montrent quelque part que chacun des participant(e)s à un conseil municipal n’est que de passage. En toute logique, le souci de l’action sur la durée traversant les mandats devrait donc être le mantra de toute action publique locale et au delà… !

L’affectation des résultats 2025

Tout d’abord, il faut préciser que compte tenu de cette date tardive du vote du budget (comme à chaque élection locale) les données budgétaires (subventions de l’Etat et d’autres partenaires) sont connues. « Cette affection des résultats en fonctionnement et en investissement sera un copié/collé du CFU 2025 (Compte financier unique, l’ex compte administratif) », précise Jean-Marie Dubois afin de lever toutes les ambiguïtés.

Concernant le fonctionnement, le résultat de l’exercice 2025 s’élève à + 1 136 322 euros auquel il faut ajouter un résultat antérieur positif 5 928 493 euros, soit 7 064 816 euros sauf que dans toutes les autres communes, cette somme en fonctionnement serait transférée vers la section investissement ou en épargne, mais pas à Saint-Saulve… En effet, ce montant permet d’équilibrer le budget suivant, 2026 en l’occurrence !

Pour la section investissement, le résultat de l’exercice est très négatif (à l’instant T) à hauteur – 6 907 300 euros, malgré un excédent positif antérieur de 2 945 871 euros, donc un solde négatif de 3 961 428 euros. Dans ce cadre, Jean-Marie Dubois rappelle à l’auditoire, pour certain(e)s nouveaux, qu’un « déficit en investissement n’est pas inquiétant, il peut faire l’objet d’un virement de la section fonctionnement » sauf que la contrainte budgétaire se traduit sur Saint-Saulve en retardant l’investissement, parfois pour des causes exogènes, mais aussi pour des raisons endogènes. L’examen du RAR (Reste à Réaliser en investissement) dit tout de ce cas particulier, 5 410 745 euros en recettes à réaliser contre 1 099 981 euros en dépenses, et in fine un excédent global (Fonctionnement + Investissement) de 349 335 euros (5 410 745 – 1 099 981 – 3961 428 euros = 349 335 euros).

Sans ce report essentiel, le déficit (prévisionnel) de l’exercice 2026 serait de 6 907 300 euros.

La fiscalité locale

Jean-Marie Dubois explique les contours de ce BP 2026… particulier

Le choix de la commune demeure un maintien des taux de la fiscalité locale même « si un point de taxe en plus nous rapporterait 146 440 euros. Nous devrions, pour revenir au niveau de l’année dernière en recettes fiscales, réaliser une hausse de 4 %. Les causes sont doubles, la baisse de l’assiette fiscale sur les (grands bâtis) industriels et la diminution de la population », observe l’adjoint aux finances.

A cette occasion, le maire insiste sur la dimension pro-active dans la politique locale d’investissement :« Nous investissons directement sur l’îlot Mairie, le Groupe scolaire du Bas Marais, l’Eco-Village, le foncier de l’école du centre pour du logement et sans oublier l’engagement de l’Etat dans le centre pénitentiaire avec 700 occupants permanents. Si nous ne faisons rien en terme de projets, on passe sous la barre des 10 000 habitants à brève échéance. Enfin, nous travaillons activement avec Valenciennes Métropole (compétence économique) pour l’arrivée de nouveaux investisseurs (AXENS, MACARON). »

Le Budget Primitif 2026

Pour autant, l’épargne brute n’est pas non plus catastrophique sur cette cité. En effet, elle est de 4 823 633 euros (épargne de gestion moins les intérêts du capital) et l’épargne nette (épargne de gestion moins les intérêts et le capital restant dû) de 4 128 633 euros en 2025, en hausse importante par rapport à 2024 ( 3 060 024 euros). La dette au 31 décembre 2025 s’élève à 14. 415.926 euros avec 7 emprunts à la clé.

Le budget de fonctionnement s’équilibre avec 22 009 923 euros en recettes dont 51% de fiscalité locale, et une charge de personnel de 59% sur le total des dépenses de fonctionnement. « Il n’y aura aucun recrutement cette année (319 agents), mais nous subirons une hausse de 3,82% de la masse salariale », précise l’adjoint aux finances. On peut noter la présence importante de la CAF dans les services à la population locale (plus de un millions d’euros), mais aussi pour la « première fois notre DGF (Dotation Générale de Fonctionnement) sera égale à zéro en lien avec une baisse de 159 habitants, seule notre DSU (Dotation de Solidarité Urbaine) augmente de 10,33%. Nous ne pourrions pas voter un budget équilibré sans la reprise anticipée des résultats de l’année précédente », commente Jean-Marie Dubois.

Pour la section investissement, elle s’équilibre 12 834 378 euros, mais elle est à mettre en lien avec les opérations d’APCP (Autorisation de Programme et de Crédits de Paiements). En effet, si l’APCP de l’îlot mairie glisse très légèrement, celle du Groupe Scolaire décale de 2025 à 2026 près de 3 400 000 euros d’investissement en plus ; tout comme celui de l’Eco-Village de 720 019 à 1 900 000 euros en 2026. Est-ce la fin de ce décalage des travaux, impossible de le savoir pour le budget 2027 ? Quoi qu’il en soit, la commune doit ouvrir les lignes budgétaires au cas où un embellissement financier interviendrait… ! A souligner, l’école du Bas Marais et ses abords, à la fin des travaux, sera subventionnée à hauteur de 61,45%, un bon chiffre sur ce type d’équipement. Pour sa part, l’Eco-Village sera subventionné à hauteur de 60,08%.

Enfin, deux nouvelles APCP sont lancées pour le Château Fortier en souffrance bâtimentaire, notamment depuis le départ de la formation VALAREP (retour sur le site Dampierre Avenue de Denain à Valenciennes). « Nous devons changer la toiture, toutes les visseries et autres entretiens », ajoute Yves Dusart. A une question de Sheerazad Aouadi : « Pouvons-nous vendre le château Fortier ? », Loïc Ruol (élu et avocat) répond tout de go : « Le legs de la famille Fortier à la commune est inaliénable et les conditions d’activités au sein de ce Château Fortier doivent y répondre ! » Une autre APCP est lancée pour des travaux lourds de maintenance à la piscine communale. « Sans ces travaux, nous devons fermer la piscine », souligne l’édile.

Le Budget Primitif 2026 a été voté avec 6 voix contre !

Un prochain Grand Projet

A l’horizon 2030 au mieux, la requalification de la Friche de l’ancien hôpital psychiatrique pourrait devenir le Grand Projet de la 2ème partie de mandat. En effet, ce site appartenant au Centre Hospitalier de Valenciennes est en désuétude et une étude, dès 2021, a été lancée par Valenciennes Métropole.

Ensuite, plus de 150 projets, sur les 35 communes, ont été proposés à la CAVM. « Nous avons réussi à figurer parmi les 15 sites retenus et prioritaires en 2022, puis parmi les 6 d’interêt communautaire en juin 2024 », précise Yves Dusart. La démolition coûterait 4 015 000 euros avec une prise en charge de l’Etat ( 1 152 000 euros) et 2 863 000 euros partagé à 50/50 entre la CAVM et la collectivité locale. L’objet de cette délibération est de fait de conventionner avec l’EPF (Établissement Public Foncier) afin qu’il réalise cette opération de démolition urbaine foncière, une remise à zéro du terrain !

Concernant le projet en lui même, avec un conditionnel de bon aloi, le premier jet concernerait la réalisation d’un nouveau centre technique municipal, de 44 logements, voire d’une installation de commerces et d’équipements.

Toutefois, on n’oublie pas que la commune doit racheter au terme de la convention, de 6 ans avec l’EPF, le foncier en investissement et le projet associé à financer ! En l’état actuel des finances publiques de Saint-Saulve, c’est dans une autre vie… budgétaire ou un univers parallèle !

En bref :

Présentée par Pascal Coupez, la nouvelle grille de tarification 2026 pour l’accueil périscolaire, cantine, loisirs, séjours… se base sur les conditions de ressources. A cet effet, Virginie Hochart demande si cette « grille de tarification pourrait prendre en compte (aussi) l’âge de l’enfant. »

Le renouvellement du Conseil municipal des jeunes est un véritable succès. En effet, l’élue en charge, Cathy Marchetti, souligne le bouche-à-oreille positif de ce conseil pour les jeunes de 12 à 18 ans. « Il y aura deux mandats de 3 ans pour ces jeunes volontaires. Nouveauté, les anciens pourront venir faire du tutorat », précise-t-elle.

Dans le cadre de la Politique de la Ville, le contrat de quartier 2025/2030 a été validé entre la commune, l’Etat et le bailleur social SIGH. Sur ce point, le maire rappelle un fait local : « Nous sommes allés chercher avec les dents l’extension de notre QPV (Quartier Politique de la Ville) de la Pépinière avec l’ajout de l’Avenue Charles de Gaulle. »

Daniel Carlier

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