La trottinette, voilà un nouveau support de mobilité devenu un transport doux incontournable au fil des années. Dans cette optique, deux ingénieurs dans un incubateur chez Transalley présentent à Paris, dès ce samedi 27 avril, un modèle innovant d’une trottinette dans le cadre du célèbre concours Lépine.

(Visuel Rémy Montagne et Steven Pingon)

La trottinette Simone pour le dernier kilomètre

Force est de constater que la mobilité devient au 21ème siècle une donnée majeure dans tous les domaines. Que ce soit pour le trajet domicile/travail où dans le cadre d’une déambulation privée urbaine, le quidam souhaite optimiser son déplacement, le réduire, le rendre plus confortable, en résumé… consommer moins de temps inutile ! Dans cette logique de gain chronométrique, notre environnement soutenable s’articule vers une nouvelle réflexion appuyée sur les transports doux. Bien sûr, le vélo, électrique ou pas, constitue une véritable réponse, mais les versions pliables ne sont pas facilement transportables, le Skateboard demande une certaine agilité, l’Hoverboard attendra encore dans la Delorean de Marty Mc Fly avant une vulgarisation grand public. Que reste-t-il ? La trottinette vers laquelle un oeil condescendant s’était portée dès les premiers retours de flammes ? Oui, car les acteurs dans le domaine n’ont pas lâché le morceau, et aujourd’hui les trottinettes envahissent les rues à tel point que le législateur doit s’emparer de la thématique tant sa présence sur les trottoirs constitue un souci, qui l’eût cru !

« C’était comme un pied de nez à la voiture », Rémy Montagne

Sur le Valenciennois, deux ingénieurs spécialisés en automobile ont réuni leur talent pour porter un projet innovant dans le domaine de la micro-mobilité. En effet, Steven Pingon et Rémy Montagne sont dans la structure d’incubation de Transalley depuis deux ans. « Cela nous a permis de construire notre projet, résoudre les solutions techniques, et de trouver des partenaires financiers. Cela prend énormément de temps ! », souligne Steven Pingon.

A l’instar d’une impertinence bien sentie. Les porteurs de projet ont baptisé leur produit, SIMONE. « C’était comme un pied de nez à la voiture à travers une expression très connue-en voiture Simone-. Ensuite, c’est un nom que tout le monde connaît ! », lance Rémy Montagne. Pour le coup, l’idée marketing tient la route, gageons que ce modèle puisse devenir un standard, prendre sa Simone voulant signifier dans l’inconscient collectif la trottinette, comme le frigidaire en son temps !

La trottinette Simone, le défi technique d’abord de la micro-mobilité !

Simone repliée

Concrètement, ce n’est pas une innovation stricto sensu, car la trottinette existe depuis très longtemps. Le challenge pour tous les fabricants de ce mode de transport historique est sa légèreté, sa robustesse, son dépliage et son repliage, de facto son transport facile. Simone vise donc une révolution d’usage, la plus propice à l’utilisation massive de la trottinette.

« Nous avons cherché des partenaires techniques. Il nous fallait des analyses d’experts. C’est pourquoi, nous avons approché Valutec avec son centre d’essais très performant. Ensuite, sur ce territoire, nous avons pu trouver les partenaires pour fabriquer notre prototype », commente Rémy Montagne.

Bien sûr, cette phase technique fut possible grâce aux soutiens de nombreux partenaires financiers, Transalley, Val’Initiative, le Réseau Entreprendre dont le nouveau président sera élu à l’Assemblée générale jeudi soir, Valenciennes Métropole, l’association ARIA (Association Régionale de l’Industrie Automobile), la BPI qui a d’ailleurs « débloquer une bourse de 30 000 € nous permettant de financer les études etc. », souligne Rémy Montagne.

Le fil conducteur de ces industriels, espérés, était de concevoir un modèle léger, très robuste, et surtout facile à déplier, et aussi simple à replier, ce qui en l’espèce constitue une gageure tant certains modèles se sont cassés les dents sur le repliage après utilisation, parfois digne d’un gag. Non, là ce proto est bluffant. « Elle pèse 3,5 kg, soit l’équivalent de deux bouteilles d’eau, tient dans une sacoche en bandoulière, très compact repliée, en fait, cela représente la surface d’une feuille A4 avec 8 cm d’épaisseur. Ensuite, il est très facile à déplier pour son utilisation en 15 secondes maximum, et idem pour le replier », explique Steven Pingon. Démonstration à la clé, mais également par une personne venue assister à cette présentation ; dès la deuxième fois, la technique est prise pour ces deux phases fondamentales pour la réussite du projet.

Essai en direct sur le dépliage de Simone

Ensuite, Simone est fabriquée en aluminium. « La question du matériau est essentiel. Il fallait répondre à un cahier des charges important en terme de résistance aux chocs », précise Rémy Montagne. En effet, toutes les composantes d’une trottinette sont soumises à rude épreuve, le défi est colossal, car un produit trop peu résistant tuerait son développement dans l’oeuf. La crédibilité du projet passe de facto par ce triptyque : légèreté, solidité, simplicité !

Autre modèle en projection, la e-Simone « elle fait 1,5 kg de plus, c’est une trottinette électrique visant un déplacement pour plusieurs kilomètres. C’est d’ailleurs celle que nous avons présenté à la Gendarmerie à Valenciennes », ajoute Steven Pingon.

La phase industrielle

Plus complexe est la phase industrielle, Simone cherche encore un entrepreneur. « Nous sommes toujours à la recherche d’une entreprise pour la fabrication industrielle. Pour l’instant, notre meilleur contact est une entreprise suisse fabricant en Asie », précise Rémy Montagne.

Effectivement, quasi toute la filière de la trottinette est conçue en Asie. Un peu à l’image du secteur de la batterie électrique, l’Europe ferait bien de se pencher sur ces niches de production près de chez soi. Comme le disait à juste titre l’ancien Sous-Préfet de Valenciennes, Franck Olivier Lachaud « en France, on adore l’innovation, mais personne ne la finance… ».

D’autant plus que certains clients de qualité se profilent à l’horizon. « Nous avons fait une démonstration à la Gendarmerie de Valenciennes. Dans leur mission de proximité, ils envisagent une utilisation de Simone. Nous sommes très honorés. Ce serait un client fantastique », lance Steven Pingon.

Le Concours Lépine

Afin de motiver des investisseurs industriels, quelle meilleure publicité qu’une récompense au Concours Lépine. Chaque année, la célèbre Foire de Paris abrite durant 12 jours le très attendu Concours Lépine. « Les stands pour ce Concours Lépine sont très accessibles pour les exposants. Nous y serons dès samedi. Ce salon apporte une réelle visibilité, et plus encore si récompense », précise Steven Pingon. Voilà peut-être le début d’une success story Made In France.

Vous pouvez déjà commander votre Simone, pour un coût de 299€, sur le site : www.trottinettes-simone.com ; ce modèle sortira dès octobre 2019. Par contre, la version électrique sera disponible fin octobre 2020.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 23 avril 2019
Rémy Montagne Simone Steven Pingon Transalley Trottinnette
Simone en route vers le concours Lépine
Facebook Twitter Linkedin
Print Friendly, PDF & Email