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La démocratie participative dans l’R à Raismes

L’inauguration du R-Lab au sein du Château Mabille à Raismes met le doigt sur une démocratie participative engagée depuis 2017 à travers la démarche Raismes-2032. Tout ceci a démarré trois ans avant cette pandémie mondiale, avant des scores de participation indignes d’une république le 15 mars 2020 (1er tour des municipales), mais également aux deux tours des Régionales/Départementales. Tiens, la participation citoyenne tout le long d’un mandat pourrait-elle réduire l’abstention aux différents scrutins ? (Visuel regard urbain sur une forêt à découvrir).

(Discours d’inauguration du R-Lab à Raismes)

Aymeric Robin : « Administrer une ville s’inscrit sur le temps long »

Il faut avouer que l’actualité rejoint le projet Raismes-2032 au moment où la fin du mois, notamment durant les Gilets Jaunes, était la première inquiétude des Françaises et des Français, et à l’instant où une guerre belliqueuse en Ukraine menace nos démocraties, mais plus directement encore l’économie de proximité, le travail concocté pour l’année 2022 de la participation citoyenne à Raismes apparaît essentiel.

Jean-Paul Mottier, Karine Lippert, et Aymeric Robin

Pour présenter la philosophie de cette démarche, le maire de Raismes rappelle une pensée profonde. « Il faut échapper à l’échelle d’un mandat, administrer une ville s’inscrit sur le temps long, en clair alimenter l’avenir sur un projet à 15 ans. C’est pourquoi, nous adoptons une véritable stratégie participative de notre action publique. En fait, sans les habitants, on n’y arrive pas ! », commente Aymeric Robin. Bien sûr, tout cela ne doit pas obérer le quotidien, la difficulté « pour tenir le présent, mais réfléchir sur l’avenir », ajoute le maire. « Nous redonnons aux habitants le pouvoir d’agir. Nous visons une participation des habitants à part entière », commente Iris Jacquet, référente égalité filles-garçons du collège.

Pour arriver à bonne fin sur la commune de Raismes, deux cabinets extérieurs ont été choisis pour accompagner cette démarche, l’agence Copas et l’atelier Polis. Ensuite, cette initiative s’appuie également sur un Bassin minier, Patrimoine mondial de l’Unesco avec son dixième anniversaire en 2022, une concomitance parfaite avec cette année « 2022, année de la participation citoyenne ».

Ateliers participatifs suite du Marathon des idées, banquet citoyen, atelier « bien se nourrir », atelier sur l’engagement citoyen, et autre animations à venir au sein du R-Lab installé dans le Château Mabille. Tout est fait pour mobiliser les administrés dans ces murs, voire hors le murs avec un Ciné-Débat chez Arenberg Créative Mine, voire le très attendu « Gardin Party » du quartier Sabatier les 25 et 26 juin.

De la ville-rue à la forêt repensé concrètement… !

La particularité de cette commune de plus de 10 000 habitants est qu’elle est à la fois minière avec sa caractéristique récurrente, une ville-rue avec « une absence de centre-ville identifiée », mais également étendue sur une forêt de 3 300 hectares de forêt, 2/3 forestier et 1/3 urbain. « Une forêt maltraitée au début du XXème siècle perçue uniquement comme un pourvoyeur en bois pour l’industrie. Aujourd’hui, elle est reconstituée », commente Jean Paul Mottier, adjoint à la transition, à l’aménagement et au développement du territoire communal. Néanmoins, cela n’occulte pas les problèmes actuels de l’ONF en souffrance, à la fois financier avec la gestion de la forêt domaniale, mais également sur les effectifs contractés de cette institution au service de la nature. Le lien à tisser dans le temps entre cet espace forestier et la partie urbaine est dorénavant une évidence !

Tout d’abord, une visite à l’orée de la Forêt de Raismes où est implanté le Parc de Loisirs de la Forêt de Raismes est révélatrice. La forêt concentrait des signaux négatifs « avec une absence de balisage, un verbatim négatif durant les ateliers participatifs. On ne sait pas ce qu’il s’y passe. Alors, notre volonté est une approche apaisée de la relation ville/Forêt. Par exemple, durant le confinement, nous avons réservé la Drèves uniquement au mode doux. Avant de le faire, tout le mode disait, mais comment pouvons-nous faire cela, on perd un accès direct à Saint-Amand-les-Eaux etc. Dans les faits, cet axe en mode doux est un grand succès, les Raismoises et les Raismois s’accaparent ces balades en forêt », indique le maire.

Eco-ferme du Pinson

Ensuite, un passage à l’éco-ferme du Pinson montre la transformation d’une friche verte vouée aux dépôts sauvages en ferme dédiée à la culture maraichère, mais aussi des ruches, grâce à des personnes en insertion positionnées par la CAPEP. « Cela s’inscrit dans notre réflexion sur notre autonomie alimentaire, une production légumière, de volailles, mais également du miel sur ce site », poursuit Aymeric Robin. A l’heure où une crise alimentaire majuscule se profile d’ici 12 à 18 mois, rien n’est de trop.

Puis, un passage dans le « Square de Vicoigne » où les habitants ont choisi le contenu de cet espace délaissé. Il y a un espace sportif, des bancs pour déjeuners, et des bacs de plantations où « tout est comestible, radis, aromates, petits légumes. Même le nom de square a été choisi par les habitants », précise le maire. « Ce square est ouvert tous les jours, mais il est fermé la nuit. Nous n’avons constaté ce stade aucune dégradation depuis son inauguration en juin 2021 », explique Océane Bultez, la référence jeunesse de la Maison de quartier de Vicoigne.

Une cité minière revisitée…

Square de Vicoigne

Outre l’autonomie alimentaire «  l’autonomie énergétique, l’autonomie hydraulique, voire bâtimentaire fait partie de notre projet communal », déclare l’édile de la commune. Evidemment, le quartier de la cité minière Sabatier avec ses 1100 logements, dont 1 000 sociaux, pour 2 800 habitants, est un exemple criant. « Dans ce programme RBM (Renouvellement Bassin Minier), 800 logements seront rénovés pour rééquilibrer, mais également les espaces publics, le cheminement piéton… », précise Jean Paul Mottier.

Ensuite, la réhabilitation, voire la transformation du coeur de la Grand Place, constitue un enjeu majeur pour la commune. A cette heure, les véhicules passent de l’Avenue Jean Jaurès à l’Avenue Henri Barbusse sans savoir véritablement qu’ils ont traversé le centre-ville. La mission est de taille, à la fois paysagère en terme d’aménagement urbain, avec une prise en compte du commerce de proximité, mais aussi des institutions publiques, et de la proximité avec la forêt domaniale. Tout est à conjuguer à travers un projet pour lequel « la ville de Raismes va concourir à l’intégration de Raismes au réseau des villes-créatives UNESCO », conclut Corinne Créquit, Directrice générale de la ville de Raismes.

Daniel Carlier

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