Laurent Degallaix veut éviter une Présidence surprise à Valenciennes Métropole ?
Au fil des jours, si l’horizon d’un vote s’éclaircit pour celui de l’installation d’un nouveau maire de la majorité sortante à Valenciennes, le flou politique le plus total gangrène Valenciennes Métropole comme un miroir de l’impact judiciaire sur la conduite d’une intercommunalité de 35 communes. L’histoire dans l’histoire est souvent bien plus intéressante que l’issue finale d’un vote concerté en amont. Pour rappel, le maire de Valenciennes et Président de la CAVM est toujours en fonction dans l’attente de l’arrêté du Préfet du Nord suite à la réception du jugement. « Le délibéré sera envoyé d’ici une huitaine de jours, il fait plus d’une certaine de pages », commentait la Présidente du Tribunal de Lille le 30 avril dernier.
Fin de carrière politique ou pas, mardi 05 mai au matin, devant les agents de Valenciennes Métropole, le maire de Valenciennes a réaffirmé sa procédure en appel et son intention de revenir au sein de l’agglomération, donc par ricochet une nouvelle élection à Valenciennes afin de désigner les nouveaux conseillers communautaires de Valenciennes.
A plus court terme, Laurent Degallaix a également signifié aux agents de Valenciennes Métropole qu’il ferait un recours, notamment un référé suspensif, contre le prochain arrêté du Prefet du Nord « espérant gagner quelques semaines, quelques mois (administrativement parlant). » Ce n’est pas le premier dans ce cas, ni le dernier a être débouté par la justice administrative, mais un recours administratif de toute nature n’est pas suspensif sur le sujet de l’exécution provisoire. Les décisions des Tribunaux administratifs se basent sur la réforme de l’exécution provisoire, en 2019, modifiant les règles de celle-ci. En effet, ladite réforme consacre l’exécution provisoire de Droit des décisions rendues par les juridictions de première instance. Ainsi, même si l’article 539 du code de procédure civile a maintenu le caractère suspensif de l’appel et de l’opposition comme principe, l’exécution provisoire de Droit est devenu le principe. En résumé, Laurent Degallaix devrait perdre tous ses mandats la semaine prochaine sauf à penser que l’urgence personnelle du justiciable est supérieure à l’urgence collective à l’exécution (immédiate) de la peine.
Valenciennes Métropole, c’est très très chaud !
Evidemment, depuis le 30 avril, les velléités d’une candidature à la Présidence sont pléthoriques au sein de Valenciennes Métropole. Pour couper court à ces mouvements incontrôlés, Laurent Degallaix a donc réuni, toujours ce mardi 05 mai, mais en soirée, les 35 maires de la CAVM. Il a répété ses intentions judiciaires et administratives afin de calmer tout le monde et de gagner du temps sauf que… !
A l’agglo, les élu(e)s de Valenciennes ne sont pas majoritaire au sein de Valenciennes Métropole et ça change tout. Pourtant, Laurent Degallaix a essayé de construire une gouvernance la plus consensuelle possible jusqu’à son retour présumé, sauf qu’entre 2 ans (un peu la peine attendue) et 5 ans, il y a un fossé psychologique qui fait vaciller toute la construction politique.
A ce stade, quatre (voire plus) candidats sont sur la ligne de départ, Arnaud L’Herminé et Armand Audegond comme candidats putatifs à la Présidence, mais l’étiquette « Valenciennes » (pas bankable) fait peur à toutes les autres communes. Pour sa part, Jean-Noël Verfaillie ne fait pas totalement l’unanimité à ce stade, mais peut-être suffisamment pour un 3ème tour à la majorité relative. Du coup, Laurent Depagne, candidat plus fédérateur, se lancerait dans la course au cas où, sur un malentendu, mais comme candidat de gauche, sa proximité avec Laurent Degallaix déplaît au plus haut point à gauche ! Bref, un(e) candidat(e) va-t-il (ou elle) surprendre en s’affranchissant de la tutelle de Laurent Degallaix ? C’est un peu l’équation en cours de gestion politique et un certain Pierre Griner travaillerait fort à son élection intercommunale comme le 5ème élément au cas où avec au détour des soutiens de droite et de gauche, voire comme un impensé de la législative 2024. Le retour de bâton est un plat qui se mange froid… !
Pour résumer, vous avez peut-être encore en mémoire le chaos politique de la Législative 2024, sur la 21ème, dans le clan « Borloo » et in fine la victoire au second tour de Valérie Létard. C’est quelque part la même situation, mais dans un mode conclave électoral (petit rappel : le choix individuel du maire de Quiévrechain, Pierre Griner https://www.va-infos.fr/2024/06/14/21eme-pierre-griner-candidat-independant-dans-la-21eme-circonscription/, le renoncement de la députée sortante, Béatrice Descamps https://www.va-infos.fr/2024/06/13/la-deputee-sortante-beatrice-descamps-nest-pas-candidate-dans-la-21eme/, le choix de ne pas partir du candidat investi par la Majorité Présidentielle Jean-Noël Verfaillie https://www.va-infos.fr/2024/06/14/21eme-jean-noel-verfaillie-renonce-et-qualifie-le-discours-de-pierre-griner-de-populiste/, d’un soutien officiel, hors investiture, de la candidature de Pierre Griner par le Ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin https://www.va-infos.fr/2024/06/16/gerald-darmanin-apporte-son-soutien-officiel-a-pierre-griner-dans-la-21eme-circonscription/ , d’une candidature en fin de course de Valérie Létard https://www.va-infos.fr/2024/06/16/21eme-valerie-letard-et-salvatore-castiglione-se-lancent-dans-cette-legislative/). Clairement, la majorité du clan Borloo essaye de sauver à tout prix cette Présidence de la CAVM afin d’éviter le dernier clou du cercueil d’un autre temps politique révolu ! La bulle papale parviendra-t-elle a changé le cours de l’histoire initié le 30 avril dernier ?
A ce titre, il faudrait que nos gouvernants intercommunaux arrivent à respirer autrement que sous la coupe de l’Athènes du Nord… et pensent à l’avenir d’un territoire dont les besoins sont démentiels ! Dorénavant, Valenciennes, cette commune fière, ne peut à aucun moment être considérée comme la capitale (du Hainaut) au sens que nous donnons à ce mot ; par contre c’est une cité à la manière de la « Polis » grecque, centre d’un territoire et par suite aux responsabilités immenses sur les volets sociaux, économiques et politiques. Qu’on se le dise, cette condamnation (en 1ère instance) d’un homme ne doit pas faire baisser le niveau des ambitions d’un bassin de vie qui mérite autre chose que cette lumière judiciaire !
Daniel Carlier




















