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MG-Valdunes entre besoin de commandes et besoin d’une énergie pas chère

L’industrie française est en péril , et ce n’est pas la crise du coût de l’énergie qui va démentir cette tendance. Comme un exemple criant de cet état de fait, l’entreprise MG-Valdunes à la fois sur Trith-st-Léger et Leffrinckoucke (proche Dunkerque) est en grande souffrance avec une double problématique, un manque criant de commandes et un coût de l’énergie trop élevé pour ce type d’industrie très consommatrice.

Ludovic Bouvier : « Le véritable problème est d’obtenir des commandes (pour MG-VALDUNES) ! »

La flambée des prix de l’énergie secoue toute l’industrie lourde sur l’hexagone. Cela se vérifie encore au sein de l’entreprise MG-Valdunes, reprise en 2014 par un actionnaire majoritaire chinois, où l’avenir est compliqué pour un maintien de ce site de production en France. « MG-Valdunes est le dernier fabricant en France de roues et essieux pour les opérateurs de la filière ferroviaire », précise Ludovic Bouvier, responsable régional CGT métallurgie. Aujourd’hui, sur les deux sites, MG-VALDUNES est composé de 368 salariés contre 517 auparavant, les démissions défilent faute d’un avenir industriel solide, mais surtout VALDUNES est le profil typique de l’ETI française (Entreprise de Taille Intermédiaire) qui fait tant défaut dans le tissu industriel français comparativement à l’Allemagne… !

Un délégué CGT-MG-VALDUNES sur Trith-st-Léger commente la réalité industrielle : « En 2001, la SNCF a passé une commande de 43 000 roues et 5 000 essieux. Les deux dernières années, la commande de la SNCF fut inexistante, et pour 2022/2023 seulement 6 000 roues. Aujourd’hui, la SNCF commande essentiellement en Espagne, Italie, et en Théckie ».

En 2022, le prévisionnel le plus optimiste est « de 22 000 roues au budget, alors que le point d’équilibre est de 60 000 roues annuel, et encore avec des coûts énergétiques antérieurs à la crise actuelle de l’énergie. Nos seuls clients sont allemand, sud-africain, et américain, mais également la RATP pour une petite partie », ajoute un autre délégué CGT de MG-VALDUNES.

Tout cela permet de dire sans faux fuyant que « Le véritable problème est d’obtenir des commandes (pour MG-VALDUNES) ! », indique Ludovic Bouvier.

« 40% de chômage partiel tous secteurs (hors supports) », Délégué CGT MG-VALDUNES

Dans cette optique, il ne fut pas très étonnant pour les syndicats d’entendre ce lundi 10 janvier une annonce relative sur le chômage partiel par les dirigeants de l’entreprise. Déjà compte tenu de la Covid, le chômage partiel était d’actualité chez MG-VALDUNES, mais le double effet d’une sous-commande et du coût de l’énergie amène « 40 % de chômage partiel partout hors fonctions supports », explique un délégué syndical CGT.

Bien sûr, il vient se greffer le fameux coût de l’énergie. « Heureusement, nous avons négocié le gaz avant la hausse sur le site de Trith-st-Léger, mais le site de Leffrinckoucke dépend totalement d’ASCOMETAL et par suite d’une énergie sur le marché libre, dit SPOT », explique un délégué CGT sur le site de Trith-St-Léger.

La solution ARENH ?

La France est un pays dominé par la production d’électricité nucléaire et en décembre 2010, un dispositif structurant baptisé ARENH (Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique) permet à des entreprises grandes consommatrices en la matière de bénéficier d’un prix fixe et bon marché. « A l’origine, il était de 42 euros le Mégawatt-heure pour une grande partie de la consommation électrique de l’entreprise et le reste s’achetait sur le marché variable, mais à cette époque il était très bas. Aujourd’hui, les entreprises achètent sur le marché libre à 200 euros le Mégawatt-heure voire des prévisions jusque 600 euros sur le Mégawatt-heure », précise un syndicaliste, Nassem Sadki, de l’entreprise NYRSTAR FRANCE spécialisée dans la production de Zinc. Ensuite, ce dispositif ARENH avait une particularité à l’origine, il était plafonné à 100 Térawatt-heure, point essentiel.

A ce titre, les syndicats montent au créneau : « Nous interpellons la région très favorable à la privatisation. Il faut mettre Xavier Bertrand devant ses incohérences, et lui demander de nous aider. On ne peut pas laisser partir des savoir-faire industriel. Ensuite, nous interpellons également Bruno Lemaire afin qu’il augmente à 150 voire 200 Térawatt-heure ce dispositif, car le nombre d’entreprises adhérentes à l’ARENH est croissant compte tenu de la hausse des tarifs de l’énergie », précise Ludovic Bouvier.

En coût sur l’année, la facture passerait de 80 KE à 300 KE chez MG-VALDUNES, c’est énorme et réduit drastiquement la marge de rentabilité de l’entreprise. C’est pourquoi, il est impérieux « de parler de maintien de l’industrie avant de parler de (ré)industrialisation », ajoute Ludovic Bouvier.

Voilà la situation délicate de l’entreprise MG-Valdunes prise entre un déficit chronique de commandes et un coût de l’énergie exponentiel. « Nous avons un CSE ordinaire le 31 janvier où l’actionnaire chinois présentera son plan pour l’entreprise », conclut un délégué CGT. A savoir que cet actionnaire chinois a injecté 150 millions d’euros en 2014 pour sauver VALDUNES, il a de plus recapitalisé plusieurs fois, mais a indiqué que c’était le dernier investissement. Ensuite, compte tenu que le transfert technologique est déjà réalisé par cet entrepreneur chinois, les nuages assombrissent le ciel de cette entreprise dont le savoir-faire est centenaire.

Là encore, le politique peut beaucoup, l’Etat, la région Hauts-de-France, voire La Porte du Hainaut vont-ils bouger les lignes de cette mort programmée de la dernière entreprise de fabrication de roues et essieux en France ?

Daniel Carlier

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