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(VA) Le Tour Saint-Cordon comme un miroir de la séparation de l’Eglise et de l’Etat

Pour sa 1014ème édition, le Tour Saint-Cordon est de retour dans son format historique, tel un navire toujours sur les flots. Pour cette édition 2022, Notre-Dame du Saint-Cordon va reprendre son pèlerinage historique dans et autour de Valenciennes. Un soulagement pour les amoureux de cette manifestation totalement hors des sentiers battus, surprenant les nouveaux résidents, voire les plus hautes autorités fraîchement installées.

Eglise, commune, le mariage sans consentement !

Après des restrictions durant les années attentats même si la célébration de la messe devant l’hôtel de ville de Valenciennes, en 2016, restera ineffaçable dans l’esprit des Athéniens. https://www.va-infos.fr/2016/09/11/tour-st-cordon-entre-resistance-a-valenciennes/, puis un temps Covid annulant le bon déroulement de cet événement clé pour la ville de Valenciennes, mais également pour le Diocèse de Cambrai ; voici le retour de cette fête locale iconoclaste.

Entre fête religieuse ou/et populaire, le débat est infini et ne peut être tranché d’un trait de plume. D’un coté, une cérémonie religieuse incontestablement portée par l’église catholique, de l’autre une association (Les Royés) propriétaire de la statue Notre-Dame du Saint-Cordon, organisatrice de la manifestation avec le clergé, des élu.e.s au premier rang tout comme l’Etat de proximité, la frontière est ténue. Elle symbolise cette loi de 1905 consacrant la séparation de l’église et de l’Etat. En effet, depuis 1905, les églises construites avant cette date appartiennent aux collectivités locales et les cathédrales à l’Etat, mais l’affectataire permanent demeure l’église catholique. L’Eglise est donc immuable sauf si le Diocèse décide de quitter un site religieux trop vétuste par exemple. Pourtant, l’entretien et les réparations du bâti religieux (avant 1905) sont à la charge de la commune. Parfois, le budget d’une commune ne peut évidemment pas tout faire, et les réparations d’un édifice religieux passent après le reste. D’autre fois, l’engagement de la commune, voire de l’agglomération, sont très marqués. C’est un choix politique déguisé.

On ne peut nier que cette loi de 1905 était incroyablement osée et innovante à l’époque. Aux oubliettes le Concordat de 1801 promu par Napoléon Bonaparte avec un ensemble de dispositions organisant les relations entre différentes religions et l’État en France. Toutefois, ce dernier subsiste en Alsace-Moselle, malgré le retour de ces terres en France en 1919. C’est pourquoi, nous voyons les conseils municipaux, en Alsace et Moselle, financés en toute légalité les autorités religieuses, pas seulement catholique au demeurant, ce qui est impossible dans le reste du pays.

Bien sûr, les autorités locales, voire territoriales, utilisent quelques subterfuges pour financer les bâtis de l’église, leurs propriétés. A cette occasion, on ne parle plus de dépenses publiques rationnelles, on parle à une communauté catholique, des électrices et des électeurs. Le denier public n’est plus à gérer avec le plus grand soin, les fonds abyssaux sont autorisés au nom de la laïcité catholique peut-être…. Cette hypocrisie notoire mériterait une nouvelle écriture des rapports entre les autorités locales et l’affectataire permanent. Que l’on jette sur le papier qu’un site culturel public est moins important qu’un lieu de culte. Ce serait plus franc, plus clair, et en phase avec une réalité à Valenciennes comme ailleurs !

Lisez le programme ci-dessous :

Daniel Carlier

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